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Agriculture : davantage d?échange avec Madagascar

24 avril 2008, 00:00

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Marc Ravalomanana ne sera pas venu pour rien. Madagascar vient en effet de signer un accord avec Maurice, pour l?harmonisation des normes phytosanitaires.

Un accord «long overdue» fait-on ressortir, tant du côté mauricien que malgache. À vrai dire, pour la région, cet accord est le point positif notable à l?issue du sommet sur la pauvreté de la Communauté de développement de l?Afrique australe (SADC). Un sommet qui a par ailleurs laissé en suspens le cas du Zimbabwe, pays dont le potentiel agricole est en péril à cause d?une instabilité politique chronique sous le règne de Robert Mugabe, qui s?accroche au pouvoir.

Selon Marius Ratolojanahary, ministre malgache de l?Agriculture, de l?élevage et de la pêche, l?accord entre les deux pays favorisera l?assouplissement des barrières phytosanitaires sur les produits agricoles. «Les autorités des deux pays ont décidé de revoir, sinon de supprimer, certains dispositifs jugés trop rigides en matière de barrières phytosanitaires et qui ont freiné le développement des échanges commerciaux entre les deux îles.»

La signature de l?accord marque ainsi une étape importante, dans la mesure où l?objectif est de faire de Madagascar le grenier alimentaire de Maurice. Concrètement, il s?agit de réduire le nombre d?exigences imposées par les autorités sanitaires de façon à élargir le nombre des produits agricoles pouvant être admis sur le marché mauricien.

Le cas de la pomme de terre, longtemps considéré comme un sujet épineux, a été évoqué par Marius Ratolojanahary.

À l?origine, connaissant mal le contexte réel malgache, l?île Maurice a accepté d?importer uniquement des pommes de terre produites dans la région du Vakinankaratra. «Elle accepte aujourd?hui celles cultivées dans l?Itasy. L?important est maintenant d?évaluer et de tenir compte du progrès accompli par Madagascar en ce qu?il s?agit de l?éradication ou de la maîtrise des maladies qui touchent nos végétaux», a déclaré le ministre à l?Express de Madagascar.

Le partenariat économique entre les deux pays pourrait ainsi être relancé sur de nouvelles bases. Selon une disposition de l?accord, les deux parties se réservent le droit de souveraineté quant à l?entrée des végétaux et produits végétaux sur leurs marchés, les normes phytosanitaires étant en tête de la liste des priorités .

Aux Seychelles, Louis Michel, Commissaire au développement de l?Union européenne, a rappelé que Bruxelles continuera à soutenir la Commission de l?océan Indien. «Nous avons engagé avec nos États membres un dialogue qui devrait donner des résultats tangibles avant la fin de cette année avec des paquets régionaux d?aide au commerce.»

Avec la crise alimentaire, et la situation au Zimbabwe, le potentiel de Madagascar est aujourd?hui un atout de taille trop longtemps négligé pour toute la région indianocéanique...

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