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Alain Juppé quitterait la présidence de l?UMP

21 février 2004, 20:00

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Alain juppé pourrait s?effacer plus vite qu?il ne l?a annoncé de la présidence de l?UMP, sans attendre le congrès du mois de novembre. Selon Libération, ce congrès pourrait être avancé au mois de juin, après les élections européennes du 13. M. Juppé souhaiterait abandonner ses fonctions politiques avant son nouveau procès devant la Cour d?appel de Versailles, qui devrait avoir lieu à l?automne 2004. Ce scénario bénéficierait de l?aval de l?Elysée et de Matignon et aurait pour but d?empêcher coûte que coûte l?accession de Nicolas Sarkozy à la tête du parti et d?y installer M. Raffarin.

« Alain Juppé ne partira qu?après l?élection et il n?y a pas de raison que cette élection ait lieu avant le mois de novembre. La date du congrès est inscrite dans les statuts et il n?est pas question de les changer », assurait-on, dans l?entourage de M. Juppé. Toutefois, Philippe Douste-Blazy, secrétaire général de l?UMP, admet que « cette idée peut avoir été étudiée par certaines personnes », mais il n?y voyait que supputations. Un autre dirigeant du parti chiraquien a déclaré : « Cette idée me semble ridicule. L?Elysée n?en est pas encore là. » Pour ce responsable, le problème numéro un des chiraquiens est moins la date du congrès que la recherche d?un candidat crédible qui devra obtenir la majorité des suffrages auprès des militants.

Le règlement interne de l?UMP est précis : le président du parti doit être élu à la suite d?un vote des militants. Selon le même dirigeant de l?UMP, « rien n?est encore décidé, mais toutes les possibilités sont examinées ». Et de souligner : « Pour Sarkozy, novembre ou juin, ça change quoi ? S?il a envie de prendre la direction du parti, il lui suffit de se faire élire. Il n?en est qu?à quatre ou cinq mois près. »

Depuis que M. Juppé a annoncé qu?il ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat à la présidence de l?UMP, l?éventualité de son remplacement par M. Raffarin a été plusieurs fois évoquée. Le Premier ministre l?a lui-même envisagé au lendemain du jugement du tribunal correctionnel de Nanterre, en indiquant par l?intermédiaire de son entourage qu?il se tenait prêt en cas de besoin. Comme s?il fallait préparer les esprits à cette solution, lors du congrès de l?UMP, des militants brandissaient des pancartes où le nom du Premier ministre s?inscrivait à côté de celui de M. Juppé.

« Une troublante solidarité de parti »

Face à ce scénario, les amis de M. Sarkozy dénoncent par avance un « verrouillage » de l?élection interne. « Les fondateurs de l?UMP ont voulu que ce soit les militants qui choisissent librement leur président, il serait surprenant qu?on veuille les en priver », rappelle Brice Hortefeux, le plus proche collaborateur du ministre de l?Intérieur.

MM. Raffarin et Sarkozy ont déjà abordé le problème de la direction du parti et de la date du congrès. Dès lors, l?idée déjà lancée d?une négociation entre les deux hommes n?en est que renforcée. Mais, pour plusieurs responsables de la droite, tant sarkozystes que chiraquiens, il est difficile de « tracer des plans sur la comète avant le résultat des élections régionales et cantonales de mars. Qui peut dire dans quelle situation se débattra alors M. Raffarin ? » interrogent-ils.

François Bayrou, président de l?UDF et tête de liste de son parti aux élections régionales en Aquitaine, a déclaré, qu?Alain Juppé était une personne « estimable ». Mais il a précisé n?avoir « aucune indulgence pour le système » pour lequel le président de l?UMP a été condamné le 30 janvier dans l?affaire du financement de l?ex-RPR. « Je n?ai pas l?intention de ne pas dire mon incompréhension en face du système qui a été depuis longtemps mis en place et qui l?a au bout du compte rattrapé », a-t-il expliqué. M. Bayrou, qui s?était abstenu de tout commentaire après la condamnation du maire de Bordeaux, a poursuivi : « Cela était une faute et c?est au nom de cette faute qu?Alain Juppé a été atteint. »

En outre, le député des Pyrénées-Atlantiques a précisé qu?il avait été « choqué par la meute qui a critiqué les juges » après le jugement de Nanterre. « Le sentiment donné que les solidarités de parti sont plus importantes que toute autre considération est troublant pour beaucoup de citoyens », a-t-il estimé.

2 003 Le Monde ? Yves Bordenave Distribué par The New York Times Syndicate

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