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Obituaire: Jacques Rivet, un marathonien de la presse termine sa course

12 avril 2022, 14:00

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Obituaire: Jacques Rivet, un marathonien de la presse termine sa course

Son tour de piste a pris fin le dimanche 10 avril. Jacques Rivet, directeur général du groupe Le Mauricien, s’en est allé. Après 65 ans de bons et loyaux services au sein de la presse mauricienne. Il avait 81 ans. 

Durant sa carrière, Jacques Rivet a fondé Week-end. Y donnant régulièrement des Coups de bec… dans l’eau, dans la chronique qu’il animait. Il avait donné une plateforme à la culture et à la jeunesse dans Week-end Scope, aujourd’hui Scope. Il était aussi le directeur de Turf Magazine. 

Le journaliste Jean-Claude Antoine témoigne : «Jacques Rivet a été le dernier grand patron de la presse mauricienne, dans le sens entier et noble du terme. Il pouvait non seulement administrer un organe de presse – avec ce que cela comporte comme gestion de problèmes financiers, techniques, de réactions aux différentes formes de censure et la susceptibilité des journalistes –, mais il savait aussi fabriquer, et avec quel talent, un journal. Il était capable de participer à chacune des nombreuses étapes, de l’écriture à l’impression et il le faisait avec une passion communicative, qu’il a transmise à plusieurs générations de journalistes. Jacques Rivet manque déjà à ceux qui, comme moi, ont eu le privilège d’apprendre le métier de lui.» 

Jacques Rivet a repris le flambeau, pour garder vivant, vaille que vaille, l’héritage de son père, Raoul Rivet, qui avait dirigé Le Mauricien de 1922 à 1957. 

À l’occasion de ses 60 ans de carrière en 2017, c’est après qu’on lui a «forcé la main» que Jacques Rivet s’était confié dans les colonnes de Week-End. Revenant sur ses premiers pas, à 17 ans, au Mauricien, le 11 décembre 1957, «moins de deux semaines après le décès de son père, après avoir délaissé le Collège du St.-Esprit». Il n’avait pas débuté que comme journaliste, mais aussi comme photographe, une longue carrière qu’il avait lui-même résumée ainsi : «On se souviendra peutêtre de moi comme d’un simple artisan de presse.» 

Une mémoire de Port-Louis et de la rue St-Georges. Sonné comme tant d’autres par la disparition des maisons coloniales et de la fermeture des théâtres municipaux, il avait écrit : «Quant aux nostalgiques du Ward IV, ils n’auront d’autre choix que de lire et relire encore Carl de Souza (La maison qui marchait vers le large) ou se rabattre sur le fameux poème et célèbre coup de gueule d’Edouard Maunick : Ki kote lamer…» 

Et si on l’écoutait ?


L’express présente ses plus vives sympathies aux proches de Jacques Rivet et à nos confrères du groupe Le Mauricien.

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