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L’histoire de la photo de Pra Bho

27 février 2017, 11:18

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L’histoire de la photo de Pra Bho

Il a l’oeil. Et sa photo a touché des milliers de Mauriciens en plein coeur. Entretien avec un homme qui a la tête remplie de belles images.

Elle a été vue, partagée, likée des centaines de fois. Certains en ont même fait leur profile pic. La photo en question a touché les Mauriciens en plein coeur. Le nom du photographe qui a l’oeil ? Pravin Bhowanydeen, ou Pra Bho pour les intimes.

«J’étais à Ganga Talao, je me tenais à côté de deux dames et de cette petite fille. Elles m’ont rappelé que Maha Shivaratree transcende les barrières religieuses et que nombreux sont les Mauriciens qui vont.» Là où il a tourné de l’œil mais aussi et surtout celle de sa caméra, c’est quand la petite fille sur la photo a sorti son thali, ses fleurs, ses offrandes, pour aller prier. «Je n’ai pas résisté», avoue le père de famille de 54 ans. Et d’ajouter : «On dirait que Shiv, à l’arrière-plan, lui offrait sa bénédiction. Vous avez remarqué qu’elle avait aussi un T-Shirt de circonstance? L’angle était parfait.» Le moment et la perspective aussi.

Pra Bho est, en fait, un chasseur de belles images. «J’ai des diplômes en photographie, mais malheureusement, ce n’est pas mon métier.» Ainsi, hormis les clics, il est spécialisé dans «l’électrique», la climatisation, etc.

Le photographe, Pravin Bhowanydeen

La photo qui réchauffe, elle, a été prise lundi. «Tous les ans, je me rends trois à quatre fois à Grand- Bassin, pour capturer de beaux instants.» Son sentiment après que la photo soit devenue virale sur Facebook? «Li inpé maléré ki dimounn pa donn mwa mo krédi. Je ne suis pas du genre à mettre des watermarks sur mes photos, je trouve que ça fait tache», lâche Pra Bho dans un premier temps. Mais, «je suis ravi que ce message fort plaise à tant de gens. Mo pa mind ditou si zot partazé».

Mais qui est donc la petite fille qui symbolise l’unité de la nation mauricienne ? Après avoir posté une annonce sur les réseaux sociaux, il a pu la rencontrer hier, à Grand- Gaube. «C’était la première fois que je me rendais à Grand-Bassin. Monn bien kontan», confie, au téléphone, Carolina Marie, huit ans et toute timide. Ce qu’elle a pensé de la photo ? «Li bien zoli», confie-telle de sa voix fluette.

Sa maman se dit pour sa part très fière que les gens aient «tant aimé» cette photo. «Carolina souvan malad-malad. Samem nounn al fer inpé laprier», fait ressortir Coralie Shirley Telcide.

Et le photographe qui parle à l’âme des Mauriciens a-t-il trouvé un nom pour son oeuvre ? Enn sel pep enn sel nasion? «Satyam shivam sundaram. La vérité, la piété et la beauté.»

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