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400 ouvriers au chômage technique

25 novembre 2005, 20:00

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Le feu s?était déjà propagé dans toute l?usine, lorsque les pompiers sont arrivés sur le site de Prosimex Industrial Co Ltd à Centre-de-Flacq, vers 3 heures, hier matin. La violence des flammes était telle qu?ils ont mis plus de trois heures pour en venir à bout. Et lorsque les ouvriers arrivent au travail, la consternation se lit sur leurs visages : la direction leur explique qu?elle est contrainte de les mettre au chômage technique. Ils sont 400 à être concernés.

Ils n?ont alors d?autre choix que de rentrer chez eux, d?autant que les pompiers sont en encore à pied d??uvre dans les locaux del?unité de production de t-shirts et que la police a ouvert une enquête afin de déterminer les causes de l?incendie.

L?intérieur de l?usine, situé au premier étage d?un bâtiment de la zone industrielle, témoigne de l?intensité de l?incendie. Pour péné-trer à l?intérieur, les pompiers ont dû enfoncer les portes cadenassées. Les vitres ont volé en éclats et entre les murs noircis, traînent des documents réduits en cendres et des monticules de tissus calcinés, des lambeaux de t-shirts dont on devine à peine les coloris d?origine. Tout le stock ? toile, aussi bien que produits finis déjà empaquetés dans des boîtes de carton et prêts pour l?exportation ? est parti en fumée, tandis que la chaîne de production n?est plus qu?un amas de ferraille.

Les membres de la direction de l?usine se sont rendus sur place, hier, pour un constat de la situation mais les dégâts n?ont pas encore été évalués. Après quoi, elle a demandé aux ouvriers de se présenter dans la cour de l?usine lundi pour être informés de la marche à suivre. Mais d?ores et déjà, la direction a proposé, à ceux qui le souhaitent, un transfert dans deux autres unités du groupe Prosimex, à Riche-Terre et à Lallmatie. A hier, une trentaine avait accepté l?offre.

Ils craignent tous de perdre leur emploi, surtout à une période où ils accumulent des heures supplémentaires de manière à économiser pour les fêtes de fin d?année. «Pa kone ki pu ariv nu. Nu patron trait nu bien. Zame finn gagne problem lapay isi», déclare une ouvrière postée à l?usine depuis trois ans. A ses côtés, une collègue semble plus abattue. «Moi et mon mari nous travaillons ici. Comment allons nous faire pour rembourser nos dettes si la direction n?arrive pas à nous redéployer», s?interroge Sandrine, ouvrière comptant deux années de service. Deux autres ouvriers projetaient d?organiser leur mariage d?ici janvier avec les revenus découlant des heures supplémentaires et le boni de fin d?année. Un projet qu?ils appréhendent de devoir remettre à plus tard.

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