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Alzheimer : un diagnostic précoce

8 novembre 2007, 20:00

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Alzheimer : un diagnostic précoce

Des chercheurs américains (université de Californie et Los Angeles - UCLA) ont annoncé mercredi 20 décembre avoir réussi à détecter la maladie d?Alzheimer avant ses premiers symptômes chez certains patients, grâce aux technologies de l?imagerie associées à une nouvelle molécule se fixant aux protéines anormales de cette maladie dégénérative.

Ils ont publié leur étude dans le New England Journal of Medicine, et affirment que leur méthode permet ?de voir en temps réel dans le cerveau? et d?identifier les deux principaux marqueurs de la maladie chez des sujets qui pourraient ne développer Alzheimer que plusieurs années plus tard.

?L?étude indique que nous pourrions avoir désormais un nouvel instrument de diagnostic pour détecter les prédispositions à Alzheimer afin de nous aider à identifier les personnes à risque, peut-être des années avant que les symptômes soient évidents?, a déclaré le Dr Gary Small, directeur du centre sur l?âge à l?UCLA et principal auteur de l?étude. Ce nouvel instrument accélérera peut-être la recherche sur les traitements d?Alzheimer et permettra à terme de détecter plus tôt la maladie et de traiter les personnes à risques. Actuellement, il n?existe aucun outil de diagnostic d?Alzheimer, une maladie neurodégénérative chronique toujours incurable, qui entraîne une détérioration progressive des fonctions cognitives telles que l?attention, la perception, la mémoire, l?intelligence et le langage. La nouvelle molécule parvient à associer les deux protéines caractérisant la pathologie, les dépôts anormaux ou plaques de peptiques (fragments protéiques), de bêta amyloïde, et les protéines Tau qui s?accumulent sous forme de filaments pathologiques dans les cellules nerveuses.

L?équipe de l?UCLA a expérimenté la nouvelle méthode sur 83 personnes et a pu distinguer les patients sains de ceux à risques. Les sujets se sont vu injecter un composant radioactif, avant d?être observés à l?aide d?un scanner PET (Positron Emission Tomography) et, pour 72 d?entre eux, à l?aide d?une IRM (image à résonance magnétique). Les chercheurs ont identifié 25 malades probables d?Alzheimer, 28 personnes souffrant de légère dégradation cognitive et 30 présentant des résultats normaux.

La méthode s?est aussi montrée efficace pour tracer la progression de la maladie dans le temps. Des scanners ultérieurs ont été réalisés sur 12 patients dont les fonctions mentales s?étaient détériorées. Les images ont montré que plus la maladie était avancée, plus la concentration du marqueur chimique était élevée dans les zones du cerveau où s?accumulent les protéines anormales. La concentration est de cinq à 11 % supérieure à celle constatée sur les scanners précédents.

La maladie d?Alzheimer touche quelque 25 millions de personnes dans le monde, dont environ 860 000 en France. Mais avec le vieillissement de la population, la maladie et d?autres formes de démence devraient toucher 42 millions de personnes dans le monde en 2020 et plus de 81 millions d?ici à 2040, ont prédit fin 2005 douze experts internationaux dans une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.

©Le Monde 2007

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