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60 % des Français jugent les élus corrompus

20 octobre 2006, 00:00

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Les crises politiques sont presque toujours précédées d’une période empoisonnée : la certitude, répandue au coeur même du peuple, que le système est corrompu et ses dirigeants “pourris”.

Est-ce le cas de la France d’aujourd’hui ? L’émergence, depuis la fin des années 1980, des “affaires” et de scandales politiques impliquant la droite comme la gauche a renforcé une partie grandissante des citoyens dans leur défiance à l’égard du personnel et des institutions politiques. Cela paraît une évidence. Mais jamais, pourtant, on avait mesuré cette “sape” qu’exerce sur la démocratie le sentiment que ses représentants sont plus ou moins corrompus.

Le Centre d’études de la vie politique française (Cevipof) s’y est attelé et a réalisé, sous la direction de Pierre Lascoumes, une enquête, qu’il a choisi de rendre publique aujourd’hui, lors d’un colloque intitulé “Démocratie et corruption. Tous corruptibles ?”. Mené sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes et accompagné d’une enquête monographique dans la commune de Béthune (Pas-de-Calais) – dont le maire, Jacques Mellick, condamné pour faux témoignage dans l’affaire VA-OM a été ensuite réélu –, ce travail tente de “mettre en relation le système de valeurs des personnes enquêtées et leur conception de la politique avec leurs opinions sur la corruption et les atteintes à la probité publique”.

Ce qui frappe, tout d’abord, c’est l’ampleur de la défiance. 60 % des personnes interrogées estiment en effet que “les élus et les dirigeants politiques sont plutôt corrompus”, alors qu’elles n’étaient que 38 % en 1977 et 55 % en 1990. Les avis sont aussi plus tranchés qu’il y a trente ans. 30 % des sondés restaient “sans réponse” à cette question, en 1977, ils ne sont que 5 % aujourd’hui. Un tiers estiment aussi qu’il y a plus de corruption qu’auparavant. Plus de deux tiers considèrent que le niveau de corruption est élevé dans les principales institutions politiques : 77,9 % au gouvernement, 69,1 % à la présidence de la République et 68 % chez les députés.

Le reste de l’enquête montre cependant une relation bien plus ambivalente qu’il n’y paraît sur la définition même de la corruption.

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