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Importation de poissons des Seychelles: «Tou dan ou lame mo bourzwa»

5 mars 2022, 17:15

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Importation de poissons des Seychelles: «Tou dan ou lame mo bourzwa»

Le poisson bourgeois est un mets de premier choix. Si jusqu’ici, la vente de ce poisson – uniquement les cargaisons importées des Seychelles – n’était autorisée que dans les hôtels, le Conseil des ministres a décidé de modifier les règlements pour en donner accès au grand public.

Ce plat de choix était jusque-là réservé aux hôtels. Avis aux gourmets. Vendredi dernier, 25 février, le Conseil des ministres a annoncé que les règlements concernant l’importation du poisson bourgeois des Seychelles seront amendés. Pour rendre possible la vente au grand public. Résultat d’une forte demande sur le marché local. C’est aussi ce que confirme une source autorisée au ministère de la Pêche.

Le poisson bourgeois, c’est du premier grade, souligne pour sa part Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs. À tel point qu’aux Seychelles – le pays exportateur – le bourzwa ou red snapper est victime de surpêche. La demande est si forte qu’en février 2020, les autorités seychelloises ont envisagé d’interdire l’exportation de ce poisson. L’objectif était de rendre ce produit plus accessible sur le marché seychellois. Mais quelques mois plus tard, les autorités de l’archipel se sont ravisées et il n’y a pas eu d’interdiction de l’exportation du bourzwa.

Le prix de ce poisson prisé reste une réelle préoccupation, y compris chez nous. Les «Special conditions for the import of bourgeois fish from Seychelles, Second Schedule, The Fisheries and Marine Ressources Act» de 2004 stipulaient que ce poisson ne serait vendu qu’aux hôtels de Maurice. Les importateurs devaient alors fournir une liste des hôtels approvisionnés en bourgeois aux autorités. Maintenant que le Conseil des ministres a décidé d’ouvrir la vente au grand public, Judex Rampaul s’exclame : «Eski tou dimounn pou kapav aste bourzwa ?» Il précise : «Pour une famille de quatre personnes, il faut environ trois livres de poisson. Le bourzwa tourne autour de Rs 250 à Rs 300 le demi-kilo, ou Rs 500 à Rs 600 le kilo. Estce qu’une famille au bas de l’échelle va acheter pour Rs 1 000 à Rs 1 400 de poisson pour un repas ?» Il ironise: «Li preferab fer enn ti rougay snoek ek inpe lanti.»

Bien qu’il figure sur la liste des poissons toxiques, le poisson bourgeois (nom scientifique Lutjanus Sebae) était déjà une commodité importée contrôlée. Le Conseil des ministres indique que des conditions additionnelles devront désormais être respectées pour l’importation de ce poisson.

Le cadre légal existant depuis 2004 pour le poisson bourgeois précise que ce produit n’est pas considéré comme toxique s’il a été pêché dans la zone économique exclusive des Seychelles. Selon les règlements de 2004, il fallait une autorisation écrite du secrétaire permanent du ministère de la Pêche pour importer ce produit. Chaque cargaison devait être accompagnée d’un certificat des autorités sanitaires du pays d’origine, c’est-à-dire les Seychelles. Un échantillon du poisson devait aussi être testé en laboratoire, notamment pour certifier l’absence de salmonelle. Les règlements déjà existants stipulaient également que le délai entre le moment où le bourgeois est pêché et le moment où la cargaison est débarquée à Maurice, ne doit pas dépasser sept jours.

Le président du Syndicat des pêcheurs souligne qu’il ne faut pas confondre le bourzwa pêché aux Seychelles avec celui pêché dans les bancs (Saya de Malha, Nazareth, Soudan, St-Brandon, Chagos) de nos eaux territoriales. «Chez nous, ce poisson est toxique, celui des Seychelles est comestible. Kot nou li manz bann move zafer, lerla li fer ou soule.»

Diverses études scientifiques – notamment de l’Albion Fisheries Research Centre – indiquent que les intoxications sont causées quand le poisson a consommé une micro-algue présente dans les récifs coralliens. Cet empoisonnement alimentaire porte le nom de ciguatera. Il cause des symptômes variés allant des nausées, vomissement, diarrhées, aux faiblesses, maux de tête. Des formes plus graves ont aussi été observées.

Ces poissons toxiques

Les Fisheries and Marine Resources (Toxic Fish) Regulations dressent la liste d’une vingtaine d’espèces impropres à la consommation. On y trouve le barracuda, plus connu comme le «tazar lisien», le boule tangue, la carangue si elle a été pêchée ailleurs que dans les bancs. Il y a plusieurs types de vieilles: bambara ou vieille plate, la vieille babonne (si elle pèse moins de 3 kg non éviscérée), la vieille loutre, la vieille cuisinier. Les oursins sont aussi sur la liste. Tout comme le laffe ou encore la tortue à bec de faucon.

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