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Alonso, porte-drapeau d’une nouvelle génération

28 septembre 2005, 20:00

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D’une génération de pilotes de Formule 1 à une autre, un relais a été passé dimanche même si Fernando Alonso refuse d’incarner seul l’entrée dans une nouvelle ère.

À 24 ans, l’Espagnol est devenu dimanche le plus jeune champion du monde de F1 mais il refuse d’envisager un règne aussi long que celui de cinq ans de l’Allemand Michael Schumacher auquel il a mis fin sur le circuit d’Interlagos.

“Je crois que, chaque année, chaque voiture est différente. Je fais parfois la une des journaux, parfois c’est Kimi Räikkönen, parfois c’est Jenson Button, parfois c’est Juan Pablo Montoya”, dit-il.

“Cette année a été mon année mais la chance a toujours été de mon côté et mon équipe m’a vraiment aidé. Tout était de mon côté mais je sais que tout peut changer dans les prochaines courses ou la saison prochaine.”

Même si le règne d’Alonso devait tourner court, une nouvelle génération de pilotes a pris le pouvoir et a brisé l’étau de Ferrari et de Schumacher.

Une seule erreur

Parmi les pilotes cités par Alonso comme ses rivaux potentiels, Räikkonen (McLaren) et Button (Bar-Honda) ont 25 ans. Montoya vient de fêter son 30e anniversaire. Schumacher aura 37 ans lorsqu’il tentera de reprendre son titre la saison prochaine. Son coéquipier chez Ferrari sera le Brésilien Felipe Massa, de 14 ans son cadet. Valentino Rossi, champion du monde de moto, pourrait tenter l’aventure sur quatre roues à 26 ans. De tous ces challengers, Kimi Räikkönen semble le plus dangereux pour Fernando Alonso.

Les deux pilotes comptent six victoires chacun mais nombreux sont ceux qui pensent que le Finlandais fera mieux que l’Espagnol lors des deux derniers Grands Prix de la saison, au Japon et en Chine.

Parce qu’ils le considèrent comme le pilote de la saison et parce que l’écurie McLaren, vainqueur des cinq dernières courses et première au classement des constructeurs, a la meilleure voiture.

De là à déduire que McLaren et Räikkönen domineront la saison prochaine est un virage difficile à prendre d’autant que les règlements vont changer et que le remplacement des moteurs V10 par des V8 pourrait relancer Ferrari et Schumacher.

L’Allemand a été parmi les premiers à saluer Alonso comme son digne successeur mais il n’a pas renoncé et s’il a loué la régularité des Renault, il peut légitimement faire valoir que les Ferrari, si dominatrices en 2004, ont sombré en 2005.

“L’équipe Renault a fait un travail formidable. D’un point de vue personnel, je suis content de voir le bonheur de gens avec qui j’ai travaillé chez Benetton”, a dit Schumacher qui avait remporté ses deux premiers titres, en 1994 et 1995, avec l’écurie italienne reprise depuis par Renault. “Je suis impatient de les affronter l’an prochain”, n’en a-t-il pas moins ajouté.

Malgré cet avertissement, l’heure appartient à Fernando Alonso et il ne serait pas surprenant que son titre de plus jeune champion du monde de F1 dure aussi longtemps – 33 ans – que celui de son prédécesseur, le Brésilien Emerson Fittipaldi.

“Il s’est sorti de toutes les situations”, dit du pilote espagnol l’ingénieur en chef de Renault, Pat Symonds, qui avait collaboré avec Schumacher chez Benetton.

“Il a contrôlé des courses de l’avant, il a défendu les points comme à Imola, il a effectué de belles remontées comme en Australie. Il est passé par toute la gamme des situations au fil de la saison et il les a toutes maîtrisées. En 17 Grands Prix, il n’a fait qu’une seule erreur. Pas mal, non ?”

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