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Alain Gordon Gentil sur les traces de Gandhi
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Alain Gordon Gentil sur les traces de Gandhi
Frêle silhouette, carrure historique. À pas comptés, Gandhi chemine à ses côtés. D?abord comme figure emblématique. Un génie de la non-violence qui a cristallisé son engagement politique dans un précieux minéral : le sel. L?année prochaine, la Marche du sel, entreprise par le Mahatma contre l?empire britannique en mars 1930, aura 75 ans. Que reste-t-il de la lutte indépendantiste, trois quarts de siècle après les faits ? C?est ce qu?Alain Gordon Gentil se propose de trouver à travers un documentaire-vérité.
Plus qu?un ?projet journalistique?, Alain Gordon Gentil se veut caisse de résonance des enseignements du Mahatma. ?Gandhi est un personnage central de ma vie?, dit-il sans détours. ?Depuis mon enfance, j?en entendais parler. Je l?ai véritablement découvert, il y a une quinzaine d?années, grâce au film de Sir Richard Attenborough. C?est un film que je regarde au moins une fois par mois.? Une régularité à la mesure du personnage à la fois ?inspiré et inspirant.?
À force d?abreuver son cerveau d?images de la ?vraie? non-violence, de dévorer ?tout ce qui sort sur Gandhi?, d?admirer ce jusqu?au boutisme frisant le radicalisme, l?idée de mettre ses pas dans ceux de Gandhi s?est imposée à Alain Gordon-Gentil comme une évidence.
Favorisé par le calendrier, il fera le périple de l?Ashram de Sabarmati jusqu?au village de Dandi. Voyage physique et spirituel de 52 minutes. ?J?espère qu?il sera diffusé sur les chaînes TV5 et RFO Sat le 12 mars 2005, pour coïncider avec les commémorations de la Marche du sel. C?est un choix que de ne pas destiner ce documentaire au marché mauricien.?
Un parcours initiatique
En 1996 déjà, le journaliste se rendait sur les lieux où le Mahatma avait trouvé la mort. ?Ses traces y sont visibles, sa présence presque palpable.? Mais Gandhi n?est pas qu?un martyre, c?est aussi ?un ami?. Un frère d?âme dont on peut se défaire même s?il manque à l?appel. ?Je ferais ce film avec une phrase d?Einstein en tête. Il disait que dans 50 ans, les gens qui viendront après nous, auront peine à croire qu?un homme comme Gandhi aurait marché sur la terre. Je veux rendre l?homme, la pensée, la lutte du Mahatma tangible.?
Des témoins de l?Histoire, tel ce gamin qui avait 10 ans en 1930 et qui en a aujourd?hui 85, ont été sollicités pour intervenir dans ce documentaire dont le titre n?a pas encore été arrêté. Les archives du gouvernement, à la fois à Londres ? colonialisme oblige ? et dans la Grande Péninsule, ont été consultées. Ella Gandhi, petite fille du Mahatma a également été contactée.
?J?ai envie de refaire la marche 75 ans plus tard avec l?éclairage d?un journaliste, d?un homme du tiers-monde.? D?un humain touché par l?humanité de Gandhi. Parcours initiatique pour répondre à une question fondamentale : ?est-ce que le message tient la route ?? Pour trouver la réponse, des images d?archives seront superposées au présent, ?parti pris émotionnel qui ne cherche nullement à réécrire l?histoire de l?Inde, ni à être objectif.?
C?est à la fin du mois qu?Alain Gordon Gentil mettra le cap sur la Grande Péninsule pour les premiers repérages. ?Nous y serons pour trois semaines, avant le début de la mousson.? Un projet intimiste qui outre le journaliste, met à contribution le cameraman Farid Jangeerkhan et un éclairagiste qui reste à être identifié.
L?équipe qui marchera avec 150 kg de matériel n?a pas oublié la part d?inconnu inhérente aux légendes. Pour pratiquer ?la religion de la vérité? de Gandhi, Alain Gordon Gentil a choisi de travailler dans l?urgence. Aucun script écrit à l?avance, place aux réactions spontanées ressenties au moment de la découverte des lieux et des gens. Car, ne répète-t-il pas que ?l?eau tiède n?a jamais brûlé personne. Je ne veux pas être un tiède.?
MARCHE DU SEL
La route vers l?indépendance de l?Inde
■ Le 12 mars 1930, Mohandas Karamchand Gandhi entame une Marche du sel. L?objectif : libérer l?Inde du joug colonial de la Grande Bretagne. Désobéissance civile mais non-violente en transgressant l?impôt sur le sel. Selon les lois en vigueur, le monopole britannique sur le sel interdit aux Indiens de produire ou de vendre le précieux minéral vital à la survie. L?impôt sur le sel a en outre le mérite de transcender les barrières de classes puisse qu?elle touche toutes les franges de la population. Début mars, Gandhi prend le soin d?avertir le Viceroy Lord Irwin qu?au onzième jour du mois, ses collègues et lui-même ne respecterons pas la loi concernant le sel. Le 12 mars, le Mahatma et quelque 78 disciplines et admirateurs quitte l?ashram de Sabarmati pour le village côtier de Dandi. La procession de 400 km durera 23 jours. Arrivé sur place, Gandhi ramassera une poignée de sel tout en invitant la foule de sympathisants à fabriquer et à vendre du sel là où ils le peuvent. Le 4 mai, Gandhi sera arrêté à cause de son action. Plus de 60 000 personnes seront incarcérées pour avoir pris part à la Marche du sel.
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