Publicité

Affaire Jacob Zuma: l’ICAC campe sur sa position

12 juillet 2009, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Affaire Jacob Zuma: l’ICAC campe sur sa position

Alors que le bureau de l’Attorney General souhaite se retirer de l’affaire autour du président sud-africain Jacob Zuma, la Commission anti-corruption (ICAC) reste, elle, sur sa position.

L’annonce a été faite, ce lundi 13 juillet, par Me Feroza Moolna devant le Chef juge Bernard Sik Yuen. Le bureau de l’Attorney General souhaite se retirer de cette affaire. Il s’agit, bien-sûr, du transfert de certaines pièces à conviction détenues par l’ICAC et que les autorités sud-africaines réclamaient pour poursuivre Jacob Zuma de corruption.

Mais entre-temps, le principal concerné a été acquitté par la justice sud-africaine et est aussi devenu le chef d’Etat de ce pays.

L’ICAC reste, elle, toujours sur la même position. La Commission indépendante contre la corruption attend un signe des autorités sud-africaines pour connaître la marche à suivre. Me Sultan Sohawon, avoué de l’ICAC, insiste que cette instance attend encore une réponse à une lettre qu’elle avait envoyée aux autorités sud-africaines pour déterminer si la démarche légale de transfert des documents réclamés doit être maintenue ou non.

Jacob Zuma était accusé d’une dizaine de délits, liés à une affaire de corruption et de vente d’armes. Blanchi dans son pays, les choses à Maurice ne semblent guère avoir changé, du moins légalement. L’ICAC entend bien transmettre des documents compromettants contre le nouveau dirigeant sauf si le National Prosecuting Office sud-africain lui recommande autrement.
C’est en 2001 que les ramifications mauriciennes de l’affaire Zuma ont été mises à jour. Des documents avaient été saisis par la défunte Economic Crime Office (ECO) puis transférés à l’ICAC nouvellement créée. Ces documents avaient été saisis dans les bureaux de la compagnie Thint, succursale du groupe d’armement français Thalès à Maurice. Parmi les pièces saisies figurait l''''''agenda du directeur général de Thint, Alain Thétard, faisant état d''une rencontre en mars 2000 avec Zuma et son conseiller financier, Shabir Shaik.

Selon l''accusation, la rencontre aurait servi à négocier un pot-de-vin pour que Jacob Zuma, alors vice-président d’Afrique du Sud, évite à Thint d''être impliqué dans le cadre d''une enquête sur un contrat d''armement litigieux. Le conseiller de Zuma, Shabir Shaik, a été condamné à 15 ans de prison en 2005 dans cette affaire.

C’est suite à ce développement que la police sud-africaine s’est intéressée à Zuma qui était alors en disgrâce auprès du président Thabo Mbeki.

A plusieurs reprises, Jacob Zuma avait tenté de s’opposer au transfert des documents de Port-Louis à Durban. A cet égard, la fin de non-recevoir de l’Attorney General, Rama Valayden, n’avait pas plu à Zuma.

Rama Valayden avait défendu la décision de son bureau d’agréer au transfert des documents en question, mettant en avant l’indépendance de la justice mauricienne. Tout comme l’avait rappelé à l’intéressé Navin Ramgoolam lors d’un déplacement de Zuma à ce sujet en 2007 à Maurice.

Le Premier ministre lui avait fait comprendre qu’il ne pouvait s’ingérer dans le bon déroulement d’un procès.
Deux ans après, même si la bataille juridique devant la Cour constitutionnelle sud-africaine a abouti à un non-lieu, les procédures engagées dans cette affaire à Maurice, elles, se poursuivent.

Publicité