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39,5 millions de personnes infectées par le virus du sida

23 novembre 2006, 00:00

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Le nombre de personnes vivant dans le monde avec le virus du sida (VIH) ne cesse d’augmenter. En 2004, le nombre des personnes séropositives était de 36,9 millions contre 39,5 millions aujourd’hui. Paradoxalement, ce chiffre à la hausse pourrait être interprété comme une bonne nouvelle, laissant penser que les porteurs du virus vivent plus longtemps. Faux. Les décès ont augmenté, passant de 2,7 millions en 2004 à 2,9 millions en 2006. Quant aux nouvelles infections, leur nombre a également crû au cours de la même période, passant de 3,9 millions à 4,3 millions de cas.

Ces chiffres reflètent les difficultés et les échecs de la prévention. Mais ils soulignent aussi que, si l’Afrique subsaharienne reste la région du monde la plus touchée, avec 63 % des personnes infectées dans le monde, l’épidémie galope, depuis quelques années, en Europe orientale et en Asie centrale. Dans cette région, 90 % des séropositifs vivent en Ukraine et dans la Fédération de Russie. Le nombre des nouvelles infections s’y est accru de 70 % depuis 2004 et celui des décès de 75 %.

A ce constat géographique s’en ajoute un autre, qui concerne les femmes. Avec 17,6 millions de séropositives, elles représentent près de la moitié (45 %) des personnes infectées par le virus dans le monde, et le nombre de celles qui ont été touchées par le VIH a progressé d’un million entre 2004 et 2006.

Dans certaines régions comme l’Afrique subsaharienne, leur nombre excède de 40 % celui des hommes, et, en Europe de l’Est, plus de 40 % des nouveaux diagnostics les concernaient en 2005. Les nouvelles infections touchent particulièrement les 15-24 ans, les jeunes représentant 40 % des nouveaux cas de séropositivité.

“Le cours à venir des épidémies de VIH dans le monde dépend dans une large mesure des comportements que les jeunes adoptent et maintiennent et des facteurs contextuels qui motivent ces choix”, commente le rapport de l’Onusida. Plus de 800 000 Africains reçoivent aujourd’hui des médicaments anti-VIH, alors qu’ils étaient huit fois moins nombreux en 2003.

Mais “il existe, note Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida, un décalage entre les efforts beaucoup plus conséquents accomplis ces dernières années dans l’accès aux traitements et l’augmentation des nouvelles infections. Dans certains pays, le nombre de nouvelles infections est plus élevé que celui des malades mis sous traitement.”

Aussi faut-il renforcer les campagnes de prévention, car, signe inquiétant, plusieurs des pays qui avaient enregistré des succès dans ce dernier domaine connaissent aujourd’hui des revers.

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