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Affichage illégal en toute... tranquillité

1 avril 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Vous l?avez certainement vu. Un nom. Rouge. Un numéro de téléphone. Bleu. Le tout sur des petites plaques en métal blanc. Clouées sur les arbres, le long des routes, tout autour de l?île.

Le vendeur ne manque pas de moyens. Pleine page de pub dans les pages jaunes, site web sur la toile. Il ne manquait plus que les affiches sur les arbres du pays. Et la boucle est bouclée. S?il arrive à vendre davantage de voitures avec ça, c?est que le Mauricien n?a vraiment aucun respect pour l?environnement?

Un Européen, en balade sur la route du Morne vers Canot, a été «stupéfait» de constater cette pratique qu?il juge irrespectueuse envers l?environnement. Car dans les pays développés, l?affichage sauvage est interdit sur les arbres sur tout le territoire.

Si son ami mauricien qui l?accompagne dans sa balade ne sait pas vraiment dans quelle mesure cette pratique est «irrespectueuse», il se pose des questions.

Qu?adviendrait-il si nous décidions tous de clouer des publicités sur les arbres du pays ? Serions-nous, ne serait-ce qu?un peu, inquiétés par les autorités ? Jusqu?à hier, rien n?est moins sûr.

Il y a un peu plus de trois semaines, Farhad Ghoora, directeur de F.B.Ghoora Co.Ltd, décide de clouer une centaine de plaques sur les arbres à travers l?île à des fins publicitaires. Il ne demande aucune autorisation et il n?a jamais été inquiété.

Il y a une semaine, il décide de tout enlever. Les collectivités locales se sont plaintes ? «Non». La Road Development Authority peut-être ? «Non». La police ou le ministère de l?Environnement sûrement ? «Non plus.»

Pourquoi subitement décider de tout enlever alors ? «En écoutant la radio la semaine dernière, j?ai appris que c?était illégal. Il y a beaucoup d?entreprises qui le font. Je ne savais pas que c?était illégal.»

Ne l?accablons pas même si en plus d?ignorer la loi, on peut déplorer le fait que sa conscience environnementale ne soit pas vraiment aiguisée. Que les clous, dit-il, sont «très petits». Que ce n?est «pas grand-chose». Pas de quoi fouetter un chat ou? abîmer un arbre quoi !

Mais il a quand même décidé d?enlever toutes les pancartes dès qu?il a appris que la pratique est illégale. Sans attendre que les autorités viennent lui demander des comptes. Car s?il les avait attendues, sa centaine de pancartes serait encore sur les arbres. A lui faire? de la pub.

«De petites pancartes en tôle blanche, c?est bien ça ?» La police de l?Environnement confirme en avoir vu. «Partout à travers l?île, non ?» Oui. Ont-ils l?intention de sévir contre ce contrevenant qui avoue n?avoir demandé aucune autorisation ? Non. Pourquoi ?

<B>«Impossible de sévir»</B>

Parce que si la police régulière ou la police de l?Environnement ne reçoit pas de plainte à ce sujet, il est impossible de sévir. «Mais puisque vous avez soulevé la question, nous allons faire le nécessaire», explique un responsable de la police de l?Environnement.

Pour tout affichage, il faut une demande aux autorités. Si les affiches seront placardées sur des pylônes du Central Electricity Board ou de Mauritius Telecom, il faut obtenir leur accord. Sinon, il y a délit.

Les amendements, apportés à l?Environment Protection Act, qui seront présentés à l?Assemblée nationale aujourd?hui, devraient faire bouger les choses car des provisions ont été faites pour l?application d?une «fix penalty» en cas d?affichage illégal.

Placarder une affiche dans un endroit autre que prévu vaudra au contrevenant une amende de Rs 6 000. Et le fait de ne pas se conformer à un «eyesore abatement notice», à une amende de Rs 10 000. Avec ces amendements, plus besoin de plaintes pour agir.

S?il constate un cas d?affichage illégal, un «officier autorisé» pourra servir un «eyesore abatement notice» au coupable qui aura entre deux à 30 jours pour enlever ses affiches sous peine d?une amende. L? «eyesore» étant considéré comme une publicité, une banderole ou un panneau qui défigure un paysage, un bâtiment ou monument.

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