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Alain Gébert : « Le LSM ne doit pas négliger la richesse culturelle du pays »
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Alain Gébert : « Le LSM ne doit pas négliger la richesse culturelle du pays »
Alain Gébert, né le 10 septembre 1961 à Maurice, est professeur spécialisé à l?Institut national des jeunes sourds de Paris depuis dix ans. À la suite d?un accident, il est atteint de surdité profonde et porte, depuis, des appareils de correction auditive. Il enseigne, entre autres, la comptabilité, le commerce, l?économie, l?informatique et la bureautique.
Alain Gébert est également formateur en alphabétisation auprès d?adultes sourds de nationalités différentes (en particulier égyptiens, ukrainiens, marocains, italiens, chinois, sri lankais et maliens). Il a aussi contribué à la formation des enseignants aux nouvelles technologies, intégrant à la Réunion l?utilisation de l?outil multimédia au bénéfice des élèves sourds. Leur taux de réussite aux examens avoisine selon lui les 85 % au baccalauréat professionnel et 75 % au brevet d?études professionnelles. « La plupart de ceux qui ont réussi occupent des postes dans des entreprises du secteur tertiaire : assurances, banques, administration gouvernementale, etc. » explique-t-il. Pour justifier l?élaboration d?un dictionnaire de LSM, Alain Gébert explique qu?une langue ne peut pas être créée, qu?elle existe déjà et s?enrichit spontanément, qu?elle est vivante et demande à être développée.
« La communauté des sourds de Maurice utilise des gestes, des signes codifiés pour communiquer. Ils ont des gestes pour désigner les fruits, les différents poissons, les lieux, etc. Ils utilisent l?espace quand ils "signent" et peuvent expliquer des faits passés ou futurs, parler de gens qui ne sont pas là, nommer leur entourage, décrire des lieux, raconter des événements historiques ou mythiques et s?entretenir de sujets abstraits. L?élaboration du dictionnaire de la langue des signes mauricienne doit être réalisée en corrélation avec la communauté des sourds du pays. L?objectif du développement du LSM consiste d?autre part à met-tre en avant leurs capacités, leurs compétences, leur volonté de se doter d?une langue propre à leur besoin de communication et respectueuse de leur culture », fait-il essentiellement ressortir.
Pour lui, le LSM doit exprimer sa propre identité au travers de la richesse pluriculturelle du pays.
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