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[Vidéo] Dev Kim Currun, un homme nouveau
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[Vidéo] Dev Kim Currun, un homme nouveau
Chapeau bas à cet homme aujourd’hui âgé de 65 ans, qui a repris le cours de sa vie après son bref passage en politique. Certes, les événements de 1985 ont bouleversé sa carrière et sa vie familiale, mais ils n’ont pas eu raison de sa force et de sa détermination à «faire face à la situation».
Dev Kim Currun nous accueille chez lui sans hésitation. Sa santé n’est plus la même depuis quelque temps. Un problème à la colonne vertébrale. Des douleurs récurrentes… Jetant un regard sur le passé, il lâche : «L’enseignement, c’est le métier qui m’a donné la force de venir à bout de cet épisode noir.» C’est ainsi qu’il nomme l’affaire de l’aéroport de Schiphol et ce qui a suivi. Il a mis du temps à se défaire de l’étiquette qu’on lui a collée, celle d’«Amsterdam Boy».
A contrario, son entrée en politique fut une «belle expérience», dit-il. Il est élu en tête de liste dans la circonscription n°9 (Flacq–Bon-Accueil) avec environ 16 000 voix, en 1983. Une entrée en fanfare qui n’est pas pour lui déplaire.
Jusque-là, il enseignait l’anglais après avoir obtenu un diplôme à l’université de Delhi. Sa soif de voir bouger les choses au niveau social le rapproche de l’arène politique lorsqu’il rentre au pays en 1981. «J’ai rencontré le Dr Seewoosagur Ramgoolam quand j’étudiais en Inde. J’ai été inspiré par son combat pour le pays.»
Ses amis sont des membres actifs du Parti travailliste. Son charisme aidant, il est tout de suite approché pour se joindre aux rouges. «C’est ma personnalité qui a joué en ma faveur et ils connaissaient mon père qui était un pandit aryasamajiste très connu dans son temps. J’ai rejoint ce parti en 1983. Harish Boodhoo, qui était du PSM, a été mon mentor car il m’a appris l’approche à adopter en pleine campagne électorale.»
À l’annonce des résultats, il tombe des nues, même s’il sait qu’il a travaillé dur pour conquérir les habitants de cette circonscription. «Les atouts qui m’ont valu cette victoire ? J’avais établi une proximité avec les habitants de Flacq–Bon-Accueil. Je les côtoyais avec beaucoup d’humilité et je leur parlais en bhojpuri.»
Les souvenirs prennent le dessus. «Le 22 août 1983 a été un jour mémorable car c’était à la fois le jour de la proclamation des résultats et aussi mon anniversaire. J’étais certes enseignant au collège Imperial, mais servir ma circonscription faisait aussi partie de ma vie. En tant que député, il me fallait faire mon devoir envers mon pays. J’étais à l’aise sous ce gouvernement, qui avait SAJ à sa tête. C’était un homme très discipliné pour lequel j’avais un grand respect. Je m’entendais bien avec les membres de l’opposition.»
Mais lorsque nous revenons à l’épisode d’Amsterdam, il nous avoue ne pas savoir grand-chose à ce sujet, aujourd’hui encore. «Nous étions allés en voyage mais pas en mission, nous voyagions avec un passeport diplomatique, ce qui était chose normale. J’ai été arrêté pour contribuer à l’enquête dont un de mes amis faisait l’objet à l’aéroport de Schiphol, aux Pays Bas. J’ai coopéré car on n’avait rien retrouvé sur moi à l’aéroport. Même mon avocate était convaincue de mon innocence.»
Il se dit du reste convaincu que la presse avait fait son procès «sans même savoir la vérité sur cette histoire». «En 1986, il a fallu que je démissionne du collège Imperial et que je renonce à mon poste de député pour me préserver et ne pas embarrasser davantage ma famille. Tout le monde a cru que j’y étais mêlé alors que ce n’était pas le cas. C’était difficile pour moi de clamer haut et fort mon innocence. Surtout à cette époque. Surtout avec la mentalité des gens.»
Les années passent. Il prend le dessus, enseignant à l’Eastern College pendant une vingtaine d’années. Il se montre fort, surtout depuis qu’il a deux filles. «Je suis très croyant et j’ai beaucoup prié. J’ai enseigné la littérature anglaise et je me suis inspiré de l’histoire des rois et des reines qui ont conquis des terres. Certains ont gagné, d’autres ont perdu. Mais après la défaite, ils se sont relevés pour continuer. It’s never the end; life goes on. We have our weaknesses and we should never consider this to be a downfall. We should never give up.» Sa force aujourd’hui ? Ses enfants qui, dit-il, ont une vie prometteuse grâce à leurs carrières respectives.
Flash-back
Décembre 1985. Dev Kim Currun, alors député élu sous la bannière de l’alliance Mouvement socialiste militant-Parti travailliste-Parti mauricien social-démocrate (MSM-PTr-PMSD), est interpellé à l’aéroport Schiphol, aux Pays-Bas, aux côtés de Serge Thomas, Ismael Nawoor et Sattyanand Pelladoah, qui voyagent aussi avec des passeports diplomatiques. Raison : le député Pelladoah a dans sa valise 20 kg d’héroïne. Quelque temps après, tout comme Serge Thomas et Ismael Nawoor, Kim Currun sera mis hors de cause, tandis que le député Pelladoah sera condamné pour importation volontaire de 20 kg d’héroïne.
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