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Ali Mansoor, « cible facile »
À chaque réforme administrative, ses contestataires. Celle qu?entreprend le Financial Secretary, Ali Mansoor, en fusionnant le ministère des Finances et celui du Plan et du Développement économique est enocre plus difficile puisqu?il touche les fonctionnaires.
« Ali Mansoor est une cible facile. C?est lui qui agit comme maître d??uvre dans le functional merger aux Finances. Il y a ceux qui sont mécontents de voir bousculer leurs habitudes quotidiennes, d?autres qui réalisent que le critère de productivité primera désormais sur celui d?ancienneté ou encore ceux qui ne vont plus se réfugier derrière des systèmes rigides et vont tout essayer pour faire capoter la réorganisation. Et comme les fonctionnaires ne peuvent atteindre le Premier ministre ou encore le ministre des Finances, alors ils visent Mansoor. » Explication d?un haut cadre aux Finances.
Il rappelle que si Mansoor paraît à l?avant-plan du « pilot case for the overall reform of the Civil Service », qui commence aux Finances, il est, en effet, entouré d?une collective Management Team, composée de hauts cadres du ministère des Finances et de celui du Plan et du Développement économique.
Depuis le 31 juillet, les départements des deux ministères ont subi une fusion fonctionnelle pour démarrer les divers programmes de restructuration économique. De nouvelles cellules de travail ont été mises sur pied. « Ces cellules sont Task Base Oriented. En d?autres mots, chaque membre d?une cellule a une mission clairement définie », explique une source au ministère du Plan et du Développement économique.
« Cette fusion avait été décidée par l?ancien gouvernement, mais c?est l?actuel pouvoir qui le met en chantier. Si les jeunes cadres y voient une perspective intéressante de progresser dans la hiérarchie, grâce à leurs efforts, ceux de l?ancienne école voient certains de leurs acquis disparaître avec cette réforme. » D?où les remous associés à cette fusion, dont la plupart émanent du ministère du Plan, ces derniers craignant d?être « mal considérés » par rapport à leurs collègues des Finances.
Toutefois, à l?hôtel du gouvernement, on veut donner toutes ses chances à cette « avant-réforme en profondeur », d?autant qu?elle s?inscrit dans la mouvance prônée par la baronne Usha Prashar, ex-Civil Service Commissioner en Grande-Bretagne, qui était récemment en visite chez nous.
Elle avait plaidé, en début de semaine, devant un parterre de hauts gradés du secteur public qu?il faudrait encourager une main-d??uvre flexible avec des employés changeant fréquemment de département pour se familiariser avec les divers aspects de ce secteur. « The civil service is an agent of delivery. The capacity as managers and deliverers should be improved. »
Syndrome « Oh? no »
D?ailleurs, pour que la « fusional merger » réussisse, le soutien du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) a été sollicité. « Nous agissons en tant que facilitateur dans ce crucial process change. Notre rôle est de favoriser la communication top down et bottom up. Il est évident qu?une telle restructuration ne peut être envisagée sans feed-back, qu?il soit positif ou négatif », fait ressortir Hootesh Ramburn, directeur du NPCC. Il annonce qu?une série de consultations sont prévues et qu?à la fin de ce mois, un premier bilan de la fusion aux Finances sera fait.
Mais en attendant, le dossier de la DWC vient amplifier la voix des contestataires. « Plusieurs employés de la DWC sont allés se plaindre à leurs députés qui, en retour, font pression pour qu?ils soient redéployés dans d?autres services gouvernementaux. Mansoor a ouvertement refusé de cautionner ce contre-sens qui va à l?encontre même du principe de fermer l?éléphant blanc qu?était devenue la DWC », explique-t-on au ministère des Finances.
Interrogé, Ali Mansoor n?a pas souhaité nous faire de commentaires. Haut cadre de la Banque mondiale, il a été recruté justement pour donner une autre orientation au service public. « Il s?agit de donner un petit choc au système. Nous avons pris le pari d?injecter une vision neuve dans l?administration », explique Rama Sithanen qui l?a connu sur les bancs de la London School of Economics et qui l?a convaincu à « venir donner un coup de main au pays ». Et ce, pour un contrat de deux ans seulement, avant de remettre le cap sur Washington, où l?attendent ses proches.
Le ministre des Finances est d?avis que « Ali Mansoor souffre du Oh? No Syndrome, c?est-à-dire qu?il dit Non aux dépenses superflues. Certaines demandes qui lui sont adressées peuvent être légitimes mais la vérité est qu?on n?a pas d?argent. La fermeture de la DWC a été dictée par cette situation. Mais bien sûr certains veulent y trouver d?autres raisons? »
Ceux qui connaissent le bureau du Financial Secretary à l?Hôtel du gouvernement (situé à côté de l?entrée principale de l?hémicycle) auront remarqué un changement majeur : les épais rideaux de fer sont désormais remontés. Et de l?extérieur, on peut voir un petit homme entouré de plusieurs dossiers. C?est Ali Mansoor. Il a demandé à ce qu?on laisse pénétrer la lumière du jour afin d?économiser sur la facture d?électricité. À l?un de ses proches collaborateurs aux Finances, il a confié : « Nou tou lor mem bateau. Bisin fer l?économie? »
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