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Air France serre les coûts
Rigueur et gestion sur le fil du rasoir ; ce sont les maîtres mots du programme d?Air France pour l?été austral prochain dévoilé jeudi 27 octobre matin par Jean-Guy Lengliné, directeur régional de la compagnie. Finie l?époque où Air France alignait en permanence dix vols sur l?axe métropole-Réunion. ?Comme nos concurrents nous modulons, confirme Jean-Guy Lengliné. Nous avions commencé à perdre de l?argent sur la ligne d?où la décision de réduire notre offre de 20 %.?
Air France maintient un vol quotidien toute l?année et proposera jusqu?à neuf rotations en période de pointe. Ce sera le cas de début novembre à la mi-novembre, de la mi-décembre jusqu?à la mi-janvier et à partir d?avril 2006. ?Cette diminution de 20 % de notre offre ne s?est traduite que par la perte d?un point de notre part de marché en 2004, analyse Jean-Guy Lengliné. Nous avons récupéré la moitié des 60 000 passagers d?Air Bourbon. Avec un nombre de sièges proposés en baisse, nous avons transporté le même nombre de personnes. Le taux d?occupation pour les neufs premiers mois de 2005 est de 88 %. Les vols supprimés n?avaient donc pas leur raison d?être.?
Cinq barils de pétrole par passager
Air France est d?autant plus attentive à l?économie de la ligne que le prix du kérosène ne cesse de flamber. La surcharge carburant instaurée en mai 2004 sur les billets d?avions atteint aujourd?hui 96 euros sur un aller retour Réunion-Paris. ?Cela représente un tiers de la facture carburant d?une rotation, rappelle Jean-Guy Lengliné. Un Boeing 747 400 consomme 1 000 barils de 159 litres entre la Réunion et Paris, soit cinq barils par passager. Nous sommes en partie protégés par les fluctuations du prix du brut par une couverture jusqu?en 2007.?
Et après ? Le directeur régional d?Air France n?envisage pas le scénario qui ferait supporter entièrement par le passager le surcoût lié au carburant. Les économies viendront en partie du renouvellement des appareils. Le remplacement des Boeings 747 200 par des 400 a déjà permis d?économiser 20 % de kérosène. L?arrivée du Boeing 777 300 ER permettra de gratter cinq points d?économie supplémentaire.
Air France a fait l?acquisition de sept de ces biréacteurs qui seront affectés à la desserte des départements d?outre-mer. (Dom). Leur mise en service est prévue en juin 2007. ?Nous espérons l?avancer à février et des études sont en cours pour un démarrage dès décembre 2006, indique Jean-Guy Lengliné. À Orly, les travaux seront réalisés sur les pistes. À Gillot, il faut élargir les raquettes de retournement de deux à trois mètres et deux postes de stationnement pourront accueillir le B. 777 300 ER.?
Pour le reste, Air France complète sa palette commerciale. Le service Planète Bleue, limité aux moins de 12 ans, est proposé moyennant finance jusqu?à 18 ans. La compagnie simplifie également sa grille tarifaire pour le transport d?équipements sportifs.
Alain DUPUIS
Corsair n?est pas une bonne option pour Maurice
■ La désignation prochaine par la France de Corsair, sauf surprise de dernière minute, comme deuxième compagnie autorisée sur l?axe métropole-Maurice, n?apparaît pas à Jean-Guy Lengliné comme étant la meilleure stratégie pour assurer le développement touristique de l?île S?ur. ?Ce n?est pas la plus pertinente, indique le directeur régional d?Air France. Ce sera bien sûr dommage pour notre compagnie et pour Air Mauritius, mais je ne crois pas que cela aura les effets escomptés. Il existe déjà 17 vols entre la France et Maurice. Notre pays est le premier pourvoyeur de touristes à Maurice. Il aurait été plus judicieux de développer d?autres marchés au lieu de rajouter un vol sur Paris. En outre, je ne pense pas que la clientèle de Corsair corresponde aux standards des hôtels mauriciens.? Sur la triangulaire souhaitée par le ministre mauricien du Tourisme, Jean-Guy Lengliné craint qu?elle ne profite davantage à Maurice qu?à la Réunion. Enfin sur la décision de désigner une deuxième compagnie de part et d?autre pour la desserte inter-îles, Jean-Guy Lengliné a clairement indiqué qu?Air France n?était pas intéressée. ?Côté mauricien, Catovair n?est pas en mesure de bouleverser le marché, analyse-t-il. Côté réunionnais où il n?existe pas d?autres compagnies, cela ne pourrait que renforcer la position d?Air Austral dans la mesure où la règle actuellement est l?égalité de l?offre de part et d?autre. Mais, le problème de fond de la liaison inter-îles n?est pas la capacité mais le prix du billet, beaucoup trop cher.?
Objectif 600 000 touristes pour 2010
430 000. C?est le nombre de touristes qui ont séjourné dans l?île en 2004. Un chiffre qui stagne depuis 2000 après une nette progression (près de 40 %) enregistrée à la fin des années 90.
La Chambre de commerce et d?industrie de la Réunion (CCIR) s?engage donc à son tour dans l?objectif des 600 000 touristes d?ici 2010. Et prépare d?ores et déjà des actions à court et à plus long terme.
Depuis 10 ans, la dépense moyenne par touriste a tendance à stagner aussi, si l?on tient compte du taux d?inflation. Or, à la Réunion, le secteur touristique c?est près de 2 500 entreprises, de 100 000 emplois directs et indirects et un chiffre d?affaires ?deux fois plus important que celui de la canne?, selon Paul Caro.
Un million de visiteurs en 2020
Pour le premier vice-président de la chambre consulaire, il est urgent de ?redynamiser? le secteur. Et de s?inscrire dans l?objectif des 600 000 touristes d?ici 2010 fixé par le Schéma d?aménagement et de développement touristique de la Réunion. On parle même du million de visiteurs en 2020. En attendant, quelques constats.
Les moyens ne sont pas associés aujourd?hui pour faire venir, transporter, héberger et occuper autant de touristes. La fermeture de l?Apolonia à Saint-Leu et de l?hôtel Armony à Saint-Benoît n?a fait qu?accroître le problème. Par ailleurs, la peur du terrorisme, la concurrence des autres ?paradis?, l?augmentation du prix des billets... ne plaident pas en faveur de la Réunion. Soit. Si les touristes ne viennent pas à nous, nous irons à eux, semble dire Paul Caro. Du moins dans un premier temps.
Pour gagner la bataille, le premier vice-président de la CCIR souhaite renforcer la présence de la Réunion et de son savoir-faire sur les marchés extérieurs. Des ressortissants de la Chambre feront d?ailleurs le voyage jusqu?à Nantes à l?occasion du Salon vin et gastronomie fin novembre.
Une animation ?Réunion? de l?aéroport de Nantes sera proposée lors du vol direct de Corsair depuis le département le 20 décembre. La CCIR veut s?appuyer également sur la traditionnelle Foire de Paris pour ?vendre? la destination Réunion. À terme, elle compte même louer tout un hall...
Le deuxième volet de cette ?reconquête? touristique passe selon Paul Caro par un ?dépoussiérage? de certains dispositifs. Ainsi, il souhaite ouvrir la chartre Réunion qualité tourisme au plus grand nombre de professionnels en changeant tout simplement les critères d?accès. Il parle également de la création d?un parc de 3 à 4 000 lits supplémentaires d?ici 2010.
Enfin, il estime nécessaire l?augmentation de 5 à 6 % (environ 36 euros) la dépense moyenne d?un touriste. Pour cela, la chambre consulaire dévoile toute une batterie de dispositifs. Il en va de la vie de certaines entreprises. En 10 ans, sur 1 730 entreprises créées, 1 430 ont mis la clé sous la porte.
Clicanoo.com
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