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?Abuja : une vraie catastrophe !?

24 octobre 2003, 20:00

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?Les 8es Jeux d?Afrique d?Abuja ont été une bien horrible expérience?, affirment unanimement Laval Collet, Dolly Namasivayen et Jennifer Antou.

Ces derniers, contrairement à nos trois autres représentants à Abuja, à savoir Yannick David, Dolly Moothoo et Mike Mounawah, qui sont pensionnaires du Centre international africain, sont de retour depuis lundi.

Outre les problèmes de nourriture et de transport, les judokas mauriciens ont fait les frais du chauvinisme nigérian, à l?image de Laval Collet, le combattant des -66 kg.

Après avoir été battu en demi-finale par l?Egyptien Al Haadi, notre compatriote devait se retrouver en finale pour la troisième place. Face à lui se trouvait Iliya Amos, un combattant du pays hôte.

?Après environ trois minutes de combat, je l?immobilise au sol. Les officiels à la table sifflent la fin, je me relève confiant d?avoir remporté le bronze. Car, après avoir bloqué mon adversaire pendant 28 secondes au sol, je devais logiquement marquer par un ippon. Mais à mon grand étonnement, l?arbitre central devait me demander de continuer à combattre. Je proteste mais il devait affirmer que selon les officiels, l?immobilisation au sol n?a duré que 24 secondes. Comme il n?y a pas de tableau d?affichage, j?ai dû poursuivre mais ce qui est certain, c?est que les officiels avaient sifflé l?arrêt du combat?, lance Laval Collet.

Après ce premier incident, les choses devaient se passer très vite : ?Dès que nous avons repris le duel, je devais écoper de trois pénalités supplémentaires et j?ai été rapidement éliminé?, poursuit-il, certain d?avoir été désavantagé.

Après que l?arbitre central a déclaré le Nigérian vainqueur, Laval campa sur le tatami pendant quelques secondes en signe de protestation. ?J?ai également expliqué à l?entraîneur national, Joseph Mounawah, que le combat était truqué. Mais ce dernier m?a répondu qu?il n?allait créer aucun scandale...?, déclare-t-il. La déception est d?autant plus grande puisqu?il a raté de peu le bronze. ?Pour moi, la médaille de bronze m?a été volée. Cette finale pour la troisième place, j?aurai dû la gagner par immobilisation au sol. Mais les Nigérians en ont décidé autrement?, avoue le judoka.

Laval Collet n?a pas été l?unique combattant étranger à pâtir du patriotisme fanatique des Nigérians. Henriette Moller, une Sud-Africaine, s?estimant lésée par la décision des arbitres en -63 kg, devait protester. C?est alors que le public se mit à envoyer des sièges sur le tatami. ?Les organisateurs ont dû arrêter la compétition. Les judokas qui s?échauffaient se sont alors mis à l?abri. Je n?ai jamais eu aussi peur de ma vie?, assure la judokate des -63 kg, Dolly Namasivayen.

Problèmes de visa

Quant à Jennifer Antou, elle affirme que ce n?est pas que du côté nigérian qu?il y a eu des lacunes mais également du côté des autorités locales. ?Avant notre départ, le ministre des Sports nous avait promis que tout allait bien se passer, mais lors de notre transit à Londres nous avons eu des problèmes de visa et nous avons dû dormir à l?aéroport?, relate la judokate des -70 kg.

Cette dernière, après avoir été battue par la Camerounaise Christelle Okodombé au premier tour, devait se retrouver face à la Nigériane Loverth Ilekhaine. ?Le duel a été disputé jusqu?au golden time. Après une minute de lutte, j?ai perdu. Je ne sais pas comment. Après une attaque, la Nigériane s?est retrouvée à genoux et pourtant inexplicablement, c?est elle qui a été déclarée vainqueur?, explique-t-elle.

Cette médaille aux Jeux d?Afrique, Laval la voulait pour le village de Bambous et pour le ministre des Sports, Ravi Yerrigadoo, et les membres du Comité national olympique mauricien (CNOM): ?Ces gens m?ont soutenu dans les moments difficiles, je voulais leur faire honneur mais malheureusement...?

Néanmoins, le judoka des -66 kg peut être fier de lui. Sans préparation, il a gagné deux combats et a disputé la finale pour la médaille de bronze.

Après la polémique qu?avait soulevée sa non-qualification au profit de Yannick David, son intégration dans la sélection n?a pas été bien reçue. ?Dans le giron, on m?a accusé d?avoir accaparé la place de Yannick David. Et à Abuja, je n?ai pas été bien accueilli par Mike Mounawah et Yannick David. J?ai dû alors faire preuve d?une grande force psychologique pour surmonter cette épreuve et me concentrer sur la compétition. Et je suis content de moi. Contrairement à certains, je ne me suis pas fait laminer sur le tatami comme un débutant?, dit-il.

Qui plus est, le judoka n?avait pas eu de préparation adéquate. ?Cette année, mon objectif était les JIOI. Après les JIOI où je me sentais très fort, j?ai commencé à penser aux Jeux d?Afrique. Mais dès la première séance d?entraînement, Joseph Mounawah m?avait informé que je n?irai pas à Abuja. Découragé, je m?entraînais sans but. Et si jamais cela avait été autrement, je persiste à croire que j?aurais sûrement disputé la finale?, dit Collet non sans une pointe de regret.

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