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Elections en Thaïlande : ultimes démonstrations de force des partis avant le vote
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Elections en Thaïlande : ultimes démonstrations de force des partis avant le vote
L'heure du bouquet final en Thaïlande : les principaux partis ont rassemblé vendredi leurs soutiens par milliers, avant les élections législatives de dimanche pour lesquelles l'opposition est favorite face au camp conservateur proche des militaires et au pouvoir depuis neuf ans.
Tous ont donné rendez-vous dans la capitale Bangkok pour une ultime démonstration de force, en conclusion d'une campagne qui a ravivé les divisions au sein du royaume.
Les sondages propulsent l'opposition réformiste, avec à sa tête le mouvement Pheu Thai associé à la richissime famille Shinawatra, loin devant le Premier ministre sortant Prayut Chan-O-Cha, au pouvoir depuis un coup d'Etat en 2014 et soutenu par les élites traditionnelles.
Le gouvernement sortant suscite un rejet croissant, entre conjoncture économique en berne et recul des libertés fondamentales, qui devrait pousser les 52 millions d'électeurs à se rendre en masse aux urnes, selon des experts interrogés par l'AFP.
Mais le système électoral, jugé favorable aux militaires qui l'ont concocté, contraint l'opposition à remporter un raz-de-marée électoral, un scénario difficile à réaliser qui pourrait limiter la portée de l'alternance attendue.
Devant environ 10.000 spectateurs réunis dans une salle de Nonthaburi, dans le nord de Bangkok, Pheu Thai a organisé un show pour le retour sur scène de sa favorite, Paetongtarn Shinawatra, moins de deux semaines après son accouchement.
La fille du milliardaire Thaksin Shinawatra, qui fut Premier ministre et vit actuellement en exil afin d'échapper à une condamnation pour corruption, a effectué une entrée de rock star, aux côtés de l'autre candidat du parti, Srettha Thavisin.
L'opposition «trop extrême»
Portant une veste rouge, la couleur du mouvement, l'héritière du clan qui divise la vie politique thaïlandaise depuis plus de vingt ans, a affiché un grand sourire devant une foule bruyante.
«Prayut, il devrait avoir honte de lui. Neuf années ont passé et qu'est-ce qui s'est amélioré en Thaïlande ?», lance Potjanee Chawattachai, une femme au foyer âgée de 60 ans et soutien de longue date de Pheu Thai.
Bien que novice en politique (36 ans), Mme Paetongtarn, surnommée «Ung Ing», domine la plupart des sondages de popularité, devant l'autre visage de l'opposition, Pita Limjaroenrat (42 ans), de Move Forward.
Son parti, qui se veut le porte-voix de la nouvelle génération, défend une réécriture de la Constitution qu'elle trouve rédigée à l'avantage de l'armée et de la monarchie, un point qui lui vaut des attaques récurrentes du camp conservateur.
Prayut Chan-O-Cha a fait campagne en vantant son expérience, synonyme de stabilité, selon lui, dans une période de crises, entre pandémie et manifestations pour la démocratie de 2020.
L'ancien général a réuni ses troupes du parti de la Nation thaïlandaise unie (UTN) dans un palais des congrès, où il avait accueilli un sommet des Etats de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) en novembre dernier.
«La Thaïlande doit changer graduellement, pas drastiquement. Les politiques des partis d'opposition sont trop extrêmes», assure Nittaya Boonmalert, une femme au foyer âgée de 61 ans, présente au rassemblement.
Pas de putsch
Le système électoral oblige l'opposition à décrocher une vaste majorité à l'Assemblée nationale (500 députés) pour contourner le poids du Sénat (250 sénateurs) dont les membres sont nommés par l'armée et qui participe également à la désignation du Premier ministre.
Ce mécanisme, jugé partial par les organisations de défense des droits humains, assure à l'armée «une avance non négligeable qui a déjà été payante aux élections de 2019», qui ont légitimé le pouvoir de M. Prayut, rappelle Eugénie Mérieau, enseignante-chercheuse à l'Université Paris 1.
L'armée, autoproclamée gardienne des institutions, a promis de ne pas s'ingérer dans le processus.
La défaite attendue de l'ancien général a réveillé le spectre d'un putsch militaire, fréquent dans un royaume qui en a connu une douzaine depuis la fin de la monarchie absolue en 1932.
Le terme de coup d'Etat «doit être supprimé du dictionnaire», a insisté jeudi le commandant en chef de l'armée, le général Narongpan Jitkaewthae.
M. Prayut avait manoeuvré en 2014 pour renverser Yingluck Shinawatra, la nièce de Mme Paetongtarn. Le précédent putsch remontait à 2006, visant alors Thaksin Shinawatra, son père.
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