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Filoumoris: quatre ans d’existence et un avenir incertain
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Filoumoris: quatre ans d’existence et un avenir incertain
Une note d’humour, beaucoup d’amour pour la musique. Le site Filoumoris qui recense le patrimoine musical de l’océan Indien a fêté ses quatre d’existence hier. À cette occasion, l’infatigable créateur de ce site Web qui permet d’écouter – mais pas de télécharger – de la musique, l’ingénieur du son Philippe de Magnée a égrené le Top 20 des titres les plus écoutés sur Filoumoris.
«Il n’y a rien à gagner», a-t-il indiqué. Si ce n’est des souvenirs, des (re)découvertes et un panorama des créateurs qui font exister la musique mauricienne. Son hit-parade montre que la première place des artistes les plus écoutés sur le site reste l’indétrônable Kaya. Suivis – dans le désordre – de Nuvel vision de Ras Natty Baby et les Natty Rebels, de Krapo Kriye du Grup Latanier, ou encore Casse Cabine des Windblows.
En quatre ans d’existence, le site est passé, d’environ «130 à 1025 artistes», s’enthousiasme Philippe de Magnée. Cela, grâce à tous les collectionneurs «partout dans le monde». Mais aussi avec la contribution, des artistes eux-mêmes qui veulent figurer sur le site.
Le samedi 11 décembre par exemple, le site qui parle de patrimoine mais qui colle aussi à l’actualité musicale mettait à l’honneur Mama Dife, l’album de Mélanie Pérès. «Le producteur m’a déjà prévenu de la sortie de l’album il y a de cela deux semaines». Mais attention, prévient le créateur du site, sa philosophie n’est pas de proposer «tout ce qui sort». Filoumoris étant davantage porté vers la chanson engagée et moins vers ce qui est purement commercial.
D’autres artistes n’ayant plus d’actualité musicale, «ou qui n’ont plus de producteur» se tournent aussi vers le site «avec des albums qui n’ont pas encore été réédités sur les plateformes de téléchargement». D’où toutes 3354 CD, K7, 33 Tours, 45 Tours qui composent le répertoire du site. Ce qui fait un total de 17 000 titres. De ces 17 000 titres, «environ 10 000 sont soit inédits, souvent des enregistrements live que j’ai faits à l’époque ou que des amis m’ont envoyés ou qui avaient disparu. Tous ces albums qui n’ont pas été réédités en format numérique».
Quatre ans après sa création, Filoumoris n’est pas encore sûr de son avenir. Philippe de Magnée bénéficie depuis deux ans du soutien de l’association réunionnaise Kreol Art d’Arnaud Bazin, «un collectionneur et chroniqueur à RFO». «Cela permet de payer les frais liés au site, notamment son hébergement.» Si du côté financier, l’ingénieur du son se dit «plus tranquille» parce qu’auparavant il puisait de sa poche, la pérennité du site est toujours en suspens. Ce n’est pas faute d’avoir fait le tour de plusieurs institutions à Maurice et à La Réunion. «J’ai 67 ans, malgré mes trois doses, je ne suis pas à l’abri du Covid-19. Si je meurs demain, six à huit mois après le site court le risque de disparaître puisque je suis celui à avoir les clés du site. Mais à chaque fois, on m’a dit que le site, c’est une belle idée, mais qu’il n’y a pas de budget pour ça.»
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