Publicité

Mondial-2018: Lippi pourra-t-il sauver la Chine ?

14 novembre 2016, 13:27

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Mondial-2018: Lippi pourra-t-il sauver la Chine ?

 

C'est probablement le plus grand défi de la carrière de Marcello Lippi, entraîneur ultra-titré: donner le goût de la victoire à une équipe de Chine humiliée par les défaites et très mal partie sur la route du Mondial-2018 en Russie.

L'Italien, nouveau sélectionneur national, dirigera son premier match officiel mardi contre le Qatar, en qualifications pour le Mondial-2018. Une rencontre cruciale durant laquelle il tentera de justifier son salaire, réputé mirobolant, et de convaincre les sceptiques.

Lippi a remporté la Coupe du monde avec l'Italie (2006) et est le seul coach au monde à avoir conquis les Ligues des champions européenne et asiatique, avec la Juventus Turin (1996) et le club chinois du Guangzhou Evergrande (2013).

Mais le défi est d'un autre niveau avec l'équipe de Chine, habituée à l'échec et raillée par ses propres supporteurs. La sélection ne s'est qualifiée qu'une unique fois pour un Mondial (2002) et végète actuellement à une morne 84e place au classement Fifa, entre le Guatemala et le Kenya.

Lippi au chevet de l'équipe de Chine ? C'est comme si un milliardaire recrutait «un étudiant de Harvard pour donner des cours à son fils retardé mental», ironisait un commentaire très partagé sur les réseaux sociaux chinois, signe du peu de considération dont jouit la sélection.

Le recrutement de l'Italien, 68 ans, est le dernier coup de poker de la Fédération chinoise (CFA), sous pression du pouvoir politique pour relancer une sélection à la dérive. Un choix onéreux: le salaire annuel total de Lippi et de son groupe d'entraîneurs pourrait atteindre les 20 millions d'euros, a rapporté la presse chinoise.

Des cicatrices profondes

Le coach toscan succède au Chinois Gao Hongbo, qui a démissionné en octobre après deux défaites en cinq jours, contre la Syrie et l'Ouzbékistan.

La Chine n'a engrangé qu'un point en quatre rencontres de qualification pour le Mondial dans la zone Asie. Elle est dernière de son groupe, avec six matches restant à disputer. Seules les deux premières équipes sont qualifiées directement.

Une défaite contre le Qatar réduirait les espoirs chinois à néant ou presque. «On n'est pas sûr de gagner contre le Qatar, mais on fera de notre mieux», a assuré Lippi cette semaine, selon le site chinois d'information Sina.

Le sélectionneur à la chevelure argentée ambitionne de changer la mentalité de l'équipe, meurtrie par des décennies d'échecs qui ont laissé des cicatrices profondes: «Notre principal objectif pour le moment, c'est d'aider les joueurs à avoir davantage confiance et à savoir exactement ce qu'ils ont à faire.»

La Chine a déjà dépensé des fortunes pour attirer des techniciens étrangers, sans succès notable. José Antonio Camacho, ex-entraîneur de l'Espagne et du Real Madrid, avait ainsi été recruté en 2011 pour un salaire annuel estimé à plus de 7 millions d'euros, puis remercié en 2013 après une cinglante défaite 1-5 contre la modeste Thaïlande. 

«Un miracle»

En avril dernier, la Fédération chinoise a dévoilé une ambitieuse feuille de route pour placer la Chine «au sommet du football mondial d'ici 2050». Elle attend désormais que Lippi, et son aura, transcende l'équipe.

«Lippi est avec nous. C'est ce qui nous donne le plus de confiance. Il insiste sur le fait qu'on doit avoir soif de victoire, croire en nous et en nos coéquipiers», a déclaré le milieu de terrain Huang Bowen.

Huang fait partie des sept joueurs de la sélection issus de l'équipe du Guangzhou Evergrande, entraînée par l'Italien de 2012 à 2014, et qui vient de remporter son sixième titre d'affilée en Super League chinoise (1re division).

«Ils ont une mentalité de vainqueurs, ils comprennent le football international. Tout cela est positif et peut aboutir à des résultats positifs», a déclaré Lippi à propos d'Evergrande, club basé à Canton (sud).

L'entraîneur à lunettes, dont le contrat court jusqu'en janvier 2019, croit toujours en une qualification pour le Mondial-2018, même si, a-t-il concédé, ce serait un «miracle».

«Si on gagne 3-4 matches (sur les six restants, ndlr), et qu'on manque la qualification pour un unique point, pourra-t-on cependant dire qu'on n'a pas progressé ?»

 

Publicité