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Alea jacta est ! Allons-y pour la motion de censure
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Alea jacta est ! Allons-y pour la motion de censure
Après maintes tergiversations et autres valses-hésitations, SSR sort le grand jeu, dit non aux chantages et aux pressions et inscrit la motion de censure d’Anerood Jugnauth à l’agenda de la séance parlementaire du 4 décembre 1979. Il soumet le sort de la coalition PTr-PMSD aux députés. Si la motion de censure est approuvée, il dissoudra l’Assemblée législative et organisera de nouvelles élections générales. Il en a assez de devoir à tout moment supplier les députés indécis de la majorité et se mettre à genoux devant eux. Boolell est le premier à lui donner raison : “Le GM ne peut être l’otage de personne. Le cauchemar du mardi matin doit cesser.” Nul ne cherche à savoir ce que pensent les maîtres chanteurs patentés au sein de la “majorité” parlementaire. Le sursaut ramgoolamien a cependant l’effet d’une douche froide sur certains indécis.
Ces derniers s’enferment bien sûr dans un mutisme bien compréhensible. Le seul à oser révéler ses états d’âme est, bien sûr, Gaëtan Duval et il fait dans la grandiloquence : “Comme Jacques Chirac, je gueule, je chiale mais le PMSD votera avec Ramgoolam.” Pèse nénez boire di l’huile ! Son parti reste à la remorque du PTr. Cela ne l’empêche pas de prendre position contre la “nationalisation” du port et de penser qu’à la mi-1978, Boolell et lui étaient en mesure de mener l’alliance PTr-PMSD à une nouvelle victoire électorale. Celle-ci demeure toujours à leur portée mais ce sera moins facile qu’au lendemain de l’affaire Sheik-Hossen. Il s’oppose à la nomination d’un comité parlementaire sur le Rapport Glover (Badry et Daby). Il le compare à une cour d’appel. Il est toujours aux prises avec la grogne anti-parcmètres, à Curepipe. Ses détracteurs militants sont à la recherche d’arguments anticonstitutionnels pour les annuler. Les auraient-ils trouvés qu’ils auraient fait, aujourd’hui, la joie des automobilistes, nostalgiques du temps béni où ils pouvaient garer leur véhicule sans bourse déliée.
Ces mêmes détracteurs accusent Ramgoolam de devenir un “bradeur amnésique” quand il est question de l’excision des Chagos du territoire mauricien. Un éditorial de l’express essaye mais vainement d’expliquer au MMM que, n’étant pas le GM, l’opinion publique ne peut lui en vouloir de prolonger jusqu’en avril 1980, le mandat de ses conseillers municipaux, élus en avril 1977. A moins bien sûr que la désignation d’un 4e maire à Vacoas et à Port Louis soit une tâche trop compliquée pour le communalisme scientifique. Il y a du nouveau, en revanche à BBRH, dans l’affaire du chèque volé car la police commence à interroger un conseiller municipal.
Le reste de l’actualité n’est guère plus apaisante. La CEE nous envoie deux techniciens pour évaluer l’incidence de la décision britannique de réduire de 50% nos exportations de pulls en Angleterre. La presse qualifie ces “incidences” de coup de Jarnac européen, poignardant dans le dos notre textile. Côté pêche hauturière, la situation empire. La Fishing Enterprise dépose son bilan et met en vente le La Perle III, au nom si emblématique. On vend le navire mais le poisson conserve, aujourd’hui encore, ce nom. En revanche, les choses vont mieux pour le cabotage inter-îles car la Inter Islands Shipping est en mesure de s’offrir un 2e caboteur pour compléter la tâche de son premier, le Jane Coast.
La presse se réjouit des débuts prometteurs de l’élevage de canards sauvages de René Antelme. Entre canards, on se comprend et on se soutient. L’expérience concerne des colverts, une espèce se prêtant à la chasse sportive du gibier à plumes. La presse fait aussi état d’une autre expérience tout autant hasardeuse. Il s’agit d’un projet pilote de sériciculture à Vuillemin, Moka. Dix arpents, plantés en mûriers, sont mis à la disposition des villageois voulant se lancer dans l’élevage des vers à soie. Cela va de soi !
Il est enfin question de réparer le pont de GRNO, de construire une raffinerie de pétrole à Médine, de reprendre les expériences de production d’énergie en se servant de la force des vagues à Souillac. Plus réaliste, Swalay Kasenally fait savoir qu’il est possible de se procurer du pétrole à meilleur marché au Qatar.
Ti-Moignac, ou plus exactement Michel Gérard Nina, doit faire appel contre sa condamnation aux travaux forcés. Il est reconnu coupable d’obstruction de la voie publique. Ce qui est pourtant bien moins grave que l’obstruction des voix publiques (radios privées, insolentes à souhait), délit dont pourraient se rendre coupables aujourd’hui certains dirigeants politiques trop chatouilleux. Nina a, en fait, déposé devant l’hôtel du gouvernement mauricien, les meubles d’une locataire expulsée brutalement par un locataire sans cœur et de ce fait pas militant.
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