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Analyses ADN de la ricine du Sénat
Grâce à des analyses ADN, la police fédérale américaine (FBI) espère obtenir des informations sur l?origine de la poudre de ricine trouvée, le 2 février, dans un bâtiment du Sénat, à Washington, et, en octobre et en novembre 2003, dans les centres postaux du ministère des Transports et de la Maison Blanche. Il a toutefois fallu que la découverte d?une poussière suspecte dans les bureaux du chef de la majorité républicaine du Sénat, Bill Frist, devienne publique pour qu?une enquête à grande échelle soit initiée.
Le FBI a alors mobilisé plusieurs dizaines d?agents. Les spécialistes de la lutte contre le terrorisme ont, une fois encore, été stupéfaits par la lenteur de réaction des agences de sécurité et leur manque de communication. Pourtant, plus d?un milliard de dollars a été dépensé entre-temps pour améliorer la protection contre le bioterrorisme à Washington. Mais les services secrets qui ont intercepté les lettres destinées au ministère des Transports et à la Maison Blanche ont longtemps tardé à en informer le FBI, la police locale et la sécurité postale. Ils n?avaient même pas jugé utile d?avertir la Maison Blanche.
L?analyse génétique pourrait permettre de connaître l?origine de la plante dont a été extraite la substance mortelle. Aux États-Unis, seule la société Castor Oil, de Plainview au Texas, cultive du ricin afin de mener des recherches.
Les deux lettres interceptées en octobre et en novembre étaient similaires. Elles étaient signées par un certain « Ange déchu » (Fallen Angel) qui dénonce le changement de réglementation des horaires de travail des camionneurs américains. Une investigation a été lancée dans les milieux du transport routier et une prime de 100 000 dollars a été offerte pour toute information.
Les experts tiennent des propos contradictoires. Des responsables du ministère de la sécurité intérieure ont expliqué qu?il est « relativement facile pour un amateur » de fabriquer la substance toxique. Pour d?autres spécialistes comme Lee Browning, un chercheur consulté par le FBI, « extraire le poison est un processus dangereux qui requiert un équipement scientifique important et ne peut être conduit par un chimiste amateur ». La ricine est mortelle si elle est avalée, inhalée ou injectée, et il n?existe pas d?antidote. Mais il est difficile de la disséminer et, comme la maladie contractée n?est pas contagieuse, c?est une arme plutôt utilisée pour assassiner que pour provoquer la terreur et de nombreuses victimes.
La piste du terrorisme intérieur est privilégiée par le FBI, comme elle l?a été dans l?affaire de l?anthrax. Des groupes terroristes ont produit ou cherché à utiliser de la ricine. Ansar Al-Islam, un groupe lié à Al-Qaida, a fabriqué ce poison dans sa base du Kurdistan irakien, avant l?invasion de l?Irak. De la ricine a été également trouvée dans des camps d?entraînement afghans. En Europe, huit personnes ont été arrêtées à Londres, en janvier 2003, et accusées d?avoir tenté de la fabriquer pour empoisonner les repas d?une base militaire.
q 2 003 Le Monde ? Eric Leser
Distribué par The New York
Times Syndicate
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