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Air Mauritius va bientôt trancher
Les divisions ventes et marketing d?Airbus et de B?ing attendent impatiemment le verdict que prononcera Air Mauritius. Mais à défaut de connaître son choix tout de suite, les deux fabricants d?avions ont désormais une certitude. « Notre décision interviendra ce mois-ci », confirme Megh Pillay le directeur général de la compagnie nationale.
Elle choisira, avant la fin du mois, le constructeur qui lui fabriquera ses deux prochains moyen-courriers. Et qui obtiendra, peut-être, le fameux contrat de renouvellement de toute la flotte d?Air Mauritius.
La bataille commerciale entre les deux constructeurs a fait rage à Maurice. Elle a eu pour point culminant l?oral que les deux ont passé au siège social d?Air Mauritius, le 5 novembre. Les représentants de chaque groupe ont présenté les intérêts et atouts qu?offrent leurs avions respectifs pour le transporteur national. Un mois après, Megh Pillay reste muet sur la situation actuelle. « Nous travaillons en ce moment pour décider quelle proposition est la meilleure pour la compagnie sur le long terme. »
Mais on spécule désormais sur le nombre d?avions qui sera commandé. Pour l?heure, Air Mauritius doit en priorité choisir les appareils qui remplaceront ses Boeing 767 vieillissants et poser des options sur le remplacement de neuf autres transporteurs de sa flotte. Toutefois, l?achat de deux nouveaux gros porteurs supplémentaires pourrait également être avalisé. Le montant total du deal oscillerait entre 400 et 600 millions de dollars (Rs 11 à Rs 17 milliards).
Le patron d?Air Mauritius reste muet. Le ballet des représentants d?Airbus et Boeing est clos. « Nous travaillons en ce moment sur tous les aspects techniques par rapport à nos besoins et sur les modes de financement pour l?achat ; nous n?aurons affaire aux deux constructeurs que s?il nous faut un complément d?information d?ordre technique par exemple. »
Pas question d?influer sur la décision
Pas question pour Airbus ou Boeing d?influer, à la dernière minute, sur la décision d?Air Mauritius. Le ballet des représentants auprès de la compagnie est clos. Mais il continue toutefois, dans un autre lieu de représentation, et auprès d?un autre auditoire : le gouvernement. Le round des négociations autour des offset bat son plein. L?offset est ce fameux concept qui permet à un pays acheteur d?avions de bénéficier de ces contrats commerciaux synonymes de rentrées de devises. « Cela ne nous concerne en rien, c?est l?affaire du gouvernement », précise Megh Pillay. Mais cela intéresse au plus haut point le gouvernement.
C?est sur ce terrain que les représentants des deux géants s?activent. Denis Swanson, le responsable des projets offset de Boeing, était récemment à Mau-rice. Miguel Santos, le directeur commercial des ventes internationales du constructeur de Seattle sera au pays fin décembre. En outre, un représentant du consortium européen sera également à Maurice la semaine prochaine pour discuter offset. Le gouvernement tentera alors de leur soutirer le meilleur offset deal possible.
Faire monter les enchères
Mais alors donc, le gouvernement a un intérêt indirect dans l?affaire ? Si Boeing propose le meilleur offset deal, le gouvernement ne serait-il pas tenté d?amener Air Mauritius à le choisir ? Non, répondent toutefois les professionnels. Le gouvernement a en effet tout intérêt à faire monter les enchères afin que le pays bénéficie du maximum d?avantages possibles? mais en laissant Air Mauritius choisir les appareils qu?il considérera comme les plus adaptés à ses besoins.
Vendre des avions devient de plus en plus difficile, selon les professionnels, et les constructeurs sont bien obligés de consentir à de tels arrangements. Sur certains contrats d?achats d?avions militaires, le montant de l?offset atteint des chiffres records. Ainsi, un constructeur a accepté de mettre en place des plans de coopération commerciale équivalent au triple du montant qu?il a eu à débourser pour l?achat des avions !
On n?en arrivera pas là à Maurice. Une fois la commande passée par Air Mauritius, le constructeur désigné signera un accord d?offset avec l?État mauricien, s?engageant à hauteur d?environ 20 % à 30 % du montant de l?achat. Pour le renouvellement de la flotte de la South African Airways, Airbus avait conclu un deal de 30 % sur le montant d?achat total de $3,5 milliards, soit l?équivalent de plus de Rs 33 milliards.
La nature de la coopération commerciale et industrielle que proposeront les deux constructeurs n?est toutefois pas encore clairement définie. Mais des projets dans les technologies de l?information et de la communication et dans le textile semblent tout à fait réalisables. On pense fabriquer localement du tissu non inflammable pour les sièges de Boeing et d?Airbus. La décision que s?apprête à prendre Air Mauritius risque, en partie, d?influer sur l?avenir économique du pays.
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