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Portrait enquête: la fulgurante ascension du couple Jaunbocus
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Portrait enquête: la fulgurante ascension du couple Jaunbocus
Ensemble, en l’espace de quelques années, ils ont su se placer sur le devant de la scène. L’avocate et politicienne Roubina Jadoo-Jaunbocus, originaire de The Vale, et son époux Muhadjir Jaunbocus sont visiblement très proches du couple Pravind et Kobita Jugnauth. Il suffit de se remémorer la campagne électorale de 2014 pour remarquer la proximité entre eux et le leader du parti soleil. Et la progression invraisemblable de ce couple ne laisse personne indifférent. D’ailleurs, le nom de la Parliamentary Private Secretary (PPS) figure sur la liste des avocats qui ont attiré l’attention des membres de la commission d’enquête sur la drogue. L’express a voulu en savoir plus sur les Jaunbocus et le secret de leur ascension.
Ce qui a interpellé, dans un premier temps, c’est qu’en novembre 2009, Roubina Jadoo-Jaunbocus a demandé à rencontrer des détenus condamnés pour trafic de drogue à 39 reprises en une seule journée à la prison centrale de Beau-Bassin. Et ce jour-là, elle n’a eu l’autorisation que pour 17. La députée du no 2 (Port-Louis Sud-Port-Louis central) s’est alors défendue face à la presse : «Je me suis rendue en prison en tant qu’avocate. Où vais-je rencontrer mes clients incarcérés sinon ?»
Certains n’avaient entrepris aucune démarche légale
Dans le milieu légal, la PPS compte parmi les «avocats les plus sollicités pour les affaires de drogue». Mais ce qui suscite l’intérêt de ses confrères, c’est qu’elle s’est rendue en prison pour rencontrer d’éventuels clients, alors que certains d’entre eux n’avaient entrepris aucune démarche légale nécessitant un avocat.
Quant à son mari, Muhadjir Jaunbocus, il est un ancien coiffeur de Beau-Bassin reconverti dans l’immobilier. Et depuis, il est devenu le patron d’Aquar Ltd et a connu une belle ascension sociale. Mais loin d’être le simple époux d’une politicienne, Muhadjir Jaunbocus fait partie de ces hommes qui gravitent autour de Pravind Jugnauth. En effet, il n’est jamais très loin du ministre des Finances lors de ses fonctions publiques. Une présence qui n’a pas manqué d’attirer les regards car cet homme n’a aucun titre justifiant sa proximité avec le Grand argentier. Les Jaunbocus, qui vivent une success story depuis leur union en 2012, habitent avec leurs deux enfants à Beau-Bassin, dans une maison acquise en avril 2016. Celle-ci, en rénovation depuis l’an dernier, est située dans les beaux quartiers de la ville, à Vandermeersch. Elle se cache derrière un grand mur blanc, sur lequel sont déposées quelques pierres taillées. Parmi leurs voisins, on retrouve quelques politiciens et médecins.
Voyages répétitifs
Après des recherches, nous avons appris que la demeure a été rachetée à Rs 9 millions. Le couple a payé Rs 3 millions le jour de l’achat chez le notaire, et le reste a été payé avec un emprunt contracté à la State Bank of Mauritius. La PPS et son époux habitaient une maison modeste à l’étage du salon de coiffure de la famille Jaunbocus, à Beau-Bassin, avant de s’installer dans la nouvelle demeure. Outre cette maison, le train de vie des Jaunbocus suscite la curiosité de leur entourage. Ils font beaucoup de voyages, notamment en Inde, et possèdent des voitures, dont une Mercedes et une Jeep.
Par ailleurs, Roubina Jadoo-Jaunbocus a acquis un bureau dans le bâtiment qui appartenait à la défunte British American Investment à Henessy Tower, PortLouis, en 2011. Des locaux qui lui ont coûté quelque Rs 3 millions et pour lesquels elle a contracté un emprunt la même année à la Bank One. Depuis plusieurs jours, nous tentons de contacter la PPS, mais elle coupe nos appels.
Qui est Muhadjir ?
<p>Muhadjir Jaunbocus, Mamade pour les intimes, provient d’une famille de coiffeurs de père en fils. D’ailleurs, les Jaunbocus, famille modeste de Beau-Bassin, ont une clientèle fidèle dans la région. Mais un autre avenir attend l’époux de la PPS, connu comme quelqu’un de très pieux. Il côtoie les personnalités politiques, les hauts gradés du judiciaire, entre autres.</p>
<p>Son ascension commence au début des années 2000. Muhadjir Jaunbocus fonde l’<em>Aquar Properties Real Estate Agency </em>et intègre le Mouvement militant mauricien. Mais, plus tard, il se crée des affinités avec des adhérents du Parti travailliste pour ensuite se faire des contacts politiques au Mouvement socialiste militant (MSM). Des contacts pour le moins précieux. Certains décrivent Muhadjir Jaunbocus comme quelqu’un qui s’est intelligemment frayé un chemin en politique à travers ses connexions, dont celle avec Pravind Jugnauth et sa famille. Et vers 2005, il fait la connaissance de Roubina Jadoo, jeune avocate alors attachée à l’étude d’Ivan Collendavelloo. Ils se lient d’amitié avant de s’unir et côtoient tous deux les membres du MSM.</p>
<p>En 2007, Roubina et Muhadjir Jaunbocus consentissent d’abord au Nikkah, avant de célébrer leur union civile en mai 2012. Elle est alors mère d’un enfant issu d’un premier mariage alors que son époux est père de trois enfants d’une union précédente. Selon des témoins, Muhadjir Jaunbocus avait fait parler de lui en juin 2016 où il avait menacé un agent du MSM de la circonscription n<sup>o</sup> 2. Ce serait le fait que le cortège, à la tête duquel se trouvait le véhicule de Mamade Jaunbocus, perturbait la circulation routière qui était à l’origine de l’altercation.</p>
James Mukusa Kanamwanje évite la perpétuité grâce à Roubina Jadoo
Si l’Ougandais a pu regagner son pays, c’est en partie grâce à son avocate Roubina Jadoo. En effet, alors que James Kanamanje Mukusa a été trouvé coupable d’importation illégale de 325,4 g d’héroïne et a été condamné à vie en 1997, il fait une demande pour revoir sa sentence. Son avocate s’appuie alors sur deux arguments pour ce faire.
Elle souligne, dans un premier temps, que d’autres trafiquants de drogue ont écopé d’une peine minime dans le passé. Ensuite, elle indique que son client a déjà passé beaucoup de temps en prison avant le début - même de son procès.
Cette affaire remonte au 26 août 1996. James Mukusa Kanamwanje est arrêté. Le Directeur des poursuites publiques dépose sa plainte en 1997 pour trafic de drogue. Le procès, initialement prévu pour juin 1997, est renvoyé à novembre. C’est alors que l’accusé est trouvé coupable et apprend qu’il est condamné à perpétuité. Par la suite, en octobre 1998, il fait appel mais celui-ci est rejeté. Alors, en 2009, il entame des procédures pour demander la réduction de sa peine. Aidé par Roubina Jadoo, il obtient une révision de sa sentence qui passe alors à 25 ans de prison. Le jugement est rendu par Bernard Sik Yuen et Kheshoe Parsad Matadeen, respectivement chef juge et Senior Puisne Judge d’alors, le 19 août 2009.
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