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London College: anciens élèves aujourd’hui meneurs d’hommes

10 octobre 2016, 08:16

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London College: anciens élèves aujourd’hui meneurs d’hommes

1966-2016 : 50 ans d’histoire pour le London College. Si le fondateur Harold Chan Lam n’est plus, son nom revient souvent parmi les anciens élèves qui sont devenus, à leur tour, des personnalités.

Reshma Ramracheya, chercheuse à l’université d’oxford

L’engouement de Reshma Ramracheya pour les sciences est tel qu’en HSC, elle est la seule fille de la classe. «Grâce à l’encouragement que j’ai eu au collège, j’ai pu arriver jusqu’à Oxford où mes recherches sur le diabète sont considérées comme utiles.» Diabetes UK RD Lawrence Research Fellow à l’Oxford Centre for Diabetes, Endocrinology & Metabolism, à l’université d’Oxford, la chercheuse ne manque pas d’éloges pour le collège qu’elle a fréquenté entre 1988 et 1995. Les études oui, mais place aussi à des moments de détente. Le meilleur souvenir de Reshma Ramracheya est celui d’Harold Chan Lam sur la piste de danse. «D’habitude il avait l’air très strict. De le voir comme cela, je me suis rendu compte qu’il pouvait aussi être fun

Olivier Bancoult, leader du groupe réfugiés Chagos

Ironie de l’histoire. Ancien élève du London College, Olivier Bancoult se bat aujourd’hui contre Londres. C’est durant ses années collège, de 1977 à 1982, qu’il a persévéré «koté anglé».

«Harold Chan Lam a toujours encouragé ses élèves. C’était l’un des collèges les plus disciplinés de l’époque. Harold ti byin sévér.» Était-il un bon élève ? Le leader du Groupe Réfugiés Chagos part d’un grand éclat de rire. «Disons que personne n’est parfait», dit-il diplomatiquement.

Un épisode en particulier l’a marqué. C’était en 1982. Cette année-là, se tient une manifestation devant le domicile de SSR à la rue Desforges. Olivier Bancoult, qui porte l’uniforme, est sorti du collège pour participer à la manifestation. «Mo ti rant an rétar, apré rékréasion.» Le voilà renvoyé sur le champ avec l’obligation de se présenter au collège le lendemain. «Ti bizin amen paran.»

Patrick Sahajasein, entraîneur national de tennis de table

Son sport de prédilection, c’est au collège que Patrick Sahajasein le découvre. Élève de 1982 à 1989, il atterrit dans le département de la rue Remy Ollier. «C’était un département assez petit et il n’y avait que deux sports possibles», le carrom et le tennis de table. Il se tourne vers celui qu’il n’avait jamais pratiqué. «Mo finn séyé.»

Coïncidence, il a pour camarade de classe Tang Chau Fai, qui est d’origine hongkongaise. «Il avait une table à la maison et pendant les vacances, on passait des journées entières à jouer.» Il n’oublie pas non plus son camarade Gérard Simon qui lui prêtera sa première raquette. «C’était basique, mais pour moi, c’était l’outil idéal.» Une pratique qui dès l’adolescence l’aidera à préparer son corps. «J’ai compris que pour être un sportif, il fallait passer par ces étapes.»

Sylvio Tang, ancien ministre de la jeunesse et des sports

La fierté de Sylvio Tang, c’est d’avoir fait la fierté d’Harold Chan Lam, ancien recteur du London College. «Il disait toujours : ‘Sylvio, tu es le Premier ministre du collège’». L’élève «moyen» – c’est Sylvio Tang qui le dit – de l’époque retient que ces années d’apprentissage l’ont préparé à gérer une pharmacie «de 1980 à aujourd’hui».

Au collège, il a acquis «la stabilité ; savoir prendre des décisions et savoir se comporter au niveau social». Des qualités qui vont l’aider dans sa mission de lobbyiste pour la Jeune chambre internationale quand il devait «décider pour 21 pays d’Afrique».

Priscilla Cherry-Lebon, entraîneuse de l’équipe féminine nationale de judo

Le London College lui évoque spontanément «la famille, le bien- être». C’est en 1989 qu’elle y termine ses sept ans d’études. «Le recteur Harold Chan Lam savait parler aux élèves.» Ce qui touchait le plus la future championne: «Après les compétitions du week-end, il m’appelait sur le balcon pour me féliciter. Il a toujours su valoriser les sportifs du collège

En sus du judo, elle pratique l’athlétisme et le football. «J’étais dans la Red House avec Steve Samy pour professeur. À l’école, on vous apprend la culture sportive. Il nous disait toujours qu’il fallait trouver l’équilibre entre le sport et les études

Dorine Chukowry, première femme lord-maire

Des années collège marquées par l’émotion. Dorine Chukowry se revoit encore le premier jour, en Form I. «Je venais de l’école Notre Dame de Lorette où il n’y avait que des filles. J’ai pleuré. J’ai dit que je ne voulais pas rester parce qu’il y avait des garçons.» Cinq ans plus tard, quand il a fallu quitter le collège qui n’offrait pas les classes de HSC à l’époque, Dorine Chukowry confie : «J’ai pleuré. Je ne voulais pas partir.»

 Quatre professeurs lui ont servi de modèles, lui donnant l’envie de devenir enseignante à son tour. Parmi eux : Marilyn Lamy. «Ce qui est drôle, c’est qu’elle m’a fait la classe et ensuite, on s’est retrouvées au Mauritius Institute of Education. On s’est aussi retrouvées en cours de masters

Balraj Jogi, aide-de-camp à la vice-présidence de la république

Élève modèle, devenu policier. Balraj Jogi aimait tant l’ambiance du London College qu’il ne «s’absentait jamais». «Ce n’est pas parce que mes parents étaient sévères mais parce qu’on était une bande d’amis solides et on se racontait toutes nos petites aventures. Les profs aussi nous poussaient à aimer l’école», se souvient celui qui est, depuis janvier, aide-de-camp à la vice-présidence de la République.

Son passage au London College reste «les plus belles années de [sa] vie». Elles sont marquées par Harold Chan Lam, qui était «toujours présent».

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