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Air Mauritius : réduction de fréquences et risques de fermeture
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Air Mauritius : réduction de fréquences et risques de fermeture
Air Mauritius et son partenaire Air France ont décidé de réduire les fréquences sur la ligne Paris-Maurice. Les deux compagnies font des vols conjoints sur cette ligne. Depuis le 1er avril, elles n?opèrent plus que 11 vols. Il y a deux ans encore, durant la haute saison elles assuraient jusqu?à 17 vols.
La baisse est drastique mais elle a aussi été graduelle. Sur les 17 vols qui étaient en opération auparavant, Air Mauritius en assurait dix et Air France sept. La fréquence est passée à 16, puis 13, puis 12. Désormais, Air Mauritius assurera sept fréquences et Air France en assurera quatre.
Marc Benmergui, le délégué d?Air France à Maurice, explique cette décision. ?Le taux de remplissage des avions n?était pas assez élevé. Nous avons donc décidé de réduire les fréquences. Du coup, les vols sont pleins?. Il attribue la baisse du taux de remplissage à l?ouverture de nouvelles dessertes sur la destination mais aussi à la crise liée à l?épidémie du chikungunya qui a ébranlé le marché français en 2006.
Le marché français s?est effondré en 2006 avec une baisse de plus de 17 %, sur l?année, avec des creux de 30 % à 40 % en mars et avril 2006. Dans le même temps, Corsairfly inaugurait ses vols hebdomadaires à la fin de 2006.
Le code share Air Mauritius/Air France existe depuis 1998. Il est en instance de renouvellement depuis 2003. Mais la valse des directeurs, à la tête de la compagnie mauricienne, serait à la source du retard. Quoi qu?il en soit, l?accord sera reconduit. C?est du moins le v?u d?Air France.
Pierre Decazeaux, le directeur d?Air France pour la région océan Indien, était à Maurice récemment. Il a assisté à la réunion du conseil d?administration d?Air Mauritius sur lequel siège Air France et a pu aborder la question de renouvellement du code share. ?Il y a eu des discussions sur de petits détails essentiellement techniques?, indique Marc Benmergui. Mais le partenariat n?est pas remis en question.
<B>Carburants et chikungunya?</B>
Cette perte de parts de marché n?arrange pas les affaires d?Air Mauritius, à un moment où la compagnie mauricienne est en pleine phase de restructuration. Elle fait même face à des risques éventuels de fermeture, comme l?a clairement fait ressortir le cabinet international McKinsey, dans son rapport.
La venue en 2006 des compagnies comme Corsairfly, de Tuifly Nordic, de British Airways Comair, et de Virgin Atlantic (en novembre prochain), ne va pas arranger les affaires d?Air Mauritius. Elle ?est devenue une compagnie comme les autres?, dans le petit monde local des voyages, comme le fait ressortir un voyagiste.
La compagnie a enregistré des pertes de Rs 620 millions, pour le premier semestre de l?année financière 2006-07. Dans la foulée elle a redéfini ses postes aux commandes, avec neuf vice-présidents exécutifs et un Managing Director. Et aujourd?hui elle ne pourra pas payer de dividendes?
Air Mauritius devrait s?atteler à appliquer les recommandations du rapport McKinsey, pour sa restructuration. Il y a urgence car après cinq bonnes années, la compagnie mauricienne enregistre des baisses de profits alors que la plupart des compagnies aériennes affichent de bons résultats.
La faute à qui ? Le prix des carburants, la crise du chikungunya, l?ouverture de l?accès aérien. A cela, il faudrait ajouter le manque de chambres et l?achat de nouveaux avions. Mais il y a surtout la baisse des rendements et l?augmentation des coûts. La baisse des rendements était de 4 % en 2005 et encore plus importante en 2006. La réduction des coûts n?a, elle, été que de 2 % comparée à des réductions de 5 % voire 10 % pour d?autres compagnies aériennes.
Marketing, ventes, communication : il y a 80 initiatives. La plupart d?entre elles ont été enclenchées, selon Donald Payen, vice-président exécutif Communications de la compagnie. Le plan pour les trois prochaines années a été présenté au conseil d?administration, la semaine dernière. La mobilisation des équipes est en cours pour retrouver la profitabilité, ajoute-t-il.
Si rien n?est fait, la compagnie risque une érosion de ses profits et des pertes substantielles. Cela la mènerait à la vente de ses actifs. Pire, la compagnie pourrait cesser ses opérations d?ici trois ans si rien n?est fait. Un changement drastique est donc devenu une question de survie pour Air Mauritius.
BILAN FINANCIER
<B>Les actionnaires privés de dividendes </B>
■ Air Mauritius ne sera pas en mesure de déclarer des dividendes pour l?année financière se terminant au 31 mars 2007. Cela à cause des pertes de Rs 620 millions enregistrées pour le premier semestre de l?année financière 2006-07. Pour la même période pour l?année précédente la perte était de Rs 265 milions. L?impact négatif du chikungunya sur le tourisme, la compétition accrue à la suite de l?ouverture du ciel, le manque de chambres d?hôtels et la hausse du carburant pour avion expliquent des résultats déficitaires. Air Mauritius a acheté deux A 340-300 et un ATR 42-500. Un A 330-200 viendra se joindre à sa flotte en 2007. Elle compte acheter d?autres avions cette année et en 2009 pour faire face aux capacités de sièges à moyen terme.
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