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Airbus contre Boeing : Bataille pour un contrat en or
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Airbus contre Boeing : Bataille pour un contrat en or
C?EST un enjeu de plus de Rs 8 milliards, l?une des transactions les plus importantes que le pays aura à négocier pour les années à venir. Remplacer deux gros-porteurs d?Air Mauritius. Un dossier d?une telle envergure que le choix du partenaire est délicat : Airbus ou Boeing ? Pas évident?
La bataille entre les deux géants est engagée depuis belle lurette et à l?approche de l?échéance, les deux fabricants intensifient leur lobby et font valoir leurs charmes auprès de la compagnie d?aviation nationale et du gouvernement, actionnaire de la compagnie à hauteur de 60 %. Pour l?instant, rien n?est joué, insistent de hauts cadres d?Air Mauritius, même si le temps presse.
?Le conseil d?administration aurait voulu prendre une décision avant septembre. Nous faisons une analyse très détaillée de tous les paramètres à tenir en compte avec l?assistance d?Airbus et de Boeing. C?est un gros travail?, déclare Arjoon Suddhoo, président du conseil d?administration d?Air Mauritius. Il faudra au moins un an au constructeur pour livrer les appareils après la signature du contrat.
Enjeux politiques
Ce sont les deux Boeing 767 ER, vieux de 16 ans et à bout de souffle, qu?il faut remplacer. Air Mauritius a commandité deux études il y a dix mois pour l?aider dans son choix. L?une a trait au B 777, option envisageable pour remplacer les deux 767 ER, l?autre à l?Airbus A340-300, A340-300E et le A330-200.
Ces modèles sont spécifiques pour les vols long-courriers. Les études tiennent compte des aspects techniques, de la maintenance, du confort, de la technologie et de la performance des avions. ?Nous opterons pour la meilleure solution technologique et financière?, assure Arjoon Suddhoo.
Toutefois, pour une commande d?un tel montant, d?autres considérations entrent en jeu. Le gouvernement, en tant qu?actionnaire majoritaire, a son mot à dire. Une partie des négociations se fait au niveau des ambassades des Etats-Unis (Boeing est le plus gros exportateur américain) et de France (Airbus est un constructeur européen). Le montant de la transaction aura certainement un impact sur la balance commerciale.
L?enjeu est d?autant plus grand que le détenteur du contrat peut espérer engager une longue collaboration avec la compagnie nationale. ?La compagnie pourrait décider d?acquérir cinq ou, pourquoi pas sept, avions sur une période de vingt ans pour accompagner le développement touristique?, indique un observateur averti.
Leadership
Airbus devance Boeing pour la première fois de son histoire
- Le monde de l?aéronautique retiendra 2003 comme une année historique. Pour la première fois depuis sa création, il y a plus de 30 ans, Airbus est parvenu à déloger Boeing de la première place du podium des constructeurs d?avions commerciaux, s?est réjoui Noël Forgeard, président directeur général (P.-d.g.) d?Airbus lors de sa conférence de presse annuelle à Paris jeudi dernier.
En 2003, Airbus a sorti 305 avions de ses usines contre 281 pour son concurrent de Seattle. La cerise sur le gâteau, c?est que le constructeur a engrangé 245 commandes d?avion contre 239 à Boeing en 2003. Avec ces chiffres, Airbus devient leader avec 52 % des parts de marché. Avec le carnet de commandes actuel, ses unités de production en France, en Espagne, au Royaume-Uni et en Allemagne rouleront à plein temps pendant cinq ans car, à fin décembre, Airbus avait encore 1 454 avions à livrer. Pour 2004, la compagnie européenne espère livrer 300 avions.
Pourtant, le contexte mondial n?est pas forcément favorable à un tel développement. En sus du 11 septembre 2001, le secteur a dû digérer la guerre en Irak, le vent de panique lié à la pneumopathie atypique (Sras) et la peur des menaces terroristes. Cela a poussé Airbus à lancer un plan de réduction des coûts de 1,5 milliard d?euros (Rs 50 milliards). En ajoutant la chute du dollar face à l?euro de 25 % sur un an, c?est une ?annus horribilis?, selon Noël Forgeard.
Le P.-d.g explique le succès d?Airbus par la stratégie visant à élaborer des ?familles d?avions? avec le même cockpit et les mêmes aspects techniques, systèmes à bord, caractéristiques de vol, qui peuvent être pilotés par les mêmes équipes. Cela permet de ramener les coûts d?exploitation à la baisse. C?est d?ailleurs l?un des arguments mis en avant pour obtenir le contrat d?Air Mauritius. La compagnie ayant déjà sept Airbus et deux Boeing, il lui serait plus économique d?éviter une flotte mixte.
Aujourd?hui la compagnie, dont le siège social se trouve à Toulouse, en France, emploie 78 500 personnes et travaille avec un réseau de 1 500 fournisseurs dans une trentaine de pays. La gamme d?Airbus comprend quatre familles d?appareils à savoir la famille A320 (A 318/A319/A320/A321), la famille des gros-porteurs (A300/A310), la famille des long-courriers (A330/A340) et la toute nouvelle A380.
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