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Nicolas Von Mally, leader du mouvement rodriguais: «Progresser est possible à travers le dialogue»
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Nicolas Von Mally, leader du mouvement rodriguais: «Progresser est possible à travers le dialogue»
1. Pratiquement parlant, oui. L’autonomie a permis d’ouvrir le débat politique et à un plus grand nombre de personnes d’évoluer dans ce milieu. D’autre part, l’outil qu’est l’autonomie n’a pas été utilisé à bon escient par certains politiciens. Après avoir connu une révolution politique et économique, il n’y a pas eu de suivi. Il y a eu une différence de pensée entre le Mouvement rodriguais (MR) et l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR). Au MR, notre vision est d’utiliser l’argent du pays pour consolider l’autonomie, tout en faisant la part belle au social. Mais ailleurs, ils sont plus portés vers une politique politicienne. Une politique piece meal, à court terme, pour plus embêter la population, sans vision sur le long terme.
Nous avions axé notre politique sur quatre grands projets : le port, l’aéroport, le câble optique et un projet d’université. Le budget était déjà là. Mais l’OPR a toujours eu des prétextes pour reporter ces projets et a fait perdre cinq ans de progrès. Ses membres ont balayé d’un revers de la main les projets clés qui auraient permis à Rodrigues d’évoluer par ses propres moyens. Si on enclenche des projets de développement, l’île pourra définitivement y arriver.
2. Rodrigues a un potentiel énorme qui demande à être exploité. Pour cela, il faut avoir la volonté pour se donner les moyens. Malheureusement, le gouvernement au pouvoir ne va pas dans cette direction. Rodrigues est une très belle île, mais elle ressemble à Cendrillon.
Avec les grands projets, cela aurait aidé à réduire le chômage, voire même à l’éradiquer et ainsi apporter un dynamisme extraordinaire dans notre société. Si on utilise le budget à bon escient, ouvre l’accès au port et à l’aéroport et développe l’agriculture et l’aquaculture, cela va définitivement créer de l’emploi. Le secteur du tourisme sera beaucoup plus prospère et, de surcroît, les opportunités d’emplois seront multiples. L’océan est d’une richesse inestimable. L’aquaculture et l’agriculture peuvent aider le pays à se prendre en main. Il en va de même pour le câble optique. L’île pourra être beaucoup plus productive. Ces projets sont des atouts pour amener Rodrigues à se développer et apporter sa pierre à l’édifice économique de la République. Notre but n’est pas de faire de l’île un poids lourd pour la République, mais un partenaire économique.
3. Hélas, il y a une politique de découragement dans l’île. Y compris dans la fonction publique. Comme les autres secteurs tardent à décoller, certains n’ont d’autre choix que de partir. La preuve, où sont les enfants de Serge Clair ? Il a lui-même failli dans sa tâche. Dans le concret, pour aspirer à un meilleur avenir, il faut donner aux jeunes les moyens d’avancer, mais aussi de progresser. Il faut débloquer les projets qui sont restés stagnants pendant trop longtemps. Ce n’est qu’ainsi que l’île va pouvoir prospérer.
4. Si on est bien dans la République, il n’est pas nécessaire d’aller vers l’indépendance. Je pense que les deux îles peuvent s’épanouir ensemble. Martin Luther King a dit : «We must learn to live together as brothers or perish together as fools.» Si on aide son prochain à progresser, ce sera le bonheur. Si l’inverse se produit, ça va être la catastrophe. Dans un autre cas de figure, je pense qu’un système fédéral regroupant les îles de la région aurait été plus profitable. Si les îles sont divisées, nous sommes fragiles, c’est en étant unis que nous serons gagnants. Certains ne parlent d’indépendance que pour satisfaire leur ego. Si c’est le cas, c’est l’avenir de l’île qui est en jeu.
5. Ils n’ont pas vraiment de guide pour les aider à faire leur choix. Ils essaient de trouver une filière en devinant ce qui est mieux. Si Rodrigues était concernée par des développements à long terme, le choix aurait été beaucoup plus clair et les étudiants n’hésiteraient pas à y retourner pour apporter leur contribution. Ce manque de développement démontre un signe d’amateurisme flagrant du régime en place qui progresse sur un parcours de trial and error.
6. On a besoin d’unité pour l’honneur, la dignité et l’avancement du pays. Mais aussi pour placer l’île sur les meilleures bases possibles. Avec la jeune génération, je pense que le mindset a évolué. Les Rodriguais sont beaucoup plus éveillés et prônent l’unité. Si chaque dirigeant fait preuve de responsabilité, et si le bien-être de l’île et du peuple passe avant tout, ce sera un grand pas en avant.
7. J’ai toujours été pour le dialogue, pour trouver un consensus. En 1987, à mes débuts en politique, j’avais cherché à rencontrer Serge Clair pour discuter de la politique. Mais il a rejeté mon invitation. Il ne l’a jamais entendu de cette oreille. Je ne considère pas Johnson Roussety comme un adversaire. On a été de la même famille. Je reste convaincu que c’est à travers le dialogue et un débat d’idées que l’île pourra avancer.
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