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La route de l'héroïne
Quelle route emprunte la drogue dure pour atterrir sur le marché mauricien? Il n’est un secret pour personne qu'une très grande partie de l’héroïne qui arrive sur le marché mauricien provient de Madagascar, mais tout commence bien plus loin.
L’héroïne sur le marché africain provient du Pakistan, de l’Iran et de l’Afghanistan. Ces pays sont réputés pour leur culture du pavot, qui est la matière première à la production de cette drogue. Ensuite, les cargaisons transitent par l’Afrique de l’Est, principalement la Tanzanie, le Kenya et l’Afrique du Sud, pour atterrir à Madagascar.
La route qu'emprunte la drogue dure pour atterrir sur le marché mauricien by L'express Maurice on Scribd
Du côté des autorités malgaches, le manque d’effectif du service central des stupéfiants fait que la circulation de la drogue n’est pas trop difficile. La Grande île ne compte que 32 limiers de ce service pour toute l’île. Le manque de contrôle aux frontières n‘aide pas à combattre ce trafic. De Madagascar, les cargaisons d’héroïne sont acheminées vers Maurice. En arrivant, les trafiquants fournissent de fausses adresses à l’aéroport et repèrent des mules pour le transport de la marchandise sur place.
Les points d'entrée
Pour l’instant, La Réunion n’est pas affectée par l’héroïne. La saisie de 42,6 kg de drogue en novembre dernier était exceptionnelle et cette cargaison était destinée à Maurice. “Il se peut qu’il y ait de l'héroïne en transit, comme ce fut le cas à Sainte-Rose. Les hors-bords doivent absolument faire un arrêt sur la route Madagascar-Maurice pour s’approvisionner en carburant, mais leur cargaison n’est pas destinée à ce marché,” fait ressortir un interlocuteur sur place.
Mais ce n’est pas pour autant que l’île est épargnée par le trafic provenant de Madagascar. Le Rivotril et l’Atone, deux médicaments utilisés dans le traitement contre le Parkinson et l’épilepsie, font des ravages sur l’île. Ces médicaments proviennent, eux aussi, de Madagascar et font leur entrée sur l’île dans des bagages aériens. “Il y a eu de grosses saisies à l’aéroport, certaines allant jusqu’à 15 000 cachets”, poursuit notre interlocuteur, qui est proche de ce dossier. Dans la majorité des arrestations, ce sont des femmes en provenance de Madagascar qui transportent ces pilules. Même si l’héroïne n’est pas présente à l'île soeur, la cocaïne, l’ecstasy et les cristaux y ont fait leur entrée. “Au début, c’était dans les milieux festifs mais, petit à petit, ces drogues ont gagné du terrain”, dit notre interlocuteur.
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