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Percy Yip Tong : «18 ans après sa mort, Kaya plus vivant que jamais»
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Percy Yip Tong : «18 ans après sa mort, Kaya plus vivant que jamais»
Le 21 février marque le 18e anniversaire de la mort de Kaya. Qu'en est-il aujourd’hui de la reconnaissance des oeuvres du chanteur décédé tragiquement en prison ? «Il n’y a pratiquement plus de CD de Kaya disponible sur le marché mais il y a une forte demande. C’est pourquoi je compte, d’ici la fin de l’année, graver sur CD les deux albums que j’ai produits, soit Seggae nou lamizik, sorti en 1989, et Roots of Seggae, sorti en 1996 sur cassette. Ces deux albums ont été enregistrés à La Réunion de manière précaire, Kaya n’avait pas de guitare mais ce sont des chansons qui ont toute la saveur de sa musique», explique Percy Yip Tong, le premier producteur de Kaya et celui qui l’a popularisé.
Parlant du chanteur, un flot de souvenirs assaille Percy Yip Tong. «Nous n’étions pas des frères mais des alter ego, issus de deux mondes différents. On se comprenait sans se parler.» Pour Percy Yip Tong, le père du seggae est plus connu qu’avant. «Avec sa mort, Kaya est devenu plus vivant que jamais. On n’a jamais autant entendu Kaya. Et le plus paradoxal dans tout cela, c’est qu’il n’y a pratiquement plus de CD de lui sur le marché. Aujourd’hui, ses chansons sont reprises par toutes les ethnies, par tous ceux qui, à ses débuts, ont craché sur lui et elles ont dépassé les frontières de Maurice. Simé la limier est repris comme cantique par l’église catholique et Ras kouyon par les disciples de Sai Baba et les membres de Hare Krishna. Ses chansons sont intemporelles et universelles. Si vous prenez un texte de Kaya, vous verrez qu’il colle toujours à l’actualité. Les jeunes, qui n’étaient pas encore nés à sa mort, le connaissent. Kaya est devenu un mythe», explique-t-il. D’ajouter qu’il «est dommage que l’État a dû attendre 17 ans avant de lui rendre hommage. Ce n’est que l’année dernière que cela a été fait durant le Festival Kreol. Mais bon, je ne vais pas cracher dans la soupe. Vaut mieux tard que jamais».
Musique unique
Pour Véronique Topize, l’épouse du chanteur et son ayant droit, «Kaya a donné naissance à une musique unique. Il a quitté un héritage pas seulement pour moi et ses enfants mais pour tout le pays et tous ceux qui l’écoutent. Maintenant, c’est à la génération future de voir ce qu’elle compte en faire. La musique suivra son chemin». Mais comment un jeune chanteur souhaitant reprendre les chansons du seggeaman doit-il procéder ? «Je ne m’oppose pas à la reprise de ses chansons. Je donne toujours la permission à ceux qui me la demandent. Ce sont souvent des jeunes qui ont été touchés par sa musique. Cela dit, je n’ai pas beaucoup de demandes de ce genre. C’est peut-être parce que la musique évolue et qu’il est maintenant plus facile de l’écouter. Autrefois, c’était un plaisir d’avoir un CD mais maintenant, les gens préfèrent aller sur les réseaux sociaux.»
L’important, dit Véronique Topize, c’est que la musique de Kaya continue à résonner. «Je ne refuserai pas non plus si un producteur veut reprendre ses chansons, même si dans le passé, nous avons eu des difficultés avec certains. On négociera et on fera des contrats. La musique de Kaya doit continuer à vivre. Si je m’y oppose, c’est comme si je tuais sa musique. Mon rêve, c’est que la musique de Kaya continue à être jouée et ses chansons interprétées.»
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