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Affaire Dantier : les ADN des violeurs comparés grâce aux Américains
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Affaire Dantier : les ADN des violeurs comparés grâce aux Américains
Le fichier national d’empreintes génétiques des criminels va enfin servir. Des tests comparatifs avec des preuves retrouvées sur les lieux des crimes non-élucidés, dont l’affaire Nadine Dantier, seront possibles d’ici à la fin de l’année 2012.
Des annonces ont été faites depuis 2005. C’est finalement d’ici à la fin de cette année que le Forensic Science Laboratory (FSL) pourra aller de l’avant avec des tests ADN comparatifs à partir des empreintes génétiques de criminels avérés entrées dans sa base de données depuis bientôt deux ans.
Les ADN de ceux trouvés coupables d’agression, d’agression sexuelle et de meurtre figurent déjà dans le fichier central de la police scientifique mais elle n’était pas en mesure de les comparer avec les empreintes génétiques trouvées sur des lieux de crime, comme ce fut le cas dans l’affaire Nadine Dantier, à titre d’exemple.
Les Américains possèdent le logiciel nécessaire et viendront l’installer au FSL tout en dispensant une formation poussée aux experts locaux. L’un des tests prioritaires consistera à comparer l’échantillon de sperme retrouvé sur la jambe de Nadine Dantier, l’étudiante de 20 ans assassinée après avoir été victime d’abus sexuels en début de soirée du mercredi 25 juin 2003 à Albion.
Après la promulgation de la DNA Identification Bill en 2010, le FSL a prélevé l’ADN de l’ensemble de la population de violeurs et autres délinquants sexuels. Sa base de données contient ainsi près de 3 000 empreintes génétiques à juin 2012.
L’avancée du FSL est suivie de très près par le Bureau du Premier ministre, Navin Ramgoolam ayant promis de venir avec des résultats dans les dossiers restés en souffrance lorsqu’il s’est présenté pour la seconde fois à l’électorat en juillet 2005.
Après les violeurs emprisonnés, le FSL doit se tourner vers ceux qui ont fini de purger leurs peines et qui sont en liberté, la loi ayant fait provision pour que leurs empreintes soient incluses dans la banque de données. De là, ils s’intéresseront également aux assassins, aux auteurs d’agressions ainsi qu’aux voleurs.
En France, la mise en place d’un tel fichier a permis d’élucider plusieurs cas. En juin 2006, la police a pu confondre un pompier pour le rapt, le viol suivi du meurtre d’une adolescente de 16 ans, commis dix-neuf plus tôt. La cinquantaine, il avait arrêté deux ans plus tôt pour une rixe sur un parking et forcé, après un recours à un juge en Chambre, de se soumettre à un prélèvement ADN.
En 2010, à Tahiti, Auguste Teriimana, 54 ans, a été confondu grâce à son empreinte génétique ayant des similitudes avec l’affaire Nadine Dantier. En mars 1987, à l’âge de 31 ans, il avait abusé et assassiné Rachel Aberos, 14 ans, alors qu’elle revenait de ses cours de danse.
Un témoin s’étant manifesté en septembre 2009 pour soi-disant fournir des renseignements sur cette affaire, les magistrats se sont rendu compte que les prélèvements effectués à l’autopsie, en 1987, n’ont jamais été comparés avec le fichier central français créé en 2004.
Auguste Teriimana y était fiché pour ses démêlés avec la justice qui remontent jusqu’en 1977. Confronté à cette preuve, le vigile a avoué avoir pris la fille en stop sur son scooter avant de l’emmener dans un terrain vague.
Le recours à un fichier d’empreintes génétiques permettra également d’établir l’innocence d’un suspect. Le 28 juillet 2003, trente-trois jours après que Nadine Dantier eut été étranglée avec son propre pull-over, Marcelin Azie avait été cueilli par le Central CID et « forcé » d’avouer le crime.
Il avait le profil type du tueur : maçon de son état, il travaillait dans la cour de l’église d’Albion, à côté de l’arrêt de bus où la jeune fille était descendue peu avant sa mort. Mais ses aveux ne collaient pas les résultats de l’autopsie et des tests ADN menés en Afrique du Sud ont fini par le disculper.
Ailleurs, au début de ce mois de juin 2012, l’Américain Hank Skinner, condamné à mort en 1995 pour trois crimes dont il a toujours clamé son innocence, a été blanchi grâce à des tests ADN. Ceux, à partir du travail d’un professeur de l’université de l’Illinois et de ses étudiants qui ont établi que l’enquête dont il avait fait l’objet, avait été bâclée.
 
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