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Ameublement : le retour aux matières naturelles

30 avril 2008, 20:00

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Pendant longtemps l?apanage des «varangues créoles», les meubles en osier, rotin, jonc de mer et autre jacinthe d?eau, s?invitent depuis quelques années maintenant à l?intérieur même des maisons. «Jolis»,«très résistants», leur «côté artisanal» séduit. Se déclinant sous forme de fauteuils, de tables, de commodes et de nombreux accessoires, ce type de mobilier peut tout aussi bien aménager un salon, qu?une cuisine ou une chambre à coucher.

La manne que représentent ce retour vers les matières naturelles et cette tendance entretenue par les jeunes qui s?installent a vu l?émergence de plusieurs magasins spécialistes de la chose ou simples revendeurs. Naturel ou synthétique, l?on aménage selon ses préférences et ses moyens. Le Salon de la Maison et du Jardin qui se tiendra du 7 au 11 mai au centre de conférences international Swami Vivekananda, à Pailles, sera l?occasion de revenir sur cette tendance qui prend de l?ampleur.

«Voeu exaucé»</B>

Dans l?atelier adjacent au magasin Les Meubles Meuniers Ltée, à Terre-Rouge, les ouvriers s?activent. Les Meubles Meuniers Ltée, c?est 20 ans d?activités. 20 ans à parfaire un certain savoir-faire. Lorsque les propriétaires décident de se lancer dans la vannerie il y a deux décennies, ils espèrent que leur affaire va marcher. Que leur petite entreprise ne connaîtra pas la crise. Leur v?u sera exaucé. «Nous avons commencé petit. Après nos activités se sont développées. Nos réalisations sont allées au-delà de nos espérances», s?enthousiasme Georges Augustin, l?un des gérants. Ils emploient aujourd?hui une vingtaine de personnes. Dans le magasin, quelques modèles de canapés, d?abat-jour et de paniers sont exposés. Des paniers «très demandés pour aménager des cuisines modernes». Dans l?atelier adjacent, les ouvriers s?activent. Assis ou debout, avec un brin d?osier ou autre, plus ou moins gros, selon l?usage, ils nattent. Le gros des meubles et accessoires est fabriqué sur mesure. Suivant, la plupart du temps, le modèle apporté par le client. Découpé dans un magazine ou dessiné par le client lui-même pour «une touche plus personnelle».

<B>«L?exotisme»</B>

Car pour Georges Augustin, au-delà de l?attrait récent pour les matières naturelles, «les clients veulent que leur ameublement se distingue de celui de leurs voisins». Quant aux expatriés qui choisissent ces ameublements en rotin, et en osier, c?est «l?exotisme» des matériaux qui les attire. «Quand ils repartent, ils ramènent même les meubles. Il arrive également que des touristes de passage viennent nous acheter des objets.» Pour Jocelyne Ah-Pew, fana de meubles en rotin le fait que ces derniers soient plus esthétiques qu?avant y est peut-être pour quelque chose. Si Jocelyne, elle, aime les meubles entièrement conçus en rotin, la tendance aujourd?hui, soutient Georges Augustin, spécialiste du rotin, est au «mariage du bois et du rotin». Pour les armoires et les ameublements de salon mais également pour les accessoires.

Si dans le passé, c?était son côté peu onéreux qui attirait les gens, aujourd?hui dû au fait que le matériau doit être importé, le plus souvent d?Indonésie, un fauteuil en rotin peut coûter autant qu?un siège conçu dans un autre matériau synthétique. Georges Augustin se souvient de l?époque, il y a bien 25 ans de cela, quand un fauteuil en rotin coûtait Rs 35. Ce fauteuil traditionnel si confortable que l?on trouvait dans tant de foyers mauriciens est toujours «très demandé» même s?il coûte aujourd?hui Rs 1 200. Alors que pour un canapé, deux fauteuils et une table basse en jacinthe d?eau, il faut compter Rs 35 000 (TVA exclue). Et là encore, c?est parce que la jacinthe d?eau a été importée d?Indonésie déjà tressée. «On ne pourrait pas le faire à Maurice. Cela prendrait trop de temps. De plus, la main-d??uvre coûte de plus en plus cher», explique Georges Augustin. Tellement cher que s?il fallait tresser la jacinthe d?eau à Maurice, cela coûterait «dix fois plus cher» car c?est davantage «time consuming».

Déjà que pour un canapé, deux fauteuils et une table basse en jacinthe d?eau, il faut compter plus ou moins un mois avant la livraison. Les clients plus pressés seraient peut-être tentés de choisir des meubles en «simili» rotin «tout prêts» à la vente dans les magasins d?ameublement. Jocelyne Ah-Pew rejette cette idée. «Les similis rotins en fibre de verre sont très rarement de bonne qualité. On peut très vite être séduit par les lignes parce que c?est plus facile à travailler, mais ça n?a pas la même résistance et le même confort. C?est plus mou. ça résiste à l?eau certes, mais à l?inverse il chauffe beaucoup plus au soleil et craint les brûlures. Le rotin est donc mieux. En plus le rotin me rappelle aussi le rotin bazar mais cette fois ce n?est plus pour corriger les enfants mais pour s?asseoir dessus !» Ces meubles ont une histoire?

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