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Jeunes incontrôlables: comment mieux gérer le problème
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Jeunes incontrôlables: comment mieux gérer le problème
Une importante partie du rapport de l’«Ombudsperson for children» est consacrée aux enfants dits incontrôlables. Et s’il était possible de mieux aider ces jeunes à s’en sortir ? Tour d’horizon.
«Il y a un nombre grandissant de plaintes provenant des écoles et du corps enseignant qui déplorent que les élèves respectent de moins en moins la discipline et sont violents», affirme Rita Venkatasawmy, Ombudsperson for children. Elle indique notamment qu’elle se base sur cette hausse pour dire que de plus en plus de jeunes sont incontrôlables ou délinquants. Et que ce qui devrait être encore plus alarmant, souligne-t-elle, c’est que «malheureusement, la délinquance commence désormais très jeune, et ce, même dans les écoles primaires».
L’Ombudsperson for children note qu’il y a de 70 à 100 enfants dans les différents centres de réhabilitation et correctionnels. Il est, par ailleurs, bon à savoir qu’il faut faire la différence entre un enfant un peu désobéissant, un enfant hors de contrôle et un autre dit «criminel».
Le psychologue Laurent Baucheron de Boissoudy fait ressortir que «l’enfant récalcitrant, celui qui désobéit quelques fois à ses parents ne veut pas dire qu’il est hors de contrôle ou qu’il commettra inévitablement des délits». Cependant, poursuit-il, «lorsque l’enfant exerce de la violence, fait du chantage ou de la pression, représente un danger, quand il domine en empêchant le père ou la mère d’exercer son rôle parental, c’est à ce moment qu’il convient de dire qu’un enfant est incontrôlable». Il ajoute également que c’est à ce stade que les parents doivent impérativement demander de l’aide.
Ce problème de violence chez les jeunes peut avoir plusieurs causes. Dans son rapport, Rita Venkatasawmy cite d’ailleurs bon nombre de facteurs : de l’exposition à la violence aux problèmes sociaux et économiques, en passant par un quelconque abus, entre autres. Elle reconnaît toutefois que «c’est un ensemble de tout cela qui est la cause de ce problème juvénile». Ainsi, la situation familiale est, certes, un des facteurs principaux mais c’est toute la société qu’il faudrait revoir, ajoute-t-elle.
«Mettre en place des programmes de réhabilitation est important mais il faudrait également instaurer une politique de prévention», constate l’Ombudsperson for children. Elle insiste d’ailleurs que la meilleure solution, selon elle, serait de «miser sur l’éducation». C’est toute une éducation qui est à revoir, celle des petits comme des grands. Car, explique Rita Venkatasawmy, «les jeunes délinquants sont souvent ceux qui ont eux-mêmes été victimes d’abus par plus grands qu’eux. Les enfants s’imprègnent ainsi du comportement des adultes et le reproduisent».
«Toute la société est à revoir.»
Laurent Baucheron de Boissoudy est du même avis. Selon lui, «tous ces aspects se complètent». Un jeune peut être aussi bien influencé par la société que par un parent dominant à la maison. Et si divers éléments peuvent expliquer cette situation, il mentionne sur le fait qu’il est également primordial de considérer plusieurs enjeux avant de décider de la méthode qui sera utilisée pour résoudre le problème.
Protéger les autres membres de la famille du danger est d’abord indispensable, avertit-il. Il conviendra ensuite de songer à protéger l’enfant de sa propre violence. Plusieurs solutions sont envisageables mais «solliciter l’aide d’une tierce personne est nécessaire car le parent ne pourra à lui seul trouver la solution. Se tourner vers des travailleurs sociaux ou un psychologue par exemple, vous aidera à décider de la meilleure marche à suivre pour éviter que l’enfant ne continue sur cette lancée.»
Vous pourrez ainsi décider s’il faut placer l’enfant dans un centre de réhabilitation, de le faire suivre une thérapie ou de procéder à un traitement médicamenteux. Laurent Baucheron de Boissoudy tient à préciser que les thérapies doivent concerner l’enfant aussi bien que les parents. Cela parce que dans la majorité des cas, pour résoudre ce problème de délinquance, c’est toute la cellule familiale qui doit être revue et modifiée. «Une thérapie familiale systémique est souvent la plus appropriée», note-t-il
Le psychologue suggère, d’autre part, d’être très avisé avant d’opter pour le traitement médicamenteux. Souvent «des médicaments, comme des tranquillisants, sont prescrits à ces enfants. Or, si cela est bénéfique à court terme et surtout pour son entourage, ces prescriptions ne le sont pas forcément pour le jeune délinquant». Laurent Baucheron de Boissoudy juge ainsi que les médicaments résolvent le problème uniquement à la surface car l’enfant n’est pas vraiment malade. Et d’ajouter qu’«en utilisant le mot ‘malade’, on peut en fait masquer la vraie source du problème».
D’ailleurs, Rita Venkatasawmy partage cette même pensée : «Il faudrait éviter d’utiliser le mot ‘malade’ pour qualifier ces jeunes délinquants.» Selon nos deux interlocuteurs, il est important d’aller à la racine du problème pour pouvoir le résoudre. Car au final, le tout est de ne pas oublier qu’un enfant ayant des troubles du comportement, un enfant violent, incontrôlable, voire délinquant, est surtout un enfant qui souffre.
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