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MASA: les artistes votent

10 juillet 2022, 07:12

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MASA: les artistes votent

Aujourd’hui, c’est jour d’élections à la Mauritius Society of Authors (MASA). Dans l’après-midi, on saura qui sont les six membres élus qui représenteront les artistes au conseil d’administration de la société des droits d’auteur. La septième voix des artistes au board est déjà connue. Il s’agit de Jimmy Veerapin, producteur du groupe Anonym, directeur de Culture Events. Il a été élu d’office dans la catégorie éditeur de musique, faute de concurrent. 

C’est surtout la catégorie des auteurs, compositeurs et performeurs qui retient l’attention. C’est celle où il y a le plus de candidats. Ils sont huit en lice. Une seule femme est en course dans cette catégorie : Jasmine Toulouse-Olivier. Sa particularité : elle a l’expérience des élections générales. L’artiste est une candidate mauve, battue aux législatives de 2019 dans la circonscription n°14 (Savanne-Rivière-Noire), face à l’artiste et animatrice aujourd’hui députée de la majorité, Sandra Mayotte. C’est la première fois que Jasmine Toulouse-Olivier est candidate aux élections de la MASA. 

Comment se déroule la campagne ? Plusieurs artistes-candidats sont actifs sur les réseaux sociaux, notamment sur leur page Facebook. Jasmine Toulouse-Olivier y est plus discrète, préférant envoyer des messages en inbox. 

La difficulté : tous les membres de la MASA n’ont pas le droit de vote. Seuls les full fledged members peuvent s’exprimer lors de ce scrutin qui a été renvoyé pendant un an. Conséquence : sur environ 4 000 membres de la MASA, c’est environ 500 full fledged members qui peuvent voter. L’une des règles pour être full fledged member est que l’artiste doit avoir touché des royalties de plus de Rs 50 00 lors de deux distributions. «Je suis passée par une élection générale où il y a des registres électoraux, qui permettent d’organiser une campagne. Quand j’ai demandé à la MASA un registre de ceux qui votent, on m’a dit : ‘bizin tras-trasé’», affirme Jasmine Toulouse-Olivier. Elle souligne que de nombreux artistes, «surtout les vétérans», ne sont pas sur les réseaux sociaux. «Comment les contacter pour leur faire part de nos idées ? C’est dommage que les candidats n’aient pas accès à la liste des artistes-électeurs pour faire campagne.» 

Pire, il y a des membres de la MASA «qui ne savent pas s’ils peuvent voter ou pas à ces élections», affirme Jasmine Toulouse-Olivier. Selon elle, «dans le flou, plusieurs artistes ne vont pas se déplacer». Et risquer de s’entendre dire qu’ils ne sont pas des full fledged members, une fois arrivés au siège de la Commission électorale, 5e étage, Max City Building, angle des rues Remy Ollier et Louis Pasteur à Port-Louis, là où se déroule le scrutin, aujourd’hui, de 10 heures à 13 heures. Alors qu’avec un petit nombre d’artistes-électeurs, une élection peut se jouer à une ou deux voix d’écart. «C’est l’une des choses que le nouveau board devrait revoir». 

Dans cette catégorie d’auteurs, compositeurs, performers, face à Jasmine Toulouse, il y a l’artiste-producteur Bruno Raya. Pour lui, la campagne est «très simple. Si bann artis trouvé momem sa lion ki kapav al grif bann dimounn ki pé fer démagozi-la, vot pou mwa». 

Autre candidat, même catégorie : un DJ qui se présente pour la première fois aux élections de la MASA : Roshan Boolkah. Son nom de scène, DJ Master Krazy. What’s in a name? À 46 ans, il est DJ «professionnel» depuis plus de 25 ans. «À Maurice, quand on dit DJ, il y a une confusion. Dimounn pans zwé lamizik dan maryaz. Or, DJ, c’est un métier, il faut montrer que nous existons.» 

Son programme électoral : numériser la MASA qui «ankor pé ékrir lor ti-papié». Un autre DJ-producteur est candidat aux élections. Jimmy Gassel se présente dans la catégorie «other works». Il était déjà candidat en 2018. 

De son côté, le comédien Alexandre Martin n’est pas là pour fer riyé. Pilier de la troupe des Komiko, il est candidat aux élections dans la catégorie audiovisuel/ théâtre. Il aimerait bien faire son come-back au board de la MASA. Car, en 2011, Alexandre Martin avait été élu, mais avait démissionné trois mois plus tard, pour protester contre le maintien au board d’alors de l’un des membres, poursuivi pour piratage. 

Pourquoi souhaite-t-il revenir ? «Les comédiens, la catégorie audiovisuelle ne sont pas représentés comme il le faut.» En clair, la voix des performing artists (comédiens, danseurs, etc.) est noyée par celle des artistes de la catégorie musicale, qui est majoritairement représentée à la MASA. «Les droits à l’image des comédiens ne sont pas suffisamment protégés.»

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