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Affaire Nandanee Soornack: Les chanceux justiciables du samedi

12 janvier 2013, 20:00

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Affaire Nandanee Soornack: Les chanceux justiciables du samedi

L’opposition et les médias se sont étonnés de la vitesse à laquelle les hommes de loi de Nandanee Soornack ont pu obtenir un ordre du juge Domah un samedi. La question mérite donc d’être posée: Nandanee Soornack a-t-elle bénéficié, de la part de la justice, d’un traitement avantageux.

Samedi 5 janvier, au matin. Yusuf Mohamed, avocat de Nandanee Soornack, se rend à la Cour suprême. Dans ses mains, l’affidavit réclamant une injonction contre les groupes Le Mauricien et La Sentinelle. « En arrivant en Cour, je ne m’attendais pas à voir le juge Domah, explique l’avocat. Je suis tombé sur lui absolument par hasard !»

Comme l’explique le chef-juge, Bernard Sik Yuen, «le juge Domah vient régulièrement à son bureau le samedi pour écrire ses jugements tranquillement. Il en a pas mal en cours car il part en retraite cette année.»

Mohamed lui explique alors la raison de sa venue. Le juge décide «de l’aider» mais il n’a pas de secrétaire le samedi. Mohamed a la parade: des employés du registry sont là et ils peuvent bien assister à la rédaction de l’injonction.
L’ordre intérimaire est ainsi rédigé, enregistré et délivré, en fin d’après-midi, aux parties concernées. «Si cela s’était passé l’an dernier, on aurait dû attendre le lundi qu’un huissier vienne au travail pour faire servir l’ordre», explique un officier de la Cour.

Mais désormais il est possible de faire appel à un huissier privé pour se déplacer. La procédure semble tout à fait légale. Une zone d’ombre subsiste néanmoins. Le Queen’s Counsel qu’est Yusuf Mohamed, se serait déplacé en Cour un samedi matin sans savoir s’il y rencontrerait un juge. Qu’on le croie ou pas, il n’en demeure pas moins que pour certains juristes, ce n’est pas comme cela que les choses auraient dû se passer. « Depuis quelques années, pour éviter la perception que les justiciables choisissent le juge qu’ils préfèrent – ou que les juges choisissent les affaires qu’ils veulent entendre – des directives ont été données pour que, les jours où il n’y a pas un juge désigné pour les affaires en chambre, ce soit le Senior Puisne Judge qui décide qui aura la charge d’un cas», confie un vétéran du barreau.

Selon certaines sources, le titulaire du poste, le juge Matadeen, était en Cour ce samedi. Contacté, il n’a pas souhaité confirmer ni infirmer cette information.

Le chef-juge explique, lui, que le juge Domah était bien « le seul juge présent». Le juge Matadeen, ou son supérieur, le chef-juge, ont-ils été consultés samedi ? Bernard Sik Yuen explique à demi-mot que non. «C’est vrai que pour une urgence, quand il n’y a personne, on se tourne vers le SPJ», dit-il. Il maintient que le juge Domah «a agi en juge responsable.»

 

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