Publicité

2e Salon d?Eté : un catalogue à conserver précieusement

27 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une actualité culturelle, moins fournie que d?habitude, nous permet, ce dimanche, de revenir sur le 2e Salon d?Eté, qui a lieu jusqu?à mercredi au nouveau complexe administratif de Plaine-des-Papayes. Outre la possibilité de contempler une soixantaine d??uvres d?autant d?artistes, ce 2e Salon d?Eté vaut également par la mise à la disposition du public visiteur d?un catalogue, leur permettant d?emporter, chez eux, un souvenir visuel complet mais pas assez instructif des ?uvres contemplées et appréciées, mais encore de leurs auteurs. Ceux-ci prennent la peine de rédiger, à notre intention, un message, en anglais, français ou en créole, dans lequel ils résument l?essentiel de leurs philosophies, principes directeurs et démarche esthétiques.

Trois reproches à faire cependant à la compilation de ce catalogue. Primo, les photographies et la qualité d?impression ne rendent pas toujours justice aux ?uvres exposées. Secundo : absence regrettable d?éléments biographiques, comme d?informations sur le parcours professionnel de ces artistes. Tertio : certaines ?uvres sont présentées à l?horizontale dans le catalogue et à la verticale sur les cimaises ou l?inverse. Mais que peuvent valoir ces reproches insignifiants, comparés à la possibilité de pouvoir emporter chez soi ce trésor, cette galerie virtuelle ou imaginaire et pouvoir retrouver, à tout moment et à loisir, les émotions artistiques ressenties, en visitant l?exposition.

L?esthète, qui n?est pas autant élitiste qu?on voudrait le faire accroire, mais qui qualifie, en fait, n?importe quel Mauricien, appréciant à sa juste valeur la possibilité de pouvoir porter un regard admiratif et même contemplatif sur n?importe quelle ?uvre artistique réussie, créée par un compatriote, cet amateur du Beau et donc des Beaux-Arts aimerait, chaque fois qu?il doit remettre les pieds dans un bâtiment public, pouvoir s?offrir ce plaisir inestimable : contempler l?espace d?un instant, l?espace d?une pensée et même d?une action de grâces, l??uvre de l?un de nos artistes dûment sélectionnée et ainsi mise en valeur.

L?attente d?un fonctionnaire fonctionnant paraîtra moins longue. Nous continuons donc à entretenir ce rêve du jour où les murs de nos bâtiments publics, surtout ceux où le grand public est admis, se couvriront d??uvres artistiques, provenant, par rotation, d?un fonds commun de patrimoine esthétique, géré soit par la galerie d?Art nationale de Thivynaidoo Pernumal Naiken, soit encore par une Fondation culturelle nationale.

Le Beau à la première place

Vienne donc ce jour béni, où, devant nous rendre dans un dispensaire ou une banque d?Etat, dans un centre social ou communautaire, dans un bureau de poste ou de sécurité sociale, dans un poste de police ou devant un guichet du CEB, de la CWA ou de la MT, les Mauriciens pourront, en grand nombre, reprendre goût à la Beauté, en contemplant à loisir, le chapeau de paille, emprunté à Mourir à Venise, d?Alain Jean Noël Ah Kee, les maisons slaves de Jean-Claude Baissac, les spirales colorées d?Arouna Beharry, les hachures champêtres de Krishna Beejadhur, les pétales féminisés de Kishore Bodha, la sculpturale virilité recréée par Rikesh Boodhun, la pureté linéaire de Devanand Bungshee, la prière coffre-fort de Nalini Callimootoo, la guerre argentée des éléments de James Castel, le dodo fleuri de Dev Anand Chooramun, les orteils adorateurs de Dhyaneshwar Dausoa, la Belle Isle d?Yves David?

Et nos visiteurs étrangers diront : Heureux ce peuple dont les princes savent donner au Beau la place qui lui revient : la première dans le c?ur des hommes.

Publicité