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Adjugé
Harish Boodhoo exagère quand il parle de ?génocide économique? mais sa campagne contre les pratiques liées au ?Sale by Levy? a été assez vigoureuse pour provoquer une réaction à l?hôtel du gouvernement. Le ministre des Finances a annoncé, à l?occasion de la présentation du budget, la mise sur pied d?un comité de haute instance pour se pencher sur le système qu?il a dénoncé.
Ce n?est pas une commission d?enquête que compte nommer le gouvernement. L?instance qui sera créée aura pour attributions de faire des recommandations sur les moyens de protéger les citoyens contre des prédateurs de biens immobiliers. Ceux qui se sont enrichis grâce aux pratiques abusives du ?Sale by Levy? ne seront pas inquiétés.
Harish Boodhoo, qui a enquêté sur le phénomène, assure que ?ce sont toujours les mêmes qui sont derrière ces transactions : des courtiers, des hommes de loi et des banquiers ??. Il aura l?occasion d?exposer les méfaits allégués de ce regroupement de mafieux présumés devant le comité de haute instance. D?autres institutions devront prendre la relève pour poursuivre en justice les éventuels délinquants. Déjà, l?Icac a été saisie de la question.
Certes, il faut revoir les lois. Elles datent de 1868 et sont trop injustes à l?égard des débiteurs. Mais il est tout aussi important, pour l?exemple, d?identifier le réseau qui aurait profité, pendant toutes ces années, du malheur des citoyens en difficulté pour s?enrichir illégalement. Promoteurs immobiliers, avoués et les autres, qui par connivence d?intérêts ont mis au point le trafic allégué des biens immobiliers, doivent être inculpés.
Il y a beaucoup de ménages qui contractent un emprunt mais qui subissent par la suite un contrecoup du sort et n?arrivent pas à honorer leurs engagements. Ce sont le plus souvent des ménages à faibles revenus qui se retrouvent dans cette situation. Ils n?ont, dans ces cas, pour seule alternative, que le recours aux usuriers. Cette voie les absorbe dans le piège du surendettement d?où l?on ne ressort jamais indemne. Il est possible d?arrêter cette spirale et d?éviter l?accaparement révoltant des biens par la présumée ?mafia du foncier?.
Quand une urgence survient, il doit être possible au débiteur de négocier un report des échéances. C?est une option que beaucoup n?arrivent pas à exercer semble-t-il. Depuis que l?opinion publique s?intéresse aux saisies qui sont effectuées en cour les jeudis, nous sommes régulièrement tenus au courant des drames vécus par des citoyens qui se sont retrouvés devant des avoués ou des banquiers inflexibles. Ce qui pousse, du reste, Harish Boodhoo à se demander si ceux-ci n?ont pas un intérêt à faire exécuter rapidement toute décision d?expropriation. Devant la complexité des institutions, le citoyen finit souvent par se résigner.
Une société solidaire a le devoir de protéger les faibles, notamment en régulant l?accès au crédit, tant pour l?immobilier que pour les dépenses courantes. Les propositions alléchantes de zéro dépôt faites par certaines maisons de commerce ont entraîné bien des ménages dans un enfer. Il faut trouver des mécanismes qui protègent les ménages fragiles d?un endettement excessif et des charges insupportables.
Ce jeudi, d?autres drames se joueront devant la ?Master?s Court?. Cependant les victimes peuvent se consoler car une démarche a été entamée pour casser les casseurs.
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