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Anabelle et Philippe Lelie, des épices plein la tête
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Anabelle et Philippe Lelie, des épices plein la tête
Imaginez un poulet à la broche que vous avez assaisonné d?une cuillère à soupe d?une pâte de seize épices, d?une cuillère d?herbes de Provence et d?une gousse d?ail. Imaginez une papillote de poisson : vous avez badigeonné vos filets de la pâte de seize épices, vous y avez ajouté du vin blanc et des herbes... Vous avez l?eau à la bouche? Pas de culpabilité, c?est de l?épicurisme à bon aloi. Quelque chose de contagieux que vous attrapez forcément quand vous êtes en compagnie du couple Anabelle et Philippe Lelie.
Quotidien insipide? Très peu pour eux. Ces deux-là ne sont pas du genre à se contenter d?une vie sans saveurs.
C?est qu?ils pratiquent une profession qui leur ressemble, pleine de fantaisies et regorgeant d?arômes. Leur métier consiste à rehausser le goût des aliments et à donner de la personnalité aux plats. Après Mazavarou Paillotes une pâte de 26 épices (sous la marque Maurice-Délices ), ils lancent la pâte 16 épices, une pâte de seize épices qui aromatise comme un dieu les poissons, les viandes, les légumes et les barbecues. Et elle se déguste même seule sur un toast.
A la base de cette alchimie, deux coups de foudre. Anabelle, Belge, est ingénieur commerciale de formation. Le domaine alimentaire a toujours été son dada.
A l?origine, son métier était de créer des concepts de restaurants.
Elle a d?ailleurs crée à Bruxelles dix restaurants, dont un doté de l?étoile Michelin. Philippe, Français, a quand à lui, une formation en chimie aromatique. Quand les deux se sont rencontrés, ça allait de soi qu?ils étaient faits l?un pour l?autre. Ils avaient tous deux pour devise : « Prendre du plaisir à manger, à vivre, tout en respectant le monde ». Leur deuxième coup de foudre a été pour Maurice, qu?ils voient comme « Un pays, cinq cuisines, mille saveurs ». Il y a un an et demi, ils décident donc de recréer à Maurice le laboratoire d?aromathérapie qu?ils possèdent en Suisse. Ils établissent ainsi Panacea Pharma qui se spécialise en huiles essentielles. Comme Philippe est un vrai cordon bleu, qu?il a du nez et qu?il impressionne ses amis avec ses propres mélanges d?épices, il se met aussi à en créer, d?où l?entreprise Cotomili & Caripoul?. Quel est donc le secret de ces 16 épices? D?abord la sélection rigoureuse des épices « Nous n?utilisons que les meilleures épices brutes du marché local et international (Inde, Chine, Maroc). » Pas besoin d?être expert pour apprécier la beauté de ces épices en stock. Pas de « tilani » poussiéreux enmagasinés depuis on ne sait quand. Puis le mélange savant (et secret) de l?ajowan (épice proche du cumin et de l?aneth ), de la badiane (aussi appellée anis étoilé), de la cannelle, de la cardamome, du cumin, du girofle, de la coriandre, du curcuma, du fenouil, du fenugrec, de la moutarde, du piment, du poivre, de la muscade, du basilic, de la menthe, du gingembre et de l?ail. Tout cela sans conservateur chimique mais avec de l?extrait de romarin comme conservateur naturel.
« Pour se faire plaisir, pas besoin d?une tonne »
Dans l?atelier des Lelie, les normes HACCP sont suivies à la lettre. Sept dames s?occupent des tâches manuelles sur des tables de travail en marbre et inox. Tout le reste est paramétré électroniquement pour assurer l?hygiène : des machines à broyer des épices, à éplucher l?ail et le gingembre, une machine à cuire réglée par minuteur, une autre qui assure la mise en pot, une « capsuleuse »
à vapeur, une autre qui stérilise les pots? Bref, tout y est pour garantir la constance du produit car « Il n?y a rien de pire qu?un produit qui change de goût au fil des pots».
Côté look, on ne lésine pas non plus sur la qualité. Chaque pot est accompagné d?un livret informatif. Les étiquettes sobres affichent leur haut de gamme. Rien n?est laissé au hasard. C?est IBL qui distribuera les produits, dont deux versions sont proposées. La douce, avec une étiquette verte, est sobrement pimentée et convient à tous les palais. La forte, à l? étiquette rouge, pour ceux qui aiment la cuisine bien relevée.
Ils coûteront Rs 180 le pot.
Bien préparer à manger rend heureux, selon les Lelie. Tout ce qui est industriel et ingrédient dénaturé, n?est pas leur tasse de thé, car ils expliquent que cela tue les palais. « Prenez peu mais du bon.
Pour se faire plaisir, pas besoin d?une tonne », prônent-ils. Ces partisans de la marmite biologique et saine iront certainement plus loin que la route des épices.
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