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Cour d’investigation du MV Wakashio: Flou sur le fioul

20 août 2021, 11:00

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Cour d’investigation du MV Wakashio: Flou sur le fioul

Le Divisional Scientific Officer, Devindranath Dindyal, posté au National Environment Laboratory (NEL) à Réduit, a été auditionné, hier, par la cour d’investigation sur les analyses de l’eau du lagon et de la qualité de l’air dans la région de Grand-Port après la marée noire. Selon lui, le 26 juillet 2020, lendemain du naufrage du MV Wakashio, le NEL du ministère de l’Environnement a mis en place un programme de surveillance du littoral et de l’eau de mer, sur quatre sites, notamment Pointe-Jérôme, Mahébourg et Blue-Bay. Il explique que cette surveillance a été revue le 6 août quand ils ont été informés qu’il y avait une possibilité que la coque s’éventre. «Le matin du 6 août, aucune huile n’a été détectée. Mais le 7 août il y a eu de l’huile dans le lagon à Pointe-Jérôme et Mahébourg. À partir du 6 août, la surveillance a été élargie à 27 sites.» Le témoin fait ressortir que sous le Coastal Water Quality Guideline, une certaine quantité d’huile et de graisse, soit 10mg par litre, est autorisée.

Devindranath Dindyal souligne que les membres d’équipage ont pris deux échantillons d’huile après le naufrage qui ont par la suite été collectés par la National Coast Guard. En ce qu’il s’agit du fioul, il explique qu’ils ont dû faire des arrangements auprès de l’opérateur du vraquier japonais, Mitsui O.S.K. Line, pour avoir des échantillons du fioul qui ont été envoyés à SEPA en Angleterre, en février dernier pour une empreinte du fioul. Selon lui, il y avait huit échantillons différents de fioul.«Les échantillons de fioul nous ont été livrés de Singapour par Mitsui. Nous n’avions pas eu d’échantillons de fioul venant du vraquie, seulement du lubrifiant.»  «Singapour peut vous envoyer n’importe quoi? (…) The proper course will be to get the oil from the ship, not from elsewhere», a fait ressortir alors le président de la cour, Abdurafeek Hamuth. La réplique de Devindranath Dindyal: «Nous avions des échantillons pris depuis la barge. Elle n’était pas nettoyée. Elle était utilisée pour le transport de la mélasse. Le fioul était déjà contaminé.» 

Selon les rapports de CEDRE en France et de l’Australian Maritime Safety Authority qui ont effectué une analyse de l’empreinte du fioul, l’hydrocarbure dans les sédiments sur le rivage et le fioul collecté sur le vraquier ont les mêmes propriétés chimiques. «The chemical profile was the same.» Une autre analyse du NEL est la qualité de l’air. Selon le Divisional Scientific Officer, un analyseur de gaz portable a été utilisé pour détecter des composés organiques volatils sur 34 sites sur une base journalière. «Il n’y avait pas de composé organique nocif dans l’air, sauf l’odeur qui a causé des désagréments aux habitants. Il est resté dans l’air jusqu'en octobre.»


Devendra Shibnauth, Principal Surveyor du Mauritius Hydrographic Service:
«Pour une faible profondeur, nous utilisons une fréquence plus élevée.»

 
Interrogé sur les levées hydrographiques, le Principal Surveyor du Mauritius Hydrographic Service, du ministère des Terres et du logement, Devendra Shibnauth, explique que cet exercice a eu lieu le 22 août, de 11 h 00 à 16 h 30, à Pointe-d’Esny autour de l’épave du MV Wakashio. La demande venait de Rogers Shipping pour les besoins du salvage. «Pendant les jours qui ont suivi nous avons traité les données et produit une carte bathymétrique et l'avont remise à Rogers Shipping aux fins de sauvetage.» Un multibeam echosounder a été utilisé pour détecter la profondeur des fonds marins. «Nous avons utilisé 420 kHz pour l’exercice car la profondeur de l’eau varie de 3m à 30 m. Pour une faible profondeur, nous utilisons une fréquence plus élevée. Cette fréquence n’affecte pas la vie marine.» 

<p>Devendra Shibnauth explique que le rayon couvert pour les essais bathymétriques étaient&nbsp;d&#39;environ<br />
	1km x 2km autour de l&rsquo;épave. À une question de l&rsquo;assesseur, Jean Mario Geneviève qui voulait savoir si ces tests avaient eu une incidence sur l&rsquo;échouement des dauphins Electre quatre jours après, le témoin répondra que basé sur le certificat du fabricant de l&rsquo;équipement, celui-ci n&rsquo;a pas provoqué cet incident. <em>&laquo;La fréquence utilisée est bien au-delà de la capacité auditive des dauphins.&raquo;</em>&nbsp;&laquo;<em>Est-il possible qu&rsquo;un des éléments&nbsp;était défectueux?&raquo;,</em> s&rsquo;est interrogé l&rsquo;assesseur. Le témoin a répliqué que si c&rsquo;était le cas, il y aurait eu un signal électronique.<br />
	&nbsp;<br />
	<strong>Marion de La Haye: &laquo;Vers 19 h 45, J&rsquo;ai vu d&#39;énormes lumières sur les récifs&raquo;</strong><br />
	&nbsp;<br />
	Cette directrice d&rsquo;agence immobilière était chez ses beaux-parents à Pointe-d&rsquo;Esny lors de l&rsquo;échouement du vraquier. <em>&laquo;Je suis sortie sur la plage. Il faisait nuit. Vers 19 h 45, on voyait au loin d&#39;énormes lumières&nbsp;sur les récifs. J&rsquo;étais surprise car c&rsquo;était tellement énorme.&raquo;. </em>Elle explique avoir fait deux appels à la NCG de Mahébourg. Le premier à 20 h 01. <em>&laquo;Je n&rsquo;ai pas eu l&rsquo;impression qu&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas au courant.</em>&raquo;&nbsp;Elle a fait un second appel à 20 h 10 car elle voulait s&rsquo;assurer que les officiers la prenaient au sérieux. <em>&laquo;Un autre agent m&rsquo;a dit qu&rsquo;effectivement, ils étaient au courant. Ils semblaient bien plus conscients de ce qui s&rsquo;était&nbsp;passé.&raquo;</em></p>

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