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Londres refuse aux ex-habitants des îles Chagos de rentrer chez eux
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Londres refuse aux ex-habitants des îles Chagos de rentrer chez eux
Le gouvernement britannique a refusé mercredi d'autoriser les anciens habitants des îles Chagos de retourner sur cet archipel de l'océan indien, dont ils avaient été expulsés pour laisser place à la base militaire américaine de Diego Garcia.
Cette décision constitue le dernier développement d'un conflit qui oppose depuis 40 ans ces îliens à Londres.
«Le gouvernement s'est prononcé contre la réinstallation des Chagossiens sur le territoire britannique de l'Océan indien pour des raisons de faisabilité, d'intérêt en matière de défense et de sécurité, et de coût pour les contribuables britanniques», a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Joyce Anelay devant le Parlement.
Elle a ajouté que 40 millions de livres (47 millions d'euros) seraient débloqués pour financer des programmes d'aide sociale et éducatifs en faveur des Chagossiens et de leurs descendants, aujourd'hui au nombre de 10.000, répartis entre Maurice, les Seychelles et le Royaume-Uni.
Cet argent sera aussi utilisé pour financer des visites dans les îles Chagos, a ajouté la ministre.
C'est en 1965 que le Royaume-Uni avait fait l'acquisition de l'archipel auprès des institutions semi-autonomes de Maurice, trois ans avant l'indépendance de son ancienne colonie.
«Les autorités mauriciennes en 1965 ont subi un chantage ignoble mais ont cédé. De leur point de vue, à l'époque, ils avaient le choix entre l'indépendance ou non. Et les Anglais ont fait un véritable chantage à l'indépendance», a accusé récemment l'ancien Premier ministre mauricien et leader actuel de l'opposition, Paul Bérenger.
Un an plus tard, en 1966, Royaume-Uni et Etats-Unis signaient un accord autorisant les seconds à utiliser Diego Garcia à des fins militaires pour un bail de 50 ans. Cet accord a été prolongé jusqu'en 2036, comme le permettait l'accord initial, a déclaré Mme Anelay.
S'ensuit entre 1968 et 1973 une politique de déracinement des quelque 2.000 "îlois", décrits dans un câble diplomatique britannique de l'époque comme «quelques Tarzan et Vendredi». Dans un premier temps, les Chagossiens partis à Maurice en voyage ou pour des soins médicaux se voient interdire de rentrer chez eux. Le reste de la population est expulsé entre 1971 et 1973.
L'aventurier et animateur télévisé Ben Fogle, président de l'association de défense britannique des Chagossiens, a dénoncé «le jour le plus noir de l'histoire» du Royaume-Uni, qui n'a pas su donner raison à une population «trahie et maltraitée de manière répétée par leur propre gouvernement».
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