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Ablation suspecte

25 août 2006, 00:00

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On a annoncé tout récemment qu?on avait découvert en Chine tout un cimetière d?eunuques datant de plus de 500 ans et cela sur un terrain en cours d?aménagement pour les futures épreuves de tir des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Tout cela a été communiqué par une porte-parole du Bureau des vestiges culturels, ce qui est surprenant puisqu?un vestige de la plus grande impotence a disparu sans laisser de traces.

J?ai réfléchi à la chose en caressant distraitement une barbiche dubitative et comme je ne crois pas tout ce que je lis, je me suis posé deux questions. La première, que j?espère pertinente, est celle-ci : comment, en présence de ces sépultures, de ce boulevard-ossements, peut-on déterminer qu?il s?agit bien de fidèles castrés alors que la matière première fait défaut ? Deuxièmement, les eunuques ont-ils une pose spéciale dans leur dernier sommeil ou y a-t-il un agencement méthodique de leurs abats qui permet de dépister certaines particularités impalpables et invisibles à l?oeil nu.

Il paraît qu?en reculant de cinq siècles, on tombe ping sur la dynastie Ming suivie elle-même de l?époque Tsing, ce qui, mis à part une concordance d?onomatopées, ne vient en rien résoudre le problème épineux auquel font face les passionnés d?anatomie comparée.

En tâtant plus à fond le sujet, dictionnaires et encyclopédies à l?appui, j?ai trouvé que les eunuques égyptiens, fonctionnaires hors pairs, occupaient de très hautes fonctions à la cour des pharaons tout comme leurs homologues chinois, hommes de confiance ayant à charge l?administration de la maison impériale. Par contre, dans d?autres pays, ce titre désignait les gardiens du sérail qui jetaient un oeil nostalgique et concupiscent sur le harem et on peut en déduire que le prince se méfiait autant de ses femmes que de son majordome puisqu?il avait rendu inoffensif cet anoure d?homme.

J?ai décidé ensuite de prendre le pouls de la Faculté car je ne jure que par elle (et souvent copieusement) et je me suis heurté à une perplexité générale. Ce fut, si je peux m?exprimer ainsi, une triste débandade, aucun des médecins consultés, bien qu?ils fussent tous spécialistes en quelque chose, ne paraissant être un expert dans la région sud du nombril ou même être partie prenante de ce lieu.

Je n?ai quand même pas osé me frotter aux gourous de sexologie ou de sexe au logis, ce qui fait, comme on dit dans les comités, que la question est restée pendante. Mon seul recours restait donc Internet qui a réponse à tout. J?ai eu quelques numéros de téléphone rose, deux demandes en mariage, de bonnes adresses que j?ai ajoutées à mon palmarès essoufflé et de moins en moins glorieux, mais de renseignements sur cette hiérarchie de voyeurs officiels pas un atome, même piètrement crochu.

En fin de compte, j?ai résolu, quitte à passer pour un révolutionnaire à retardement, de ne pas ajouter foi à cette nouvelle, préférant attendre l?érection du stade olympique avant de soulever le voile qui recouvre ce mystère, objet de toutes les curiosités. La seule chose qui me préoccupe c?est que la responsable de l?administration du tir chinois a déclaré que les tombes étaient situées dans un champ qui sera dévolu au ball-trap. Un peu tard pour le tir au pigeon, vous ne trouvez pas ?

Volcy

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