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Acte II : Le MMM repousse le PSM dans l?opposition

1 novembre 2007, 00:00

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Coup de théâtre dans la soirée du 21 octobre 1982. Le conflit oppose, dit-on, Bérenger et Bhayat, avec comme arbitre Anerood Jugnauth. Une affaire donc interne au MMM. Voilà que les choses s?enveniment entre Bérenger et Jugnauth. Celui-là aurait exigé à celui-ci l?arbitrage du MMM et de son politburo. Finalement et à la stupéfaction générale, les militants se réconcilient aux dépens du... PSM d?Harish Boodhoo. Voilà le bouc émissaire tout trouvé. On boute le PSM hors du GM et le MMM peut enterrer la hache de guerre. Bérenger reprend son portefeuille des Finances. On parle déjà de ministrables : Lutchmeenaraidoo au Plan au lieu d?être en plan, Fokeer à l?Agriculture et Salesse à l?Info. Le MMM découvre que le PSM est à la source des dissensions intra militants. Karl Marx a raison. Thèse, anti-thèse et saint Thèse. Décision unanime mais en l?absence de Bhayat.

Anerood Jugnauth annonce la rupture à 19h30. Il est à bout de forces. Il doit même s?asseoir pour faire sa déclaration. Elle fait suite à une longue réunion des parlementaires du MMM (14h30 à 19h30). Il répètera l?annonce à la télévision. Il exclut, par avance, tout passage de ministres et députés du PSM au MMM. Kailash Ruhee et Jocelyn Seenyen font ?aie !?

Pendant ce temps, le PSM se réunit chez Rohit Beedassy. A l?annonce de l?expulsion de son parti du GM, Boodhoo réclame de nouvelles élections générales. Gaëtan Duval fait savoir au gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, qu?il cède son fauteuil de chef de l?opposition à Harish Boodhoo.

Anerood Jugnauth convoque une réunion pour le 22 octobre, à 10 heures, en vue d?un remaniement ministériel. L?express croit savoir que les parlementaires excluent d?office tout choix à faire par eux entre Bérenger et Bhayat. Cela acquis, on se dirige vers un possible arbitrage du conflit par le groupe parlementaire et le comité central du MMM, encore que certains membres de ces instances font ressortir qu?ils sont mal placés pour un quelconque arbitrage, n?étant pas en présence des éléments du conflit. On débouche graduellement sur un consensus que la réconciliation au sein du MMM ne pourra se faire qu?en écartant le PSM du gouvernement.

L?express qualifie cette journée du 21 octobre 1982 de ?jour le plus long?. Elle commence par cette réunion du bureau politique dans celui du Premier ministre. A l?issue de celle-ci, le secrétaire général Naiken annonce une nouvelle réunion, le jour même, à 15h30. A midi, Bérenger tient une conférence de presse. Il pose les préalables à son retour au GM. ?Soit je reste où je suis (simple député et membre du politburo), soit le GM est remanié, devient homogène et les choses changent.? Il demande au groupe parlementaire et au comité central du MMM d?assumer leurs responsabilités. Ils ne peuvent laisser la situation pourrir davantage. Les tiraillements MMM-PSM nuisent au bon fonctionnement du GM. Le véritable enjeu demeure la réforme économique. Il s?attend à ce que ses détracteurs fassent de la démagogie et l?accusent d?être à la solde du secteur privé et productif. La situation empire quand les détracteurs externes découvrent des alliés au sein du GM et même du MMM. Tous les ministres et même le groupe parlementaire sont au courant de sa réforme dans ses moindres détails. Il accepte la mission de préparer la population à une inévitable hausse du prix du riz et de la farine, mission court-circuitée, allègue-t-il, par l?annonce inopportune d?une hausse des prix du carburant. On peut compter sur les démagogues et autres idéologues pour se prétendre les sauveurs du peuple et présenter les responsables de la mise à exécution de la réforme comme des mercenaires à la solde du grand capitalisme. Un quart de siècle après, cette supercherie grossière continue à faire mouche, tant sommes-nous crédules et naïfs. De la basse trahison, commente Bérenger. Il y a eu des fuites planifiées et un travail professionnel d?intoxication. Ses détracteurs parviennent à créer le doute dans l?esprit d?Anerood Jugnauth. Ils sèment la zizanie entre le Premier ministre et son ministre des Finances. A une question de la presse sur le remaniement ministériel, Bérenger répond qu?il laisse le soin de la réplique, non pas au Premier ministre, mais au comité central du MMM.

Après la réunion des parlementaires, un Jugnauth littéralement accablé confirme aux journalistes présents, mauriciens et étrangers, que l?alliance gouvernementale MMM-PSM n?est plus. Il y a eu un long débat. La conclusion est que les tiraillements ne viennent pas du MMM. Il y a approbation unanime de la cassure. Le MMM gouvernera seul. Il n?y aura pas de transfuge. Fin de l?acte II.

<B>N.B. : Toute ressemblance avec les difficultés rencontrées par Sithanen, en 2007, ne pourra qu?être fortuite.

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