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Affaire Dantier : Terrible suspense
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Affaire Dantier : Terrible suspense
Chaque sonnerie du téléphone provoque une montée d?adrénaline. Réunis dans le salon, les Dantier guettent la moindre nouvelle sur le déroulement de l?enquête concernant la mort de leur fille, Nadine. L?annonce d?une ?arrestation imminente? depuis maintenant 24 heures met une fois de plus leurs nerfs à rude épreuve. Les plus folles rumeurs qui ont circulé et les noms les plus invraisemblables évoqués hier ne sont pas pour les épargner.
Cigarette à la main, Jean-Yvon Dantier, le père de la victime, peine à contenir son angoisse. ?Voici 15 mois que notre fille a été retrouvée morte. On nous annonce à chaque fois un développement, puis plus rien.? Les traits tirés par la fatigue, il ne peut s?empêcher de se remémorer les multiples rebondissements de l?affaire.
Les rumeurs, ajoute-t-il, sont une étape malheureusement incontournable dans ce genre d?affaire. ?Tout cela nécessite d?être examiné avec du recul et un esprit critique. Agir avec passion ne mènera à rien.? Caroline, la mère de la victime, abonde dans le même sens. Son visage, creusé par l?émotion, témoigne des moments d?angoisse qu?elle endure depuis plus d?un an.
Nadine Dantier, 20 ans, était étudiante à l?université de Maurice. Portée manquante le 25 juin 2003, son cadavre a été découvert, le lendemain vers 15 heures dans un terrain en friche à l?avenue des Dauphins, à Albion à 400 mètres de sa maison. Les Drs Abdool Khalick Mohungoo et Sudesh Kumar Gungadin, qui avaient autopsié le cadavre, avaient attribué le décès à la strangulation. Les deux médecins légistes avaient, de plus, constaté que Nadine Dantier avait été abusée sexuellement.
Témoignage tardif
Le déroulement de l?enquête reste pour l?instant entouré d?un épais mystère à cause des multiples pistes contradictoires examinées par les enquêteurs. Selon une source policière, une réunion de haut niveau a eu lieu hier aux Casernes centrales avec le directeur du Central Criminal Investigation Department (C CID), l?adjoint au commissaire de police, Tangavel Seerungun. Cette réunion concernerait l?arrestation probable d?un proche de la victime. Mais, selon d?autres sources policières également haut placées, cette ?piste? n?est absolument pas fondée. On démentit de manière catégorique l?information concernant cette arrestation.
Ce dernier rebondissement intervient avec le témoignage d?une femme consigné récemment par le surintendant Parsad et l?inspecteur Meeterjoye. Elle a déclaré avoir été à proximité du lieu de la découverte macabre le jour fatidique. Elle a donné des descriptions précises de personnes qui rôdaient non loin du terrain vague.
Jean-Yvon Dantier, pour sa part, met en doute la véracité de ce témoignage. ?Je ne pense pas que cette femme se soit trouvée là par hasard. Je trouve aussi bizarre qu?elle ait attendu tout ce temps avant de se confier.?
Marcelin Azie, 28 ans, le principal suspect dans cette affaire, est toujours en détention. Cet habitant de Camp-Créole, à Albion, avait été arrêté le 28 juillet 2003. Il avait avoué être l?auteur du crime. Le lendemain de son arrestation, il avait même participé à une reconstitution des faits, après avoir comparu au tribunal de Bambous. Marcelin Azie avait expliqué dans les moindres détails comment il avait accosté la victime. Il avait même décrit les vêtements que portait Nadine Dantier ce jour-là.
Après avoir retenu les services de Me Rama Valayden, il devait revenir sur sa confession, pour dire qu?il avait avoué sous contrainte policière. Les résultats des tests ADN effectués sur Marcelin Azie se sont avérés négatifs.
Demain, la motion de Me Valay-den pour que son client soit libéré sous caution devrait être débattue devant la magistrate Razia Janoo-Jaunbaccus au tribunal de Bambous. Mercredi dernier, le Principal State Counsel, Rashid Ahmine, a demandé un renvoi de la motion à demain vu les développements attendus.
Dans le sillage de l?affaire, Jean-Yvon et Caroline Dantier avaient, par voie d?affidavit juré au tribunal de Moka, demandé l?exhumation du cercueil de leur fille. Ils voulaient ainsi récupérer une lettre que Bruno Tadebois, le petit ami de Nadine, avait glissée dans son cerceuil le jour des funérailles, le 27 juin 2003. Les Dantier estimaient que cette lettre pourrait constituer du ?material evidence? pour l?enquête policière.
A l?express qui l?interrogeait le 5 juillet dernier, Bruno Tadebois avait déclaré que la lettre contenait une prière et une déclaration d?amour à Nadine. La magistrate Sarita Bissoonauth avait statué le 21 juillet que la cour de Moka n?avait pas de juridiction pour une telle requête. Elle avait demandé aux hommes de loi des Dantier, Mes Kishore Pertab et Amanah Ragavoodoo, de s?adresser à l?instance appropriée.
Le couple Dantier a été soutenu tout le long de cette épreuve par ses proches et toute la communauté d?Albion. Ce dernier développement, dont le secret a été jusqu?ici bien gardé, les replonge dans l?incertitude et l?angoisse?
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