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Aarti Chambria femme intense

23 avril 2004, 20:00

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Sur un plateau de tournage, il faut être présente et intense. Aarti Chambria possède ces qualités. Jonglant à la fois avec le cinéma bollywoodien et celui du Sud de l?Inde, réputé plus intimiste et plus indépendant, l?actrice de vingt-et-un ans, se donne les moyens d?être à la hauteur. La caméra, elle l?apprivoise depuis qu?elle a trois ans. Un apprentissage décisif qui lui a permis très jeune de découvrir sa voie.

Aujourd?hui, actrice est pour elle un métier à plein temps. Son baptême de feu, elle le doit à Vikram Bhatt, le réalisateur de Awara Paagal Deewana, qui lui permet de tenir le sommet de l?affiche, aux côtés d?Akshay Kumar et de Sunil Shetty. Mais c?est surtout à Raj Kumar Santoshi, le réalisateur de Lajja, qu?elle doit son immersion à Bollywood.

Certes, elle y tenait un petit rôle, mais elle a eu le privilège de voir son nom aux côtés de grandes pointures de Bollywood : Madhuri Dixit, Rekha et Mahima Choudhary. Une affiche des plus prestigieuses qui conforta son choix pour la comédie. Comme le cinéma indien fait la cour à de très jolies filles, Aarti Chambria a eu toutes ses chances.

La Miss India Worldwide 2000 a de la volonté. Après ses débuts salués par les critiques, la jeune femme enchaîne avec Tumse Aacha Kaun Hai, auprès d?une autre débutante, l?actrice Kim Sharma, avant de jouer dans Raja Bhaiya, aux côtés de Govinda.

Du coup, la jeune femme laisse tomber le tournage de vidéo clips pour le compte d?Harry Anand ou d?Adnan Sami. Elle ferme également les pages de sa vie de top-model pour se concentrer sur sa carrière d?actrice. La meilleure école pour apprendre la comédie, c?est pour elle l?école de la vie. Elle imite ceux qui croisent son chemin et clame haut et fort : «I?m a very good observer and a damn good listener.»

<B>«Etre jolie n?ouvre pas toutes les portes»</B>

L?actrice dégage. D?abord, son regard vert, auréolé par des cils interminables. Des cheveux magnifiques, impeccablement coiffés et un sourire plein de fraîcheur, Aarti Chambria, attire les regards. Après s?être débarrassée de son haut rose et de sa jupe en jean, contre une robe orange qui sied bien à son teint de pêche, elle paraît tout à coup comme montée sur piles électriques. Alors que quelques minutes plus tôt, elle nous avouait en toute honnêteté, qu?elle était très fatiguée.

Pressée par les directives de Mukesh Oodassy, le réalisateur, qui voulait changé de plan, Aarti Chambria fait la moue. «I have not said my lines!» Contrainte de suivre le rythme imposé, elle se plie aux exigences du réalisateur, avant de regagner la chaise mise à sa disposition.

La foule de badauds agglutinée à côté d?un célèbre restaurant du Caudan Waterfront, ne semble nullement la perturber.

Pendant que l?Océanie, un bateau à moteur, fait sa ronde dans la rade, une jeune fille se détache de la foule pour solliciter un autographe. Cette dernière, visiblement culottée, lui demande de décliner son identité. Aarti Chambria s?exécute, le sourire un peu forcé.

Quelques longues minutes plus tard, la jeune actrice n?arrive pas à cacher sa surprise devant l?évocation précise qu?on lui fait au sujet de sa carrière. «Les réalisateurs du Sud sont plus exigeants. Le travail est plus rigoureux. Il faut être plus concentré, plus technique. Les répétitions avant le tournage sont souvent très longues. Il faut absolument éviter d?être en retard sur le tournage, sinon on se fait taper sur les doigts. Ce n?est pas le cas à Mumbai !» confie-t-elle dans un éclat de rire. Le plus dur pour elle dans le Sud, c?est la langue. Pour surmonter ce «handicap», l?actrice se met à articuler plus lentement, afin de bien comprendre chaque mot et chaque phrase qu?elle énonce à l?écran.

Loin d?être sirupeuse dans ses propos, l?actrice ne minaude pas. Pourtant, elle pourrait se le permettre. Son titre de Miss India Worldwide, titre honorifique, décerné par l?India Festival Committee, à la femme qui représente le mieux la diaspora indienne, qu?elle a décroché à seize ans, ne lui est pas monté à la tête. Au contraire. «C?est une publicité non-négligeable, mais ça n?ouvre pas toutes les portes,» se défend-t-elle. «It was a learning experience,» explique-t-elle tout simplement.

Actrice, c?est pour elle une vocation. Un chemin tortueux, que seul le travail permet de franchir sans peine. «I believe the faster you go up, the faster you come down.» Aarti Chambria a réussi à transformer son rêve de devenir actrice en réalité. La pratique de la danse classique lui permet de gérer son stress et à être plus à l?aise pour les chorégraphies. «Nous avons presque terminé les scènes, il ne reste qu?à peaufiner les chorégraphies,» explique-t-elle.

Un exercice plutôt simple, pour une actrice habituée à rester concentrer pendant de longues heures.

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