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Accident fatal : reconstitution des faits sur fond de grogne à Tamarin
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Accident fatal : reconstitution des faits sur fond de grogne à Tamarin
«Mo finn trouv plizir mor devan mo lizie dan sa sime la. Me lotorite pa pe fer nanie.» Les propos d?Enrico Labonne, un habitant de la région de Tamarin, reflètent le sentiment de nombre de ses voisins. Plusieurs personnes avaient manifesté leur indignation à la suite de l?accident qui a coûté la vie à Philippe Celestin dimanche. Et ils ne décolèrent pas. Entre-temps, le suspect dans cette affaire, Ludovic Merle, a participé, hier, à une reconstitution des faits. Accusé d?homicide involontaire, il a été relâché sous caution.
Philippe Celestin, 48 ans, a été fauché par la voiture que conduisait Ludovic Merle dimanche, sur la route de Rivière-Noire, à Tamarin. La victime était à bicyclette sur le trottoir de la voie droite menant vers Palma. Le chauffeur, un habitant de l?avenue Tonnerre, à Floréal, était, semble-t-il, sous l?effet de l?alcool. Et il aurait pris la fuite. Mais il a été arrêté quelques mètres plus loin. Une partie de la bicyclette sur laquelle circulait la victime était restée coincée sous les roues de sa voiture.
«Rien n?est fait pour la sécurité»</B>
A la suite de ce drame, la colère jusque-là latente des habitants de la région a éclaté. Cela fait, disent-ils, environ dix ans que les usagers qui passent par la route de Rivière-Noire roulent à vive allure sans se préoccuper des piétons.
Selon Enrico Labonne, un jardinier de 39 ans, les accidents y sont «plus que fréquents». Et d?ajouter que les autorités dépensent pour «embellir cette route mais elles ne font rien pour la sécuriser.»
Pour contraindre les «imprudents» à réduire la vitesse, les habitants de Tamarin disent avoir, à plusieurs reprises, fait des requêtes pour que des dos-d?âne soient placés sur la route de Rivière-Noire mais en vain. «Des dos-d?âne sont placés partout à travers l?île. Pourquoi cette exception à la route de Rivière-Noire ?» s?insurge Enrico Labonne.
Michel Thevenau, propriétaire du bungalow La Tamarinière, abonde dans le même sens. Il se dit «exaspéré» par «l?insouciance» des autorités concernées. Il explique avoir lui aussi averti les autorités, à plusieurs reprises. Mais ces dernières leur auraient répondu que «nous ne pouvons pas placer des obstacles sur cette route car il y a des cyclistes qui l?empruntent souvent.»
Un autre habitant déclare, lui, avoir été témoin d?un accident pas plus tard que vendredi impliquant un piéton et un autobus. «J?approuve la colère des habitants», lance, pour sa part, une femme âgée d?une cinquantaine d?années. Elle est propriétaire d?un appartement à Tamarin et s?est installée à Maurice il y a 10 ans. Elle affirme avoir écrit plusieurs fois au poste de police de Rivière-Noire. «Mais cela n?a abouti à rien jusqu?à ce jour.»
<B>«Pas à l?abri, même sur le trottoir»</B>
Notre interlocutrice soutient aussi avoir peur de marcher sur la route. «Même les piétons qui sont sur le trottoir ne sont pas à l?abri.» Elle aussi parle d?accidents qui se sont produits «sous ses yeux».
Les habitants de Tamarin font donc appel aux ministres qui «se sentent concernés par la sécurité des gens plus que les cyclistes qui empruntent la route de Rivière-Noire».
La police explique, pour sa part, que la décision de placer des obstacles sur la route en question doit venir de la Traffic Management and Safety Unit du ministère. Elle ajoute qu?elle fait son travail et prend ceux surpris à faire des excès de vitesse en contravention. Elle concède d?ailleurs que les gens roulent vite sur cette route.
Entre-temps, le corps de la victime est toujours à l?hôpital. La police n?a pas encore pu entrer en contact avec des membres de sa famille. A la Gaulette, des Celestin qui croyaient avoir un lien de parenté avec la victime se sont rendus à l?hôpital pour l?identification. Mais ils se trompaient.
Philippe Celestin a été tué vers 16 heures dimanche. Il a été propulsé de l?autre côté d?un mur d?environ deux mètres. La Special Support Unit et la Special Mobile Force s?étaient rendues sur les lieux pour calmer les habitants en colère. La victime a rendu l?âme le même jour. L?autopsie, pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer, a attribué le décès à des multiples blessures.
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