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Facettes cachées d’Anushka Virahsawmy, femme de tête

27 novembre 2016, 09:43

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Facettes cachées d’Anushka Virahsawmy, femme de tête

Les 16 jours d’activisme contre la violence envers les femmes et les filles ont démarré vendredi 25 novembre 2016. Mais Anushka Virahsawmy, directrice de Gender Links Maurice, est presque constamment sur le pied de guerre, persuadée que les formations et les actions continues aboutiront à une société plus équitable.

Malgré toutes les campagnes, la violence est en recrudescence. À quoi l’attribuez-vous et comment fait-on pour la faire reculer ?

Il y a effectivement eu des tas de campagnes, des plaidoyers et même des lois amendées pour réduire la violence. Et pourtant, elle perdure et la situation n’est pas aussi bonne que j’aurais voulu qu’elle soit, en tant qu’activiste. Que faire pour renverser la vapeur et améliorer la condition des femmes et des filles ? Je suis convaincue que les plaidoyers doivent démarrer avec la jeune génération.

Cela ne se réalisera qu’avec l’autonomisation, des connaissances dispensées et un soutien approprié aux plus jeunes, de même que l’existence d’un système de soutien global pour leur faire comprendre pourquoi la violence est mauvaise. Il faut un changement de mentalités, mais cela prendra des générations. Et pour cela, il faut un soutien et un encadrement continus.

«Des survivantes de violence forment à leur tour d’autres femmes afin qu’elles brisent le cycle de violence»

Je serai directe : je ne crois pas que des causeries ou des cours sans suivi ou sans un bon monitorage serviront à quelque chose. Je crois dans les formations et les actions continues de manière qualitative et c’est pour cela qu’à Gender Links, nous travaillons avec des survivantes de violence et leurs familles, qui forment à leur tour d’autres femmes et leurs familles afin qu’elles brisent le cycle de violence et deviennent financièrement indépendantes.

C’est un très long processus et s’il y a la volonté des organisations non gouvernementales, des secteurs public et privé de travailler ensemble de façon globale et structurée, nous pourrons faire une différence et réduire la violence drastiquement. Nous sommes un trop petit pays pour connaître tous ces problèmes. Ensemble, nous pouvons faire la différence.

Qu’a prévu Gender Links pour sa campagne des 16 jours d’activisme ?

Le 25 novembre, nous avons lancé notre campagne. Cette année, ce sont les étudiants en design au Charles Telfair Institute (CTI) qui l’ont conçue après que je leur ai brossé un tableau de la situation de la violence à Rodrigues, Maurice et Agalega.

Ils étaient si choqués qu’ils se sont immédiatement sentis interpellés et motivés à faire quelque chose. Il faut les féliciter, de même que leur chargée de cours Leena Nothoo ainsi que la direction du CTI, pour avoir cru dans l’importance d’éduquer et de mener campagne contre la violence.

Cette année, nous travaillons aussi avec trois conseils de districts avec qui nous avons signé des protocoles d’accord : nous formons des points focaux du genre dans 49 villages. Chacun partagera ses connaissances avec 50 personnes et cela aura un effet de cascade. Tout ce processus sera suivi et évalué sur le long terme.

Que faites-vous durant votre temps libre et durant les week-ends ?

Très souvent pendant le week-end je travaille car lorsque vous militez pour l’égalité et pour une société non violente, c’est impossible de le faire entre 9 et 5 heures et du lundi au vendredi. Cela dit, je fais une pause une fois l’an et au cours de laquelle je n’ouvre pas mon ordinateur et où je n’utilise le portable que si c’est obligatoire.

Parlez-nous de votre famille…

Je suis une femme comblée car j’ai des parents exceptionnels et une fille extraordinaire, Anastasia. C’était très dur de l’élever seule et ce qui en a découlé, c’est la volonté de réussir, la soif de persévérer, l’amour inconditionnel, la confiance en soi et l’accueil de l’énergie positive qui gravite autour de moi.

Cuisinez-vous?

J’aime cuisiner et j’adore aussi manger.

Vous craquez pour…

Des chaussures et des sacs. Et pour des lunettes aux montures colorées.

Pratiquez-vous du sport?

J’aime la marche et la natation.

Quels livres lisez-vous?

The name of God is Mercy, un MUST et où le pape François invite l’humanité à entamer un dialogue sur un des sujets qui lui tiennent le plus à cœur, à savoir la Miséricorde. Ce thème a également été la pierre angulaire de sa foi et l’enseignement central de son action papale.

Quel type de musique écoutez-vous ?

J’écoute différents types de musique sauf le hard rock qui m’explose la tête et la techno qui me tape sur le système.

Votre idée du bonheur?

Carpe Diem, vivre le temps présent et remercier le Ciel pour ce que la vie m’a donné et pour ma fille.

Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde?

La vie m’a apporté tant de belles choses et même les difficultés se sont transformées par la suite en positivité. Je voudrais rendre un peu de ce que la vie m’a donné à mon pays. Je veux partager davantage mon expérience et l’amour inconditionnel. Je veux apporter mon soutien pour réduire la violence et contribuer à faire de Maurice un pays où l’égalité n’est pas un vain mot.

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