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On achève bien les chevaux…
Entre erreur humaine, affaires de dopage et sol meurtrier, le cheval n’a pas été à la fête à l’occasion des épreuves équestres des Jeux Olympiques d’Athènes où les organisateurs avaient pourtant consacré, sur le site de Markopoulo, un stade flambant neuf à la plus noble conquête de l’homme.
Le 18 août, un chronomètre mal maîtrisé lors de l’épreuve de saut d’obstacles du concours complet par équipes avait créé la confusion.
La cavalière allemande Bettina Hoy avait franchi par inadvertance deux fois la ligne de départ avec son cheval Ringwood Cockatoo. Au lieu de continuer à égrener les secondes depuis le premier passage, comme le prescrit le règlement, le juge du temps avait été remis à zéro lors du second.
En une heure et demie, les classements se firent et se défirent au gré des décisions contradictoires du jury de terrain et de la commission d’appel de la Fédération équestre internationale. En fin de soirée, Hoy était double championne olympique.
Elle le resta quelques jours, avant que le Tribunal arbitral du sport ne rétablisse la pénalité de 14 points infligée à la cavalière allemande pour dépassement de temps. Non seulement Bettina Hoy et l’Allemagne devaient restituer leurs médailles d’or, dont héritaient le Britannique Leslie Law (individuel) et la France (équipes), mais elles retombaient au pied du podium.
Dans le concours de saut d’obstacles, les blessures ont décimé les équidés. Victimes de claquages, trois chevaux ont dû quitter le terrain en ambulance, dont le hongre Dilème de Cèphe, vainqueur au printemps de la Coupe du monde sous la selle du Français Bruno Broucqsault, et Royal Kaliber, monté par l’Américain Chris Kappler.
Souffrant de coliques, Royal Kaliber est mort le 9 octobre dans une clinique aux Pays-Bas. Drôle de destin pour l’étalon néerlandais. Déjà médaille d’argent par équipes avec les Etats-Unis, il s’était fait mal lors du barrage l’opposant pour la deuxième place au cheval français Baloubet du Rouet.
“Ce n’est pas amusant de gagner ainsi”, avait déclaré à chaud le Brésilien Pessoa, champion du monde 1998 et triple vainqueur de la Coupe du monde. “J’ai donc un sentiment partagé, poursuivait-il. Ce n’est pas normal que des chevaux, parfaitement préparés comme des athlètes, sortent avec des claquages.”
<B>Terrain glissant</B>
L’histoire est ainsi faite que Royal Kaliber est devenu vice-champion olympique par équipes à titre posthume, et qu’il accédera probablement à la médaille d’argent du classement individuel, l’or revenant à Pessoa. En effet, Goldfever et Waterford Crystal, les chevaux de l’Allemand Ludger Beerbaum et de l’Irlandais Cian O’Connor, ont été contrôlés positifs aux Jeux.
Les parcours de Beerbaum ont été invalidés et l’Allemagne – championne olympique en 1996 et 2000 – a été rétrogradée à la troisième place. O’Connor, premier champion olympique d’équitation de la verte Erin, sera probablement contraint lui aussi de redonner son or. Les cavaliers ont évoqué des problèmes de médicamentation, renvoyant les fautes aux vétérinaires imprévoyants.
Le dossier O’Connor s’enrichit d’une rocambolesque affaire de vol d’une partie de l’échantillon B à Cambridge, sans savoir à qui profite le crime, et de l’annonce d’un autre cas de dopage dans l’effectif du Dublinois.
Quant au terrain en herbe, qui s’est dérobé sous les sabots des concurrents, il n’y a ni coupable ni responsable. A moins que la commission d’experts arrive à d’autres conclusions. Pauvres chevaux !
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