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Alerte au déficit budgétaire
«Nous n?atteindrons pas l?objectif fixé. » Pravind Jugnauth a lâché la mauvaise nouvelle hier, lors de la rencontre entre le secteur privé et le gouvernement. Ce dernier s?était engagé à faire baisser le déficit budgétaire d?environ 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) par an jusqu?à le ramener à 3 % à l?horizon 2005-2006. Selon le plan initial, le déficit pour 2004-2005 aurait du tourner autour de 5 % du PIB. Celui-ci semble désormais compromis.
Le ministre des Finances a expliqué que le gros des investissements dans l?éducation, les technologies de l?information et de la communication ou le logement a déjà été effectué. Mais ces postes continueront à grever le budget de l?Etat. Le service de la dette publique, estimée à Rs 93,25 milliards, continuera, en outre, à peser lourd.
Le déficit budgétaire ne fait qu?aggraver l?endettement de l?Etat et il pourrait compromettre ses chances d?obtenir une aide budgétaire spéciale de l?Union européenne (UE), de près de Rs 250 m dans un premier temps. Une aide liée à sa capacité à contrôler son déficit. En le laissant grimper, le gouvernement rompt le contrat.
Mais Pravind Jugnauth garde espoir. « Nous discutons avec nos partenaires européens pour leur exposer nos contraintes budgétaires. » Le Premier ministre affirme même qu?une première tranche de Rs 250 m a été débloquée par l?UE. Des contretemps auraient ralenti la finalisation du transfert.
« L?aide devrait être mise à la disposition de Maurice avant la fin de l?année financière », assure Bérenger. Il affirme toutefois que Maurice sera en mesure d?expliquer que son déficit budgétaire n?est pas le fait d?une mauvaise gestion. Ce qui devrait permettre au pays de bénéficier des autres tranches de l?aide spéciale de l?UE.
Malgré la mauvaise nouvelle du jour, gouvernement et secteur privé parlent d?un « optimisme partagé ». Les deux partenaires semblent toujours avoir un point de vue commun sur le développement économique du pays. Ariff Currimjee, le président du Joint Economic Council (JEC), explique qu?une dynamique est en place et que « le pire est derrière nous » dans les secteurs sensibles comme le textile.
Le budget du 11 juin sera l?occasion pour le JEC de vérifier si ses consultations régulières avec le gouvernement depuis juillet se traduisent par des mesures budgétaires. Ariff Currimjee aura l?occasion de le dire au gouvernement dès la réunion conjointe prévue pour le 7 août.
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