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Gavin Mootoosamy, directeur de l’hypermarché Jumbo Score, Phoenix: une forte tête

12 novembre 2016, 13:28

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Gavin Mootoosamy, directeur de l’hypermarché Jumbo Score, Phoenix: une forte tête

D’ici une semaine, le complexe commercial ceinturant l’hypermarché Jumbo Score, à Phoenix, dévoilera ses nouveaux atours. Des travaux sur lesquels veille au grain Gavin Mootoosamy, directeur de l’hypermarché. Portrait d’un homme qui ne mâche pas ses mots, même s’il se soigne.

Rien ne distingue cet homme de 43 ans des autres employés de l’hypermarché. Et même le badge épinglé sur sa chemise, au niveau du coeur, n’indique que son nom. Mais dès qu’il se présente à l’entrée du personnel et hoche du chef, les responsables de la sécurité laissent immédiatement passer son visiteur.

Gavin Mootoosamy fait partie de cette génération d’employés fidèles à leur premier lieu de travail, car depuis qu’il a quitté l’école et intégré la compagnie Somags Ltée, filiale du groupe Casino qui gère les hypermarchés Jumbo Score et Spar, il s’est écoulé 21 ans.

«J’avais 22 ans. À l’époque, je n’étais pas intéressé à faire des études supérieures. Aujourd’hui, je pense qu’il est primordial de faire de telles études car en sus de se spécialiser dans un domaine, cela apporte une ouverture d’esprit. Moi, j’ai voulu connaître le monde du travail.»

Lorsque le groupe Casino s’apprête à ouvrir le premier Jumbo Score à Phoenix, en juillet 1994, il postule car c’est la première fois qu’un hypermarché va ouvrir ses portes à Maurice. Il est curieux de découvrir ce concept. «À l’époque, il n’y avait que le Prisunic comme supermarché à Maurice et comme je ne voulais pas exercer un métier commun, j’étais servi.»

Il est recruté comme employé de rayon et affecté au département bazar, soit à tout ce qui est bricolage. L’ouverture s’avère un succès, les Mauriciens faisant à l’époque la queue pour découvrir le premier hypermarché du pays.

Au bout de six mois, il est promu employé principal et gère une petite équipe de trois personnes toujours dans le département bazar. Son sens des responsabilités et son sérieux à la tâche lui valent de se voir offrir le poste d’adjoint du réceptionnaire, c’est-à-dire le contrôle de toutes les marchandises périssables et non périssables qui entrent.

Le rythme de travail s’accélère et si Gavin Mootoosamy n’a pas le temps de converser à l’interne, il discute beaucoup avec les livreurs, souvent des hommes plus âgés que lui et ayant du caractère. Comme il ne jette pas sa part au chien, les confrontations sont inévitables.

«Je suis une personne très directe et franche. Je dis toujours ce que je pense, que ce soit avec un simple employé ou un directeur. J’ai été élevé au sein d’une famille où l’on m’a toujours encouragé à m’exprimer, à dire ce que j’ai sur le coeur. Cette franchise m’a joué des tours et a ralenti ma progression », avoue-t-il.

Il doit patienter un an et demi avant de se voir proposer le poste de responsable du rayon frais qui comprend les surgelés, la crémerie, l’ultra-frais. Une dizaine de personnes tombent sous sa responsabilité. Gavin Mootoosamy dit avoir eu la chance d’avoir pour chef de département un Mauricien d’origine sud-africaine, avec qui il est «régulièrement en conflit mais de façon positive. C’est la personne de qui j’ai le plus appris. Il m’a aidé à me surpasser, à être plus exigeant. Il m’a fait aimer les produits frais, même si ce n’était pas toujours facile de travailler dans des chambres froides où il fait –20 degrés».

Lorsque Somags Ltée ouvre un second hypermarché à Riche-Terre, il y est envoyé. «L’ambiance était différente de Phoenix, l’approche aussi.» Il est nommé chef de département frais et dirige une équipe d’une cinquantaine de personnes. Au bout de trois ans, il est renvoyé au Jumbo Score de Phoenix, le temps de six mois, lui dit-on. Sauf que, passé ce délai, Jumbo de Phoenix ayant été rénové, Gavin Mootoosamy préfère y rester.

Et en 2010, c’est la consécration, puisqu’il est nommé directeur de l’hypermarché de Riche-Terre. Ses responsabilités sont décuplées. «Cela signifie vérifier que tout se passe comme il faut dans la quarantaine de rayons et avec les 160 employés qui passent à 200 en période festive, contrôler l’approvisionnement, faire respecter les budgets pour tout.» Deux ans plus tard, le même poste lui est offert à Jumbo Score de Phoenix.

Aujourd’hui, pour lui, tout cela est devenu routinier. «Jumbo Phoenix est bien établi et ça tourne presque tout seul. Bien que les produits soient identiques dans les deux Jumbo, le panier moyen est plus élevé par 10 à 15 % à Phoenix.»

«Avec moi, parfois, c’est soit blanc, soit noir mais jamais gris. Je ne fais pas de compromis.»

Est-il toujours aussi direct dans ses rapports avec autrui ? «Si j’ai une vision différente de mon interlocuteur, je ne peux m’empêcher de le dire. C’est mon rôle. Mais je reconnais que je suis assez autoritaire au travail uniquement. Avec moi, parfois, c’est soit blanc, soit noir mais jamais gris. Je ne fais pas de compromis. «Je crois que cela vient du fait que je connaisse l’hypermarché sur le bout des doigts et que lorsque je parle, c’est en connaissance de cause. Cela dit, je suis une formation en coaching personnel pour m’améliorer. C’est aussi le cas d’un de mes collègues. La compagnie y pourvoit. Maîtriser son propos, cela s’apprend.»

Gavin Mootoosamy reconnaît que les produits de Jumbo Score étaient parmi les plus chers autrefois. «Il y a cinq-six ans, nous étions plus chers que les autres. Nous avons changé de politique et nous nous sommes adaptés à la concurrence. Nous faisons d’ailleurs des enquêtes régulières de prix auprès de nos concurrents et je peux vous dire qu’aujourd’hui, nous faisons partie du groupe les moins chers.»

Face à la concurrence qui s’est installée depuis, comment se maintenir en pole position ? «Notre cheval de bataille, c’est le service. On essaie de limiter au minimum le temps d’attente aux caisses. Nous diversifions nos produits qui sont de qualité et nos gammes sont très larges. Nous restons très réactifs aux besoins de la clientèle. Nous sommes les seuls à donner de l’argent aux clients par rapport à la carte privilège. Et puis, notre gros avantage est d’ouvrir jusqu’à tard le dimanche.» Il compte continuer à promouvoir la carte privilège, de même que les produits frais et mettre encore plus d’accent sur la qualité.

N’ayant que le directeur général sur sa tête, les perspectives de promotion de cet homme marié à Shirley et père de Ryan, six ans, ne pourront qu’être horizontales. «Le groupe Casino a des milliers d’hypermarchés dans le monde. Cela ne me déplairait pas d’aller travailler dans l’un d’entre eux à l’étranger, histoire d’acquérir de l’expérience. J’ai déjà fait une demande à ce propos auprès de la direction. Cela dit, aujourd’hui je pense que je suis le plus heureux des hommes. Mon travail me plaît, j’ai un bon patron et des collègues efficaces. Que demander de plus ?» En effet…

 

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